Faut pas gâcher

Nos amis belges et néerlandais autorisent l’euthanasie depuis de nombreuses années. Je ne savais pas que la personne bénéficiant de cette procédure pouvait donner ses organes. Cet article du JAMA montre qu’il s’agit d’un formidable réservoir d’organes.

Le but des auteurs est de calculer combien d’organes pourraient être donnés. Il y a eu en Belgique, en 2015, 2023 euthanasies, après avoir écarté les plus de 75 ans, les patients avec un cancer, une maladie infectieuse (HIV) ou d’autres pathologies, il reste 204 donneurs potentiels, 4 sont écartés du don de rein en raison d’une néphropathie. Il y a ainsi un potentiel de 400 reins à transplanter. Ce chiffre est plus qu’intéressant.

Ce travail donne un nouvel angle de vue sur l’euthanasie. Le choix de mourir de façon assistée peut aider son prochain en lui donnant ses organes. Cet aspect doit être inclus dans le débat sur l’autorisation de l’euthanasie en France. On pourrait envisager un système où l’accès à l’euthanasie est prise en charge par la sécurité sociale est conditionnée au fait d’accepter de donner ses organes après son décès. La Belgique a 11 millions d’habitants, en extrapolant les chiffres belges à la France, on pourrait compter sur 2000 à 2400 reins supplémentaires par an. Ce qui réduirait grandement le temps d’attente sur les listes. Ceci combiné à un programme de donneurs subventionnés, comme proposé ici, pourrait permettre d’augmenter fortement l’accessibilité à la transplantation rénale, voir de faire disparaitre l’attente. Je ne peux que conseiller aux associations qui nous reprochent un manque de transplantation rénale de réfléchir à ces propositions.

Nous avons pris le chemin d’une réification du corps. Nous ne ferons pas marche arrière du fait de la contamination de notre champs de pensée par l’utilitarisme et de notre totale adhésion à la loi du marché. Je ne peux que vous inciter à lire ce formidable roman, qui illustre bien toutes les dérives de notre approche. A l’heure de choisir un nouveau président, je trouve dommage que ces sujets importants synthétisant nos choix de société, ne furent pas mis en avant.

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4 réponses à Faut pas gâcher

  1. Adele dit :

    Ai-je bien compris ? 204 euthanasies de personnes non malades physiquement ???

  2. douxlapinblanc dit :

    L’argument d’un potentiel don de ses organes à un vivant serait alors utilisé pour apaiser la personne souffrante ? On pourrait lui dire alors “On peut vous proposer l’euthanasie, et en plus vos organes continueront de vivre dans le corps quelqu’un d’autre c’est très noble”..
    A première lecture de votre article je suis choqué : L’ argument statistique de quantité d’organes disponible pour légiférer sur le droit d’abréger ses souffrances ?
    Vraiment je ne vois pas le rapport.

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