Semaine 41

Médecine

De ma note hebdomadaire, si les futurs internes, les actuels, les médecins, en particulier des urgences, mais aussi des services de médecine et de chirurgie, ne devaient lire qu’une chose, c’est ce court article dans JAMA internal medicine. Le sondage urinaire peut être responsable de graves complications. Les indications du sondage urinaire dans un service, qui n’est pas une réanimation, sont la rétention aiguë d’urine, la surveillance de la diurèse en cas d’état de choc, le confort en fin de vie. « Choosing wisely » l’a placé en numéro 1 dans la liste des choses à ne pas faire à un patient hospitalisé, vous pouvez lire les 4 suivantes recommandations ça ne vous nuira pas. Je répète, on ne sonde pas un patient pour surveiller sa diurèse si il est capable d’uriner, on ne sonde pas un patient parce qu’il a une insuffisance rénale aigüe, on ne sonde pas un incontinent pour faire plaisir à l’aide soignante. On réfléchit avant de mettre une sonde urinaire et si le patient est sondé, on se pose la question: « ne faudrait il pas le désonder? » tous les jours.01714638-900000000-99224 Si j’étais logique j’arrêterai là.

Prédire la récurrence de la hyalinose segmentaire et focale (HSF) après transplantation est un challenge, nous avons cru avoir trouvé avec suPAR, l’alpha et l’oméga de l’HSF, malheureusement cet espoir a été douché . Un article récent montre que la présence d’auto-anticorps contre 7 antigènes présents dans la rein peuvent prédire le risque de récurrence. Cet article apporte des outils pour prédire, mais aussi comprendre l’efficacité des plasmaphérèses et du rituximab en cas de récidive. Il apporte aussi d’intéressante perspective dans la physiopathologie de l’HSF dans sa forme primitive. La cible CD40 est pour les auteurs la plus prometteuse, d’autant plus qu’il existe des anticorps thèrapeutiques anti-CD40 disponibles.

Très bonne revue sur l’anémie microcytaire dans le NEJM, surtout la version en ligne pour voir les images de toutes les anomalies des globules rouges sur un frottis.

Fibres et maladie rénale chronique, leur consommation est associée à une diminution du risque d’altération du DFG, et chez les personnes avec un DFG < 60ml/mn a une réduction de la mortalité. Il s’agit d’une association, le lien de causalité pourrait être les toxines urémiques.

La prise d’AINS double le risque de pathologie thrombo-embolique veineuse. Et on trouve très bien l’idée d’en vendre en grandes surfaces.

Au prochain semestre, j’essaye ça avec l’interne de l’hôpital de jour.

Tout ce que vous avez voulu savoir sur l’hyperkaliémie, sans avoir jamais osé le demander. Une excellente revue à lire, pour les néphrologues, les urgentistes, et tout ceux qui pensent un jour à avoir à prendre en charge une hyperkaliémie. Je la conseille aux futurs internes de néphrologie.

On m’avait poser la question, que lire quand on est jeune interne de néphrologie. Je conseillerai de lire surtout des revues de la littérature bien faites et celle de Nature Reviews Nephrology le sont en général. Ceci permet d’avoir un up to date sur un problème et de s’habituer au vocabulaire anglo-saxon. Il faut lire des articles en rapport avec les patients vus dans le service. Ceci permet de fixer les idées. Pendant la première année, ceci me semble le plus intéressant pour se préparer à la suite.

Le risque de faire un accident vasculaire cérébral ou un infarctus du myocarde est multiplié par 20 dans les 30 jours qui suivent une bactériémie. Cet article confirme une vieille constatation qui avait fait proposer un traitement antibiotique lors des IDM pour prévenir la récidive. Comment expliquer ce sur-risque? Il faut revenir au mécanisme de ces accidents. Il s’agit d’événements thrombotiques, tout facteur augmentant le risque de thrombose va augmenter le risque de faire un AVC ou un IDM. En cas de septicémies, une population de globules blancs, les polynucléaires neutrophiles, vont être augmentés et activés. Il a récemment été montré dans un modèle murin que le PNN jouait un rôle important dans la formation du thrombus. On peut tout à fait imaginer que lors d’une bactériémie, la polynucléose favorise la thrombose, de même que l’augmentation du fibrinogène.

Excellente revue très pratique pour le diagnostic des maladies kystiques rénales. nrneph.2014.173 L’arbre diagnostic reposant sur l’imagerie des reins et l’arbre généalogique est très bien.

Diagnostic work-up of cystic kidney disease.

Science

Une série d’articles sur les robots dans Science, et un article sur l’interface biologie-robotique appliquée à l’amélioration des prothèses.

Le système immunitaire d’un enfant est différent de celui d’un adulte, l’Il 8 au coeur de la défense anti-microbienne.

J’ai toujours su que la curiosité était le meilleur des défauts, merci Neuron de m’enferrer dans mes péchés.

La cellule endothéliale toujours au cœur du développement tumoral, une nouvelle cible thérapeutique FAK, on peut craindre quelques effets secondaires de thérapie ciblant cette kinase importante dans l’adhérence entre cellules (un exemple).

Identifier les cibles moléculaires des médicaments in vivo à l’échelon sub-cellulaire est possible. Cette approche de protéomique va peut être révolutionner la compréhension des effets secondaires des médicaments en les prédisant mieux.

Du gras pour soigner le diabète de type 2, les FAHFAs sont peut être l’avenir. En tous cas un papier qui montre qu’explorer à fond le modèle murin (surexpression de GLUT4) qu’on ne comprend pas très bien permet des avancées inattendues. J’aimerai bien connaitre le taux circulant des PAHSA chez les insuffisants rénaux chroniques population au combien insulino-resistante.

Full-size image (35 K)

Divers

http://33.media.tumblr.com/610067f088d336bedd5491a68b3492b6/tumblr_nd1lkdFYVA1r0g1peo1_500.jpg

Cette maxime entre en résonance avec une formidable émission de la fabrique de l’histoire, qui fait croire en l’avenir de la science, une science qui a envie de partager, de transmettre des choses agréables. Écoutez cette émission, je crois que l’approche de l’histoire et des sciences sociales d’Ivan Jablonka s’applique à tous les champs scientifiques. L’autre livre, je vais l’acheter aussi, car quel lieu plus magique que la lagune. Je regrette parfois ma fainéantise post bac. Vous remarquerez, gravé au dessus de la sentence, un « ADN ». J’y vois un clin d’oeil, involontaire, à l’importance du rêve, de l’association d’idée, de la curiosité, pour  avancer en science. Ne tapez pas « M.10214 » dans Google vous seriez très déçu. Je m’attendais à une galaxie lointaine…

C’est beau l’univers vu du capitol reef national park.
http://apod.nasa.gov/apod/image/1410/mwSunToMoon_lane_1800.jpg

Ce contenu a été publié dans revue de web, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Semaine 41

  1. laulu dit :

    Hmmm. À propos du sondage. J’imagine qu’alors, on ne sonde pas non plus un bébé de 4 mois tout pile, pour un ECBU par sondage ? Dans un contexte pré-opératoire, sur décision du staff d’un grand CHU, dans un service où il n’y a pas de sonde adaptée, et une infirmière paniquée. Bon c’est de l’histoire ancienne par chance !…

  2. A. Pedrinha dit :

    A propos des AINS et du risque de thrombose veineuse.

    Vous rapportez :

    « La prise d’AINS double le risque de pathologie thrombo-embolique veineuse »

    Tout ce qui peut « débanaliser » les AINS est bon, ce sont des toxiques qui peuvent être utiles.

    MAis « double le risque  » ? Anti-publicité mensongère à coup sûr, de la part des auteurs.

    C’est quand même de la désinformation pure et dure, comme souvent en médecine. Je suppose que c’est en terme de risque relatif.

    Je n’ai pas accès à plus que le résumé.

    Il faudrait savoir quel est le risque pour ceux qui ne prennent pas l’AINS.

    AInsi si ce risque est de 1/1000 pour un an par exemple, alors les AINS (sous les réserves qui viennent plus loin) le « montent » à 2/1000.
    Donc la réalité en ce qui concerne le risque conféré par les AINS serait de 1/‰ ou 0,1%.

    Si ce risque est de 1% pour un an , alors les AINS le « montent » à 2%.

    Donc la réalité en ce qui concerne le risque conféré par les AINS serait de 1%.

    Peanuts. Le double certe mais intrinsèquement peanuts.
    Et peut on se fier à ce point aux statistiques pour penser qu’une augmentation de 1% ou moins est vraiment mesurable , fiable comme les lois statistiques le disent, alors que ces lois ici ne s’appliquent pas à des billes mais à des êtres complexes?

    Le Dr Talleyrand dirait « Tout ce qui est significatif n’est pas signifiant »

    Maintenant si l’article donne les détails et que la vraie augmentation est de l’ordre de plus de 2 % je commence à accepter de trembler.

    De plus il n’apparait pas dans le résumé que ceci ressorte d’une meta-analyse d’études prospectives ! Garbage in garbage out, comme disent les voisins.

    On serait dans la méta-observation. Double défaut. Autrement dit impossible d’en conclure un RAPPORT DE CAUSALITE . Est-ce que par hasard la raison qui induit la prescription d’AINS ne serait pas l’éventuelle cause d’icelle augmentation des thromboses ? Entre autres facteurs de confusion. Trop de bias possibles.

    Donc on ne peut dire que les AINS (que je vilipende tous les jours) « doublent » le risque sans plus de précision.

    Pour transmettre une information utile, interprétable, il faut parler en augmentation de risque absolu, le vrai risque de la vraie vie auquel on est soumis, ou en NNH, number needed to harm, nombre de patients à traiter pour observer un effet nuisible (pendant un temps donné…) .

    L’utilisation en général sans même le mentionner des risques relatifs sous l’appellation « risque » est la technique de camelot qui sert selon les cas, à astiquer les chromes de bénéfices minimes d’une therapeutique ou procédure et rapporte de la gloire ou raison d’être aux auteurs, ou des sous à bien plus. Cette même perversion du parler-médecine est aussi une technique de « scare-mongering », de terrorisme de santé.

    Ceci dit les AINS autant les éviter. On est d’accord.

Répondre à laulu Annuler la réponse.