Bio-ingénierie vasculaire (2)

J’ai déjà parlé de la possibilité de créer des vaisseaux in vitro.

Une autre société ( humacyte ) poursuit l’aventure. Cette fois ci la stratégie n’utilise pas des cellules autologues, l’approche est, à mon avis, moins élégante, mais plus réaliste. Les résultats sont publiés (l’article ici) dans Science translationnal Medicine.

  1. Shannon L. M. Dahl et al., “Readily Available Tissue-Engineered Vascular Grafts,” Science Translational Medicine 3, n°. 68 (Février 2, 2011): 68ra9.

Le principe est simple. Des cellules musculaires lisses de cadavres humains (ou canins pour l’article) sont prélevées, cultivées sur une matrice artificielle dans un bio-incubateur pour former des tubes. Les cellules produisent de la matrice extracellulaire qui remplace l’artificielle. Les cellules sont éliminées, les tubes sont conservés congelés ou à 4°, jusqu’à utilisation.

Les auteurs ont produit ainsi près d’une vingtaine de tubes testés in vitro, ils sont résistants à la pression et suturables. Ils peuvent produire des tubes de tous diamètre.

Deux modèles, in vivo, ont été utilisés l’un de fistule artério-veineuse chez le babouin, l’autre de pontage coronarien ou carotidien chez le chien.

Pour le premier, des tubes de 6 mm non endothélialisés sont implantés pendant plus d »un an. Ces greffes vasculaires sont ponctionnable et gardent toutes leur qualité durant le temps d’implantation. Elles n’ont pas été utilisées comme de vraies FAV, trois fois pas semaine. Il semble qu’il n’y ait pas d’inflammation et la prolifération endothéliale en particulier à l’anastomose veineuse est moins intense qu’avec du PTFE.

Pour le deuxième essai, des tubes de 3 mm endothélialisés ont été mis en place. Les résultats sont satisfaisant en terme de tolérance et de fonctionnement. Il n’y a pas grand chose à dire de plus.

Une nouvelle approche pour fournir des vaisseaux artificiels bio-compatibles est toujours bonne à prendre. L’endothélialisation autologue est peut être intéressante aussi pour les tube de 6 mm. Il faudra voir. Elle arrive en complément des traditionnelles prothèses en PTFE et des vaisseaux autologues, l’utilisation des vaisseaux de cadavres ayant été assez décevante.

Je suis curieux de voir les essais chez l’homme. J’espère que nous verrons un bel essai clinique comparant pour les abords d’hémodialyse, PTFE vs ces nouveaux tubes endothelialisés ou non.

J’espère sincèrement que ça va marcher. L’abord vasculaire reste un facteur très limitant pour la prise en charge en hémodialyse chronique et ce n’est pas prés de s’arranger.

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4 réponses à Bio-ingénierie vasculaire (2)

  1. K dit :

    Bonne nouvelle pour les fumeurs! 😀

  2. Mapy dit :

    merci pour cet article, c’est effectivement riche d’espoir 🙂

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