« Italie-Brésil 3 à 2 » de Davide Enia, France culture 2015

Si vous vous ennuyez aujourd’hui, que vous avez un petit peu de temps, même si vous n’aimez pas le football – j’ai failli ne pas écouter tant ce sport m’intéresse peu – vous devriez écouter cette magnifique émission.

C’est le récit d’un match de football pendant le mondial 1982, celui d’un drame national pour la France. Nous sommes à Palerme en Juillet, devant une télévision  et ce match de la mort pour les italiens contre l’ogre brésilien. L’auteur nous raconte ces 90 minutes, c’est drôle, sensible, touchant, émouvant, vous rirez et vous aurez les larmes aux yeux tout ça en moins d’une heure d’écoute.

Le texte est excellent, l’acteur est fabuleux et la mise en musique est parfaite. Vous réaliserez qu’on peut faire de l’art avec n’importe quel objet, pourvu d’avoir du talent, comme pour la science. Ce n’est pas du snobisme. Ce match de Juillet 82 est celui de la rédemption (Rossi). Il est une initiation pour le jeune narrateur, initiation à l’horreur nazie. Au cœur de cette comédie qui ce voudrait tragique qu’est un match de football, à la mi-temps est conté une vraie tragédie footballistique. Pendant la pause pipi, au décours d’une phrase sur la victoire qui est toujours heureuse, un des membres de la famille raconte l’histoire du FC Start de Kiev et du légendaire match du 9 aout 1942. Parfois le sport est un acte de résistance, parfois gagner conduit à une fosse commune.

La légèreté reprend ses droits après avec ses protagonistes qui sont des caricatures de supporters, superstitieux, de mauvaise foi, pour qui finalement seule la victoire compte. Ce texte est plus profond qu’il n’y parait. L’humour des situations fait passer une très belle critique sociale de ce sport patriotique en train de devenir spectacle. La puissance est de ne pas être manichéen, pas de glorification béate, pas de dénigrement automatique, mais un regard tendre et distancié. Il est subtile cet auteur, Davide Enia. Amoureux du ballon rond mais capable du recul qui manque si souvent au supporter.

Je vous conseille après l’écoute de regarder les images du match, vous verrez la puissance du souffle épique. L’histoire des buts par l’auteur est plus forte que la simple vision des images. Littérature 2- Réalité 1. J’adore.

Si vous voulez passer un très bon moment, écoutez.

En 1982, en dehors du foot, il passait des trucs pas mal à la radio.

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