Quand un faux de nez de big pharma veut bloquer la transparence dans les essais cliniques.

Richmond Pharmacology ltd se lance dans une bataille judiciaire pour empêcher l’Health Research Autority (HRA) de mettre en pratique ses plans pour obliger l’industrie à déclarer tous les essais cliniques et ainsi éviter le biais de publications et de report aux autorités des essais négatifs pour des médicaments en attente de mise sur le marché. Cette procédure de bon sens et de transparence au service des patients est apparemment une épine dans les pieds pourtant chaussés de gros godillots de l’industrie pharmaceutique.

Cette attaque inattendue montre que l’HRA a appuyé là où ça fait mal.

Ne vous gênez pas pour alerter sur les risques de cette procédure, qui bien qu’elle se déroule au Royaume-Uni pourrait peut être donner des idées à d’autres…

The Health Research Authority is facing a judicial review over its work to further clinical trial transparency, the Guardian reported today. The judicial review was launched in March by Richmond Pharmacology Ltd, a contract research organisation that runs clinical trials on behalf of pharmaceutical companies.The Health Research Authority (HRA) is a UK body

Source : AllTrials – Company using court action to stop transparency

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Une réponse à Quand un faux de nez de big pharma veut bloquer la transparence dans les essais cliniques.

  1. A Clapin dit :

    Bonjour,
    Le biais de publication est le cheval de bataille de Alltrials et la Cochrane. C’est le problème de ceux qui font des méta-analyses à partir des données résumées.
    L’EMA avait en 2011 lancé des discussions sur la publication des données individuelles des essais cliniques et la mise à disposition des dossiers d’AMM. Après trois ans, des procès de la part de Abbvie et d’un autre, il ne s’est rien passé. (http://www.etudes-et-biais.com/finalement-il-ne-sest-rien-passe-a-lema-ce-jeudi-2-octobre/). Les données individuelles ne sont pas publiques.
    Je conçois tout à fait qu’il faille publier tous les essais cliniques réalisés. Mais pour les études pré-AMM, il me semble plus important de publier les données individuelles.
    Les labos veulent avoir leur AMM rapidement et ne font pas des dizaines d’études pour ne mettre que les positives dans le dossier d’AMM. Il y a surement des phases I et II qui ne sont pas publiées. Par contre, les études de phase III des dossiers d’AMM peuvent être embellies sans que l’EMA ne voit les biais puisque les données individuelles ne sont pas analysées par les rapporteurs du CHMP (études tronquées, double aveugle qui n’en est pas, courbes de survie…)

    Alltrials ne souhaite pas les données individuelles. Si j’étais mauvaise langue, je dirais que la Cochrane ne veut pas des données individuelles. son modèle est la méta-analyse sur données résumées. Faire une méta-analyse sur données individuelles est plus long et plus cher. Cela remettrait en cause son modèle…car les méta-analyses sur données individuelles sont un peu plus intéressantes.
    J’ai parfois l’impression que ce combat sur les biais de publication est un bon moyen de passer sous silence la nécessité de la mise à disposition des données individuelles que personne ne souhaite (EMA, FDA, pharma, Alltrials…)

    Merci néanmoins de vous intéresser à ce problème ; les discussions de l’EMA sur les données individuelles n’avaient eu aucun écho en France.
    Bonne journée

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