Des dangers de la vitamine D pour le rein

La vitamine D est devenue la panacée universelle. La traque de son déficit, le graal de la médecine, la substitution du moindre manque, une condition de la survie de l’espèce, l’absence de croyance dans cette sainte vitamine vous vaudra d’être brulé sur le bucher médiatique.

Un article expérimental chez la souris devrez nous inciter à une prescription prudente de cette molécule. La supplémentation en excès entraine une augmentation de la fibrose tubulo-interstitielle dans les reins des animaux avec une ligature de l’uretère, modèle classique d’atteinte rénale chez le rongeur. Si ces résultats sont transposables à l’homme, ce qui reste à démontrer, apporter de la vitamine D à forte doses pourrait entrainer une accélération de la dégradation de la fonction rénale.

Comme les évidences sur les bénéfices d’une supplémentation restent plus qu’hypothétiques au cours de l’IRC, avant de donner de la vitamine D nous devrions être prudent et attendre les preuves de l’inocuité et des bénéfices.

Cet article fait écho a une présentation récente à l’ERA-EDTA (VITA-D study) qui montre chez le transplanté l’absence de bénéfice de supplémentation en vitamine D et une petite altération de la fonction rénale à 12 mois dans le groupe substitution.

Voici une troublante concordance des résultats entre rongeurs et grands primates, retenez votre stylo avant de supplémenter si il n’y a pas de raisons cliniques.

Source : Kidney International – Figure 1 for article: Excess 25-hydroxyvitamin D3 exacerbates tubulointerstitial injury in mice by modulating macrophage phenotype

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2 réponses à Des dangers de la vitamine D pour le rein

  1. fluorette dit :

    Merci pour cette information. Ca fait longtemps que je pense qu’on devrait repenser cette obsession collective de la vitamine D.
    J’avais déjà lu quelquechose concernant la supplémentation calcique et le risque coronaire, question à laquelle je n’ai pas vraiment trouvé de réponse.
    Mon problème concerne les femmes de 50 à 80 ans, fracturaires. Je supplémente en calcium et vit D, selon ce qu’elles me disent consommer afin d’apporter de quoi refabriquer de l’os. Cependant ces nouveaux sons de cloche concernant ces supplémentations ajoutent au questionnement concernant la balance bénéfice-risques os-coeur-rein…

    • PUautomne dit :

      Pour calcium et risque cardiovasculaire, c’était dans un BMJ avec les suppléments en calcium: http://www.bmj.com/content/341/bmj.c3691 plus drole encore pour le lait dans le même journal, encore plus drole car pas de prévention du risque fracturaire http://www.bmj.com/content/349/bmj.g6015
      Après il y a eu des études qui n’ont pas retrouvés ces effets négatifs. Le sujet reste très controversé. Honnêtement le calcium ne me fait pas trop peur, la vitamine D, un peu plus. J’essaye de prescrire à bon escient, ce qui n’est pas facile.
      Pour l’intérêt dans la prévention primaire ou secondaire du risque fracturaire, j’avais retenu un bénéfice.
      Ces études nous rappelle juste qu’aucune intervention thérapeutique n’est anodine même la prescription de vitamines. Avant de généraliser la prescription, il faut des études de bonne facture qui répondent à la question.

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