Le pour cent du déficit

J’ai vu passer sur Twitter ce message.

et le commentaire suivant sous le RT qui m’a fait découvrir ce magnifique camembert.

Il est important de connaitre ces chiffres, même si je n’ai pas l’origine des data, je vais faire confiance à ces données. J’aimerai bien avoir la source du 1%.

Nous pouvons compléter par les chiffres dépensées en pourcentage du PIB pour les soins dans différents pays, juste pour avoir des éléments de comparaisons. Avec la super applications de l’OCDE on peut continuer à faire joujou et regarder la répartition de la dépense en fonction de l’origine de l’argent, public, privé et restant à charge. Encore quelques figures, celle du nombre de médecins pour 1000 habitants, toujours intéressante La prochaine fois qu’on vous parlera de désert médical venez regarder ces chiffres et mettez vous sur les dernières lignes (Inde, afrique du sud, indonésie), vous relativiserez. Celle du nombre de médecins formés chaque année, c’est cadeau pour se poser quelques questions sur la logique démographique en Europe.  Revenons aux dépenses de santé Françaises 2014.

Le tweet montre l’énormité, par rapport aux autres postes, de l’hôpital public pour assurer seulement 1% des soins. Il s’agit d’un scandale, alors que le privé est si économe et efficient. Pour mémoire 77% en 2012 des dépenses de santé étaient financés par le public, 22% par les assurances et un des restant à charge les plus faibles de l’OCDE avec 7,46%.

Le message de l’ensemble des intervenants dans la discussion qui suivit fut l’hôpital public est un gouffre totalement inutile (je caricature à peine). J’étais heureux qu’on me remette à ma place de bibelot poussiéreux. Ce n’est pas totalement faux. J’aime cette vision digne de Chomsky.

Je me suis demandé combien il y avait de lits d’hospitalisation? Vous pouvez constater que la France est avec l’Allemagne un pays qui aime le lit d’hôpital. Pour les consultations, c’est pareil.   Ces données posent quelques questions quand au pourquoi du gouffre permanent de nos comptes sociaux. Nous dépensons un peu plus que l’Allemagne (en % du PIB, pas en valeurs absolues: 3476$/habitant en France contre 3991$/habitant en Allemagne). Ce qu’il y a de bien avec les chiffres, c’est qu’on peut les utiliser comme on veut. Nous voyons que le nombre de lits est important, que le nombre de consultations aussi, et pourtant ils ne sont pas en déficit? J’ai la réponse, c’est les médicaments, les français et donc les médecins prescrivent trop de médoc, c’est ça le coupable. Regardons les chiffres, en 2012 l’Allemagne a dépensé 554 $/personne contre 527$ pour la France. Mais alors pourquoi ces déficits insupportables? Peut être que nous dépensons plus que les rentrées ne le permettent en fait…

Revenons à l’hôpital public. Je n’arrête pas de faire des digressions inutiles, il coute cher pour soigner pas grand monde. Le plus logique est de la faire disparaitre. La logique darwino-libérale pousse à cette disparition. Il coute une fortune pour rien. Ce n’est finalement pas si grave, si il disparait l’hôpital car 99% des soins seront fait ailleurs. Il faut fermer cette gabegie inepte qu’est l’hôpital public. Le 1% des soins qui ne sauront plus fait par ces fainéants de fonctionnaires ne sont probablement pas très importants ou seront mieux fait et pour moins cher ailleurs.

Il s’agit d’un débat important. Avons nous besoin encore d’un hôpital public, avons nous besoin de tant de lits d’hôpitaux? Est ce que le financement public des soins est une bonne chose (cf USA)? Le privé n’est il pas plus économique (cf USA)?

Ce n’est pas un débat médical, mais un débat politique.

Pouvons nous encore continuer à soigner tout le monde? Pouvons nous encore sur une personne à la probabilité de survie inférieure à 1% utiliser tant de ressources? Est il raisonnable de prendre en charge des maladies rares? Est il utile de dépenser des fortunes dans de nouveaux traitements? Sur une planète qui s’annonce surpeuplée quel rationnel y a t il à encore allonger l’espérance de vie? Faut il former des spécialistes capables de diagnostiquer une maladie avec une fréquence inférieure à 1/10000?

Comment décider qui doit bénéficier de soins couteux?

J’ai déjà parler des death committees pour la dialyse, qui existe toujours dans certains pays. A l’heure de la globalisation comment supporter éthiquement le fait que nous dialysons, transplantons des sujets âgés à qui il reste au mieux une dizaine d’années à vivre alors que des milliers de jeunes hommes meurent d’insuffisance rénale chronique terminale, pour que nous puissions mettre du sucre dans nos gâteaux? Alors que nous acceptons de voir des milliards engloutis dans des futilités comme le superbowl, le football, que nous voyons des pays dépenser des fortunes pour se construire une équipe de handball, comment accepter que des enfants meurent de rougeole ou de diarrhée? Comment moralement est il supportable de se gargariser d’avoir sauver une personne atteinte d’Ebola grâce à notre technologie alors que des milliers mouraient dans le même temps?

Il semble évident que l’hôpital public ne sert pas à grand chose et n’est probablement pas rentable. Je passe l’antienne classique sur la nullité de nos capacités à enseigner quoi que ce soit d’utile à un futur médecin. On se demande qui aura le courage de nous foutre hors de nos bureaux bien chauffés, pour nous mettre dans les champs des déserts médicaux à la française. Nous avons besoin d’une révolution culturelle et d’une bonne rééducation. Qui sera notre Mao?

Je dis chiche, fermons les hôpitaux publics, laissons les clés du soins au privé. Osons aller au bout de la logique, sacrifions ce pour cent de soins. Les patients que j’essaye de soigner seront heureux d’apprendre qu’ils sont quantité négligeable. Ces patients atteints de maladies rares, de maladies chroniques complexes, remercieront de participer au redressement de nos comptes publics en se sacrifiant pour le bien de la nation. Ils sont un pour cent des soins. N’oublions pas que derrière ces chiffres, il y a des histoires singulières.

L’hôpital public doit mourir, il mourra d’une lente agonie. Il mourra d’une volonté conjuguée, d’une alliance objective entre des libéraux purs et durs et des syndicalistes confits dans le service public. Public qu’ils n’ont plus vu depuis longtemps. Je ne sais pas si c’est grave ou pas. L’aventure fut belle, elle touche à sa fin. Il faut peut être en passer par là. Je persiste à penser que le modèle était pas mal, malgré ses multiples défauts.

Je suis triste ce soir.

 

Ce contenu a été publié dans Médecine humeur. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

17 réponses à Le pour cent du déficit

  1. DrLuxLucis dit :

    Beau travail !

  2. dr niide dit :

    Comme tu l’as dit on peut tourner les chiffres jusqu’à en obtenir une spirale infernale.
    Le problème est comme tu l’as aussi dit politique. Après la deuxième guerre mondiale, la France et le Royaume Uni ont opté pour des systèmes de soins différents, l’un centré sur l’Hôpital, l’autre sur les soins ambulatoires. Ces 2 systèmes montrent après 60 ans d’existence leur limite respective.
    Pour revenir au système de soins français, ce qui pose réellement question n’est pas le coût de l’hôpital et plus particulièrement des CHU mais son articulation avec les soins ambulatoires. Il n’y a pas des malades qui naissent vivent et meurent à l’hôpital et d’autre qui naissent vivent et meurent en dehors. la continuité des soins impose un travail commun et en commun. Les médecins ambulatoires et les médecins hospitaliers ont chacun leur part de responsabilité dans ce dialogue de sourds qui se résume à des affirmations dogmatiques.
    L’enseignement et la recherche longtemps privilèges des CHU est la caricature des excès d’un système qui a aussi produit de fabuleuses avancées pour les patients.
    Il est inconcevable de former un néphrologue exclusivement en ambulatoire, il est tout aussi inconcevable qu’un médecin généraliste soit formé au mieux 1/3 de son DES en ambulatoire.
    Quant à la recherche, quelle est la prévalence de la maladie rénale en ambulatoire, quelle est celle des effets iatrogènes des AINS?
    L’hôpital a peut être besoin de se rénover, surement pas de disparaître. Le coût des soins hospitaliers n’est pas disproportionné à son apport pour la santé des patients. La dialyse, la corticothérapie des maladies autoimmunes, la greffe rénale pour rester dans ton domaine de soins n’auraient pu exister sans l’hôpital.
    Pourtant il est vrai aussi que parfois des hospitaliers et non tout l’hôpital exprime une morgue peu compatible avec des soins coordonnés. Il est vrai aussi que des médecins ambulatoires, mais pas la médecine ambulatoire exprime un mépris tout aussi incompatible avec des oins coordonnés.,
    Enfin l’enseignement a besoin lui aussi d’une évolution. Il est anormal que la moitié des internes soit formée par 5000 PU et l’autre par 50.
    Ce n’est en fait pas tant l’hôpital outil de progrès de santé et social pour les patients qui est en cause, c’est l’organisation des CHU nécessitant des PH pour soigner mais peut être pas autant de PU. Une solution ne serait elle pas de réduire le nombre de PU et d’augmenter celui des PH?
    Je suis certain d’une chose, discutons et argumentons pour construire ensemble des soins plus efficient.

    Dr Niide

    • Dan dit :

      Série de chiffres très intéressants, et dont on peut espérer qu’ils reposent sur des bases statistiques solides ( quoique, pour la Grèce, j’ai des doutes, si c’est comme pour leurs finances, et si les chiffres permettent d’obtenir des subventions européennes…).
      Mais d’où vient le 1 % à l’hôpital ? d’une déclaration de l’auteur. Pas une source pour étayer ce chiffre sur lequel il construit sa démonstration.
      Mon épouse est soignée depuis trois ans ( une année d’accalmie) pour un cancer d’origine inconnue. La clinique privée s’est plantée sur le diagnostic, a fait faire des examens pour la tuberculose afin de donner du boulot au labo privé, a fait faire l’anapath par un labo privé de trois personnes…qui a refusé de transmettre les plaquettes à l’IGR – et il a fallu les menacer du conseil de l’ordre. Ils nous ont fait perdre deux mois.
      A l’hôpital public où elle est soignée, l’accueil est exceptionnel, les médecins compétents , la chirurgienne vient voir les malades et dialoguer , l’oncologue appelle à la maison à 19 heures …ce que le privé n’a jamais fait.
      Le traitement ( 8 mois de chimio + opération de 8h30 + 17jours d’hospitalisation ) a été pris en charge par la sécu, heureusement ! Nous n’avons qu’à nous féliciter de l’hôpital public ( j’ai moi-même été opéré d’un cancer et soigné par radio à l’hôpital). C’est vrai que je vais dans le privé ( 1300 € l’implant ! ) pour les dents et pour les yeux . mais le chiffre de 1%, quand je vois la foule à Villejuif, à Curie, …je me demande d’où il sort, si ce n’est d’une vison idéologique.

      • dr niide (@docteurniide) dit :

        Le 1% vient d’une étude publié en 1961 par White en GB et confirmé en 2001 dans une étude publiée par Green. Ces 2 études montrent que sur 1000 personnes soumises à 1 problè1me de santé 250 voit un médecin généraliste, 9 un autre spécialiste (qui peut être à l’hopital) et 1 est soignée dans un CHU. Il représente la part de la population soignée à l’hôpital

        • Dan dit :

          on peut en déduire que le système fonctionne plutôt bien : les cas bénins, qui représentent sans doute 99 % ( heureusement) des pathologies sont soignés en médecine de ville, plus ou moins bien, et les cas les plus graves à l’hôpital. je n’ai jamais vu un médecin de ville soigner un cancer ( le mien s’est planté deux fois) , et il n’est évidemment pas équipé pour cela, même pour le diagnostic . Idem pour la chirurgie , et nombre de spécialités. Comme en plus il a des horaires de fonction publique, bien que libéral, et qu’il fait défiler les patients à 15 minutes le RV et 40 €, heureusement qu’il y a l’hôpital.
          Désolé de le dire, mais le chiffre de 1% n’a aucune signification – et vous le savez bien! Jamais un statisticien ne mélangerait tous les problèmes de santé ( démangeaison, rhume, grippe, constipation,cancer, pneumonie, sida, fracture , brulure grave, traumatisme crânien…tout cela c’est  » un problème de santé  » .

          • Marc dit :

            « il fait défiler 15 minutes à 40 euros ». Pour information la cs en MG est à 23 euros, la durée moyenne de consultation à 20 minutes (si votre médecin vous prend 40 euros pour 15 minutes ou moins , vous pouvez changer). Le médecin de ville ne soigne pas le cancer, mais il ramasse à la petite cuillère les patients après des « consultations d’annonce » mal menée, il traite les effets secondaires des chimio, il accompagne les familles, il oriente les patients dans la nébuleuse hospitalière parfois un peu difficile à comprendre….. »défiler » fait un peu péjoratif, je trouve. Il pourrait aussi être utiliser pour les urgences qui font « défiler » les patients aussi….

          • K dit :

            Dan, votre commentaire est le plus pertinent à mon sens. Faut juste pas confondre médecine libérale et médecins généralistes. La pire expérience est avec certaines polycliniques et certains spécialistes libéraux… des véritables sangsues à mon avis. De la médecine « commerciale ».
            Ce chiffre de 1% est très logique, puisque la maladie nécessitant des soins hospitaliers est, fort heureusement, probablement de l’ordre de 1%. Je propose de poser la question dans l’autre sens : quel est le pourcentage des patients soignés aux CHU (ou aux CHG) qui auraient pu être mieux pris en charge en médecine ambulatoire? de ma propre petite expérience, très très peu !!

          • Dan dit :

            Merci K pour votre soutien. La discussion est faussée par ce chiffre de 1 % qui ne veut rien dire , et ferait honte à tous, sauf à un journaliste incompétent. Pour le cancer que je connais bien, celui de mon épouse, nous avons commencé par la clinique proche : une usine sans responsable, puisque chaque médecin est « propriétaire  » de ses malades, et l’interdisciplinarité est un mot tabou. Le chirurgien qui a pratiqué la biopsie a insulté mon épouse quand elle a voulu savoir pourquoi il avait fait faire des analyses de tuberculose. A l’hôpital public, à deux heures de chez moi
            1 – nous sommes respectés
            2- nous sommes accueillis comme des personnes, pas comme des cartes bleues
            3 – les soins sont de grande qualité
            4 -les médecins appellent pour prendre des nouvelles (la chimio est très sévère)
            5 – le staff de l’oncologue et celui du chirurgien se parlent
            6 – ils n’ont jamais perdu de dossier et les dossiers sont accessibles sur le réseau

            Les chimios actuelles pour mon épouse, comme mes radios, sont en ambulatoire, donc aussi peu coûteuse que possible. Mais, pour rien au monde, nous ne retournerions en clinique carte bleue. Même si cela représente quatre heures de déplacement au lieu d’une heure.la qualité et l’écoute, le respect se méritent. Ce n’est qu’un cas particulier, mais sur trois années de soins.

    • nfkb (@nfkb) dit :

      au CHU si tu n’es pas PU tu n’existes pas. Ceci explique cela.

  3. annebertrand01 dit :

    Vraiment, il doit mourir ? Mais c’est pour lui que je me lève tous les matins…

    L’enseignement est sûrement perfectible dans ses méthodes; j’enregistrerai mes cours en petites vidéos de 15 minutes pour que, lorsque je passe des heures à réfléchir à la meilleure façon de faire passer un message, ce puisse être tous les externes de ma ville, de ma région, de mon pays qui en profitent. Et tous les libéraux qui veulent se mettre à jour. Et tous les urgentistes avides d’en savoir plus.

    Le diagnostic est difficile; pour nous les radiologues il faut développer des outils de reconnaissance d’image, faciliter les avis à distance, mais il faut aussi être là, de garde, au téléphone, à la console, sans céder d’un pouce; parce que c’est par l’interaction constante et nourrie entre les spécialistes que la bonne pratique peut se développer.

    Il y aura des centres où nous ne pourrons pas là tous les jours, mais il faudra continuer à y passer quelques heures par semaines pour maintenir le lien. Et ce seront les grands du CHU qui iront assurer la permanence au CHG. Ne riez pas, je le fais déjà tous les lundi après midi. Et vous savez quoi ? J’aime ça. J’ai l’impression d’être utile. Un peu comme l’avocat commis d’office, qui râle mais au fond de lui est fier de pouvoir rester un héros.

    Et la recherche ? Ca, je sais pas. Beaucoup de temps englouti, pour si peu…mais peut-être est-ce un bol d’air salutaire après des années d’activité clinique trépidante.

    C’est vrai, je suis embarquée sur un paquebot parisien qui, s’il doit couler, coulera le dernier.

    J’espère juste qu’il attendra que je sois en retraite. Encore une trentaine d’année, quoi.

    Je vous embrasse, Perruche.
    Vous êtes une source d’inspiration constante. Je vous dois beaucoup.

  4. Cossino dit :

    La fin me laisse dubitatif.
    Faire appel aux sentiments dans un débat technique est-ce vraiment pertinent.

    Oui chaque patient est un humain qui souffre et qui doit être soulagé .
    Mais soulager doit-il être le prétexte à « mensonge », imprécision, à maintien de la toute puissance médicale ?
    Doit-on comme j’ai pu le lire faire croire que l’immortalité est pour bientôt ?

    L’acharnement thérapeutique n’est-il qu’un leurre?
    N’est-il qu’un comportement minoritaire ou alors majoritaire ?

    Ne fait-on pas appel à la peur pour obtenir ce que « nous » voulons ?
    Au lieu de calmer cette peur .

    Le système totalement libéral à l’image des États Unis n’est visiblement pas la solution.
    L’hôpital public sur notre modèle l’est-il ?
    Sans doute pas .

    Alors quel modèle ?
    Pour quel patient ?

    En tout cas merci pour ce billet qui permet de réfléchir .

  5. Marc dit :

    tous ces chiffres sont intéressant et importants pour le débat.
    Néanmoins, le carré de White apporte un éclairage pour la formation des médecins (apprentissage en CHU les 1% des patients, les plus rares et les plus grave), et c’est, de mémoire 1% en CHU et pas en Hôpital Public. De là à extrapoler que ces 1% sont négligeables….. Ils coutent chers certes, mais c’est en partie justifié. Je pense cependant qu’il faut que les médecins hospitaliers se penchent aussi sur les coûts induits par leurs prescriptions. Par exemple, le dépassement de l’ONDAM de ville en 2014 a été dépassé…essentiellement du fait des prescriptions Hospitalière de médicaments chers comme les nouveau traitements de l’Hépatite C.
    Effectivement, faut-il injecter de l’EPO pour « forcer la moelle » des patients agés en anémie dite « réfractaire »? Faut-il appliquer des protocoles de chimio pour des patients de 88 ans ou 90 ans atteints de cancers? Est ce bien raisonnable, l’onco-gériatrie? Mais en même temps, refuser un traitement à un patient qui le demande au seul titre qu’il est agé, est ce une discrimination ou une décision « rationnelle »?
    VOilà des questions bien difficile, et je n’aimerai pas que les comptables et les économistes prennent part aux décisions…..
    Par contre, je souhaite vivement que les personnes qui fixent le prix des médicaments en France, et qui sont au moins autant responsables que les médecins des déficits de l’assurance maladie prennent leurs responsabilités: Au niveau ou ils fixent les prix, la « solidarité nationale » risque de se trouver en cessation de paiement rapidement…

  6. Kyra dit :

    d’où vient ce chiffre de 1% ???
    ça me semble douteux non

    • Dan dit :

      Voir mes commentaires précédents. Ce chiffre est une aberration statistique volontaire, puisqu’il met au même niveau « tous les problèmes de santé » , les rhumes et les cancers, Alzheimer et une otite . Heureusement que la médecine de ville traite 99 % des problèmes. Elle devrait en traiter davantage même, si les médecins libéraux étaient accessibles le weekend et les jour fériés, pendant lesquels les hôpitaux traitent le « tout venant » aux urgences.
      Ce chiffre de 1%, balancé comme cela, est une parfaite malhonnêteté intellectuelle. Un chiffre n’a de sens que si :
      1- les conditions de saisie et les paramètres utilisés sont explicites
      2- il est donné en valeur absolue et en valeur relative
      3- il est donné dans une série historique

      En ce sens les chiffres de l’OCDE, qui sont documentés, ont du sens. Le 1% sort du chapeau d’un consultant. Rappelons que ce sont des consultants britanniques qui ont eu l’audace de prédire que, dans 15 ans, le PIB européen augmenterait de 0,5% à 1% grâce au TAFTA ! Quand on ose ce genre de chiffres, on est prêt à tout.

  7. doudou13314682 dit :

    je dirais comme toujours aucune raison de flipper particulièrement juste comprendre les problèmes et éventuellement etre facteur de changement face à des stratifs ou des politiques qui ont d’autres modes de pensée et/ou d’autres objectifs que les notres
    la création des chu il y a 50 ans a été un grand facteur de progrès mené par une génération médicale qui connaissait bien la ville et participait largement à la construction de son outil et de sa pratique
    nous avons maintenant des chu monstres largement ingouvernables,des médecins n’ayant pas mis un orteil à l’extérieur transmettant ce modèle aux jeunes et à la périphérie (tout gros chg se veut petit chu et en reproduit facilement les tares)
    les services de référence chu spécialisés n’ont aucun souci à se faire quand ils sont vraiment irremplaçables, doivent dégager leurs spécificités,améliorer leurs pratiques et gestion quand ils ne sont plus ou peu ( cas habituel de la cardio),toujours réfléchir à l’organisation/productivité du travail médical
    si cela n’est pas fait les coupes budgétaires seront forcément aveugles/idiotes/injustes…

  8. Dr X. TARPIN dit :

    Bonjour,

    quelques données pour le débat :
    – la DCS (définition p 9 ici http://www.drees.sante.gouv.fr/IMG/pdf/comptes_sante_2013_edition_2014.pdf) est de 247,7 milliards en 2013, premier budget de la nation
    – le tableau qui résume bien est en p 244 de la même référence
    – la comparaison avec d’autres pays est en p 10 de la même référence
    – la cour des comptes pointe une fois encore le pb du nombre de lits d’hôpitaux et du nombre d’hôpitaux, ce qui a un effet direct de saupoudrage des moyens financiers, techniques et humains
    cf http://www.challenges.fr/economie/20150205.CHA2834/pourquoi-la-france-n-arrive-pas-a-reduire-le-nombre-de-lits-d-hopitaux.html
    – nous manquons de lits d’aval/dépendance (cf notamment les publications de l’économiste de la santé de Kervasdoué)
    – en terme de niveau de santé critères OMS nous restons dans les 1°, mais notre rapport qualité/prix est nettement moins bon que ceux des nordiques (Danemark, Suède, Finlande)

    les postes d’économies potentielles, en regard d’un déficit de 13 milliards, sont biens connus :
    – frais de gestion (publics) : 4,2 %, environ 126 euros par habitant et par an, les meilleurs sont à moins de 60, 4 milliards de potentiel (l’Igas vise bas en donnant un 1,7 milliard dans un rapport récent)
    – frais de gestion des complémentaires : la cour des comptes pointe une moyenne de 25 % pour un total de 6,3 milliards, une division par 2 ne semble pas irréalisable -)))
    – médicamenteux : un français pour le même niveau de santé qu’un danois mange pour plus de 500 euros de médicaments par an contre 300, économie potentielle de 13 milliards
    (par exemple, le même comprimé de génériques coûte 3 fois moins cher aux Pays-Bas qu’en France, les prix doivent être négocier par ceux qui ont géré l’épisode H1N1 …)

    évidemment il y a quelques modifications à mettre en route …..

    Dr X. TARPIN
    médecin généraliste libéral S1 (sous-rémunéré au regard des données OCDE/Eurostat)
    contribuable
    cotisant social
    assuré social
    citoyen

Répondre à annebertrand01 Annuler la réponse.