Mantra du soir: je ne traite pas les bactériuries asymptomatiques

Il ne faut pas traiter les bactériuries asymptomatiques hors femmes enceintes et avant un geste urologique, chez les immunodéprimés on ne sait pas. Voici la référence que vous pouvez ressortir. Une belle illustration est donnée par un Less is More du JAMA internal Medicine.

Une femme de 64 ans va aux urgences pour une cause X. Elle n’a aucun symptôme urinaire, il est fait une analyse d’urine systématique. Il y a des leucocytes et quelques bactéries. Elle est totalement asymptomatique, sans fièvre, ni dysurie, ni pollakiurie, ni douleurs lombaires. Il est prescrit pour cet incidentalome biologique, une antibiothérapie par cefdopoxime pendant 7 jours. Elle revient quelques jours plus tard avec une diarrhée abondante, de la fièvre. Elle est hospitalisée et il est diagnostiqué une colite à clostridium difficile. Elle est traitée avec succès.

Cette histoire illustre magnifiquement bien les risques d’examens systématiques. Pourquoi faire une analyse d’urine à une femme qui n’a aucun symptôme urinaire? Le risque de l’antibiothérapie pour traiter des microbes alors qu’il n’y a aucun symptôme. Attention ne posez jamais vos mains sur un boite de petri, vous pourriez vouloir ensuite prendre des antibiotiques toutes votre vie.

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Je le répète encore une fois. On ne traite pas les bactériuries asymptomatiques sauf quelques cas particuliers, les femmes enceintes et avant un geste urologique. Le déséquilibre ainsi induit du microbiote urinaire pourrait augmenter le risque d’infections urinaires symptomatiques.

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3 réponses à Mantra du soir: je ne traite pas les bactériuries asymptomatiques

  1. clement.mottola@gmail.com dit :

    Bonsoir,
    Quelle attitude adopter si, par malheur, un ECBU réalisé chez un patient transplanté totalement asymptomatique met en évidence une bactériurie ?

    • PUautomne dit :

      Il n’y a pas d’étude permettant de répondre de façon définitive à la question. Je tiens compte de l’histoire du patient, si fait des pyélonéphrites, j’ai tendance à traiter. Si jamais rien, je néglige souvent. Cette attitude est très personnelle. Pour mois il s’agit d’un vraie sujet de recherche clinique faut il dépister et traiter les bactériuries chez les transplantés rénaux.

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