« In a hole in the ground there lived a hobbit” JRR Tolkien

Il y a 60 ans, le 29 juillet 1954, le premier tome du seigneur des anneaux était publié. Ce monument de la littérature mondiale a été traduit en français en 1972-73, la traduction est toujours sujette à des discussions sans fin des Tolkienophiles. J’ai lu trois fois, l’opus magnum de JRRT. J’ai chaque fois eu un immense plaisir et découvert un nouveau niveau de lecture.

Le début de l’histoire de l’anneau remonte, du moins pour l’irruption des hobbits, à la première œuvre romanesque publiée de JRRT, le Hobbit. Ce livre est paru en 1937 et a été revu à deux ou trois reprises par Tolkien. Il raconte les aventures de Bilbo et la redécouverte de l’anneau. Il a fait l’objet d’une nouvelle traduction (Daniel Lauzon) en français, publiée en 2012.

Je viens de la finir dans une superbe version, le Hobbit annoté. La traduction est très agréable, en particulier pour les chansons et poèmes. Elle m’a permis de redécouvrir avec bonheur les aventures du hobbit en quête d’or. Les annotations sont passionnantes pour comprendre comment on arrive à écrire un monde aussi cohérent que celui des terres du milieu. Tolkien était un scientifique et il a abordé son monde comme un scientifique, le talent et le travail on fait le reste. Il s’agit d’un très bel ouvrage que je conseille vivement à ceux qui n’ont pas encore lu ou relu le Hobbit.

J’ai réalisé qu’il n’y avait pas aucun personnage féminin dans le Hobbit. La raison en est donnée dans une annexe pour le coup inédite en français la quête d’Erebor. Il s’agit des explications de Gandalf sur les dessous de l’affaire Thorin contre Smaug. Une phrase explique le choix de Bilbo, il n’est pas marié malgré son age et sa fortune. La femme, dans l’esprit de Tolkien, est un obstacle à la conduite d’une aventure. Il est resté un enfant. Il parait logique qu’aucun personnage féminin ne vienne interférer avec la marche de la compagnie vers la Montagne.

Pour tous ceux qui aiment la fantaisie, il faut lire le Hobbit dans sa version annotée, vous découvrirez l’origine de beaucoup de vos héros, de leurs comportements. Les annotations sont d’une richesse inouïe montrant à quel point JRR ancre sont récit dans l’imaginaire occidental. Avec ses œuvres, il ne fait que poursuivre les sagas islandaises, Beowulf et bien sur la légende arthurienne. Concernant cette dernière, je vous conseille la version d’inspiration Oulipienne (Delay-Roubaud), Graal Théâtre (un échantillon ici). Sinon la lecture des sagas islandaises, vous replongera dans l’ambiance du seigneur des anneaux, au moins pour la passion et l’importance des noms. Pour savoir ce que devienne les dieux, il vous faudra lire American Gods de neil Gaiman. Enfin, pour comprendre que ces cultures dites populaires sont des invariants culturels majeurs et que loin de les mépriser, il faut les prendre très au sérieux, je vous conseille la lecture, d’un livre majeur de Georges Dumézil: Loki.

Happy Lord of the Rings day.

 

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Une réponse à « In a hole in the ground there lived a hobbit” JRR Tolkien

  1. Eschylle dit :

    Je ronronne de plaisir à lire cet article dédié à ce roman (Le Seigneur des anneaux) qui a popularisé la fantasy en littérature. Pour moi qui suis un chat (siamois de surcroît), les personnages de Smaug, Bilbon, Frodon, Aragorn ou Gandalf, provoquent un écho avec les mémoires de ma deuxième vie.
    Fantasy et poésie riment au masculin et au féminin sans se poser de questions de genre…
    Pour ma part, j’ai côtoyé des aventurières au moins aussi aventureuses que leurs camarades deux-pattes mâles. Mais je m’égare, en cette troisième vie où les souvenirs chantent le soir tandis qu’allongé, roulé en boule sur mon coussin, je somnole sous l’écran allumé de l’ordinateur de mon deux-pattes.

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