Le thé est dangereux pour les reins

Voici un titre qui devrait attirer le chaland. Je me lance dans le sensationnalisme.

Une lettre du NEJM attire notre attention sur les risques d’une consommation excessive de thé en particulier noir pour nos reins.

Un patient se présente avec une insuffisance rénale rapidement progressive. Une biopsie rénale est réalisée. Elle retrouve une néphrite interstitielle associée à des précipitations intratubulaires d’oxalate. Les causes de néphropathie oxalique, en dehors de maladies génétiques, sont liés à un excès d’apport responsable d’hyperoxalurie. Le contexte le plus fréquent est celui d’une pullulation microbienne lors de chirurgie digestive itérative ou de certaines chirurgies bariatriques, la prise de vitamine C à fortes doses, la prise d’orlistat, et l’intoxication à l’éthylène glycol. Il existe aussi des cas liés à une consommation excessive de certains aliments. J’avais fait une note sur le danger des feuilles de rhubarbe. La carambole et le bilimbi peuvent donner des néphropathies oxaliques comme la cacahuète. Les autres aliments pouvant faire vraiment augmenter la concentration d’oxalates dans les urines sont les épinards, la rhubarbe, la betterave, les noix au sens large, le chocolat, le thé (surtout avec des infusions longues), le son et les framboises. La seule prise excessive retrouvée chez ce patient est la consommation d’une grande quantité de thé glacé (3,5 l par jour). Les auteurs concluent au rôle de cette consommation dans la néphropathie oxalique. Nous n’avons malheureusement pas la quantité d’oxalate dans la boisson ingérée par le patient.

Cette lettre nous incite à toujours biopsier les patients avec une insuffisance rénale dont l’origine n’est pas évidente et à s’intéresser aux habitudes alimentaires de nos contemporains qui sont parfois hors normes.

Si vous aimez consommer de grandes quantités de thés avec une tarte à la rhubarbe et des salades de betteraves accompagnées de pousses d’épinard, il vous reste à espérer avoir un tube digestif colonisé avec Oxalobacter formigenes. Cette bactérie mange l’oxalate du tube digestif et pourrait limiter l’hyperoxalurie.

En attendant de pouvoir ingérer cette bactérie en capsule ou yaourt, vous devriez faire attention à ne pas consommer en excès certains aliments riches en oxalate surtout si votre fonction rénale n’est pas strictement normale.

Ce contenu a été publié dans Néphrologie, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

8 réponses à Le thé est dangereux pour les reins

  1. dsl dit :

    Je connaissais la relation entre oxalates et lithiases, peut on considérer qu’il s’agit d’un mécanisme physio-pathologique similaire ?
    Est ce que la lithiase rénale intéresse les néphrologues ? J’ai plusieurs fois fait analyser des calculs de manière à connaitre leur composition mais j’ai l’impression que le sujet n’intéressait pas bcp les urologues contactés. Ca sert à qq chose au fond ?

  2. ucelli dit :

    Question que je ne sais où poser , de nephro, ou lithologie (existé-ce ? )
    FAute de capturer la lithiase à sa fuite,
    – est ce possible matériellement de faire l’analyse chimique du « sable » éventuelemnt recueilli lors de l’émission d’une petite lithiase qui semble se désagréger ?
    – est-ce utile sachant que le pHu est de 5 lors de la colique néphrétique ultime ?

    • PUautomne dit :

      Le sable n’est pas analysable car l’analyse chimique seule ne suffit pas dans l’analyse des calculs.
      Ph acide ça fait plutôt acide urique.

      • ucelli dit :

        Merci.
        Je me suis fait reproché d’avoir jeté le sable en demandant de récuperer la lithiase entière, et suggéré une analyse metabolique sang et urine a distance, tout en orientant vers l’acide urique et l’abondante boisson , plutôt alcalinisante; je me sens moins seul.

        POurquoi d’ailleur dit on de faire le bilan métabolique à un mois ? Par commodité ou pour raison bio/ physiopathologique ?

        • PUautomne dit :

          Un mois est probablement trop proche, il faut idéalement faire le bilan métabolique urinaire 3 mois après la crise ou tout geste urologique

  3. ucelli dit :

    Si je comprends bien , le « sable » n’a rien à voir avec la cristallurie sur laquelle insiste Daudon dans le document indiqué ?

Laisser un commentaire