Cent ans de cholestérol et de coronaropathies en 12 pages

Je vous conseille la lecture de cette magnifique revue de la littérature par Brown et Goldstein dans Cell sur la physiologie du LDL-cholesterol et son impact sur la santé humaine. 1-s2.0-S0092867415000793-main Elle m’a donnée envie de reprendre des statines.

Il y a beaucoup d’évidences pour penser que le LDL n’est pas très bon pour les vaisseaux de l’homme. Les auteurs font une très belle description de cette grande aventure scientifique qu’est la compréhension de la physiologie de la régulation du taux sanguin de LDL cholestérol. Les deux auteurs sont probablement ceux qui ont le plus contribué à la compréhension de ces phénomènes. Ils proposent une approche historique très intéressante, nous amenant des années 1910 avec Windaus et Anitschkow jusqu’en 2015 et l’utilisation des inhibiteurs de PCSK9.

Porridge aux flocons d avoine

On apprend qu’athêrê veut dire gruau, bouillie en grec, que James Herrick a été le premier à utiliser l’ECG en 1919 pour le diagnostic de l’infarctus du myocarde et que la première description de l’hypercholestérolémie familiale a été faite en 1938 par un norvégien. Vous apprendrez bien d’autres choses dans ce remarquable article. Il est amusant de constater que le premier papier décrivant les statines le fut dans une FEBS letters en 1976 qui ne laissait pas présager le succès de ces molécules. L’iconographie est de très bonne qualité et permet de comprendre comment la production de cholestérol est régulée au niveau cellulaire. L’article montre comment l’étude du cholestérol a été toujours en pointe sur l’utilisation des techniques les plus modernes en biomédecine, épidémiologie, biochimie, génétique.

Les auteurs signalent justement que si le cholestérol et en particulier le LDL est délétère pour les coronaires, il n’est pas seul en cause. Ils soulignent que nous ne savons pas identifier les patients qui avec un LDL élevé vont faire un événement coronarien nous obligeant à traiter de nombreux patients (83 pour éviter un décès) qui probablement ont des fonctions cellulaires limitant l’effet délétère du LDL cholestérol. Un des enjeux majeurs de la future médecine prédictive est d’identifier au mieux les patients pour qui une exposition à une molécule potentiellement toxique, par exemple pour les muscles, sera bénéfique. Il s’agit d’un des enjeux de la médecine de précision.

Il y a peu de doute que la saga du cholestérol montrera la voie.

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4 réponses à Cent ans de cholestérol et de coronaropathies en 12 pages

  1. ucelli dit :

    La triste saga du cholestérol,

    – qui part de la plus mauvaise science qui soit: j’ai une idée préconçue, sexy, et je fais mon possible pour la démontrer, sans tenir compte des autres hypothèses que je masque, au lieu d’essayer et échouer à la prouver fausse, en bon scientifique

    – celle que décrit incomplètement Horton , Editeur au Lancet:
    http://www.thelancet.com/pdfs/journals/lancet/PIIS0140-6736%2815%2960696-1.pdf

    JE ne crois pas que relever le p change les choses , ceci dit. C’est dans la tête des chercheurs et leur poche.

    Un livre (entre autres) pour analyser l’erreur, le malentendu du cholestérol, mais si bien exploitée:
    Je peux vous l’adresser , d’ailleurs.
    http://tinyurl.com/lmpuevv

    Il faut faire l’effort de liere et d’accepter de se mordre les doigts.

    Très convainquant.

    Problème, les gens qui ont été trompés durant tant d’années , se trompent actuellement, ne peuvent que rarement regarder critiquement le sujet. Ca fait peur et mal à l’égo. Ce sont plutôt les gens hors du sujet comme disait Kühn, qui arrivent à accepter le dogmicide.

    Mais je peux me tromper aussi.

    • PUautomne dit :

      Il existe un business, c’est celui de l’anti, anti science, anticholestérol, anti médecine, anti allothérapie qui va en général avec le pro thérapie alternative, pro médecine douce etc.
      Je trouve que la revue dans cell est bien balancée et fait un point assez honnête sur le sujet du cholestérol. Surtout que maintenant les statines sont génériquées, leur cout est faible, donc ne rapporte plus grand chose aux chercheurs.
      Concernant l’édito du Lancet, je dirais qu’heureusement le ridicule ne tue plus. Osez dire à quel point la science est pourrie pas reproductible en participant à ce business allégrement est un peu comme si un fabriquant de Hamburger et vendeur de soft trouvait terrible et vraiment peu morale l’épidémie d’obésité en accusant les paysans irresponsables qui élévent des vaches et font pousser du blé. La comparaison avec la physique est complétement à coté de la plaque et il le sait bien, puisque c’est déjà fait ces p ultra bas en génomique et depuis longtemps. Le Lancet accepte toujours des articles plus que limite, ils ont des affaires de retrait les pires du milieu et ils n’ont jamais retiré les articles de bon cœur. Ce journal portera toujours une grande responsabilité pour avoir accepté un papier honteux liant rougeole et autisme, juste pour faire augmenter son facteur d’impact.
      Ce genre d’édito préchi précha par des acteurs sans foi ni loi du domaine me font vomir.
      Concernant le cholestérol, je pense qu’il faudra un jour trouver le courage d’expliquer aux patients qui ont une hypercholestérolémie familiale homozygote que le problème n’est pas le cholestérol. Que les statines ne soient pas une panacée universelle pas de problème, après dire que l’hypercholestérolémie n’est responsable de rien, c’est nier des évidence. Il est plus facile de tout balancer en disant tous pourris plutôt que de réfléchir et produire de la science de qualité. C’est en fait surtout beaucoup plus audible médiatiquement. Nous suivons tous les paroles de wharol et rêvons de nos minutes de célébrités quitte à dire n’importe quoi pour être entendus.

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