Finalement tous les chirurgiens devraient s’intéresser à la néphrologie

Un article récent montrait l’impact de l’insuffisance rénale aigüe (IRA) sur le risque cardiovasculaire après une chirurgie vasculaire. La même équipe de Floride vient de publier dans annals of surgery les mêmes résultats dans les chirurgies majeures (cardiothoracique, neurologiques, générales). Vous pouvez suivre sur twitter la dernière auteure @AzraBihorac. Les matériels et méthodes sont les mêmes que dans le papier du JAMA surgery. Ici nous avons plus de patients (51457), une fréquence moins importante d’insuffisance rénale aigüe (39% quand même) et un doublement de la mortalité cardiovasculaire à 10 ans chez les patients avec une IRA comparée à ceux sans insuffisance rénale aigüe.

mortalite_IRA_chirComme je n’aime pas me répéter, le message est le même. Les chirurgiens et les anesthésistes (j’ai mis en gras pour montrer que je ne les oubliais pas) devraient mieux prévenir la survenue des épisodes d’IRA en post-opératoire. Il y a un vrai travail de fond à fournir. Il y a de beaux travaux à faire pour identifier les facteurs favorisants la survenue de l’IRA qui sont accessibles à une mesure de prévention en pré ou post opératoire. Un beau sujet de thèse pour un néphrologue en binôme avec un chirurgien ou un anesthésiste.

J’ose espérer que nos amis chirurgiens entendront le message et qui sait viendront discuter avec nous, déjà pour voir si nous avons la même fréquence en France, deuxièmement pour savoir comment attaquer le problème. Pour les néphrologues, comprendre les interactions entre IRA et événements cardiovasculaires à long terme est un vrai challenge. Je persiste à penser que l’étude des toxines urémiques pourrait être une piste intéressante. Je vais pouvoir donner de nouveaux exemples pour mon cours aux externes sur l’insuffisance rénale aigue, justifiant le fait que la protection des rognons concerne tout le monde, même les chirurgiens.

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