« Reconnaitre le Fascisme » d’Umberto Eco traduit par Myriem Bouzaher

Petit texte du sémiologue italien, initialement une conférence qui se retrouve couchée sur le papier. Nous entendons encore les mots volés dans l’air new-yorkais.

Cette lecture est de salubrité publique. Eco donne 14 caractéristiques de ce qu’il appelle l’Ur-fascisme (le fascisme primitif et éternel). Il suffit d’un de ces traits pour que le diagnostic soit porté. Chaque fascisme combine plus ou moins ces caractéristiques.

  1.  Le culte de la tradition
  2. Le refus du modernisme
  3. L’action pour l’action
  4. Le désaccord est trahison
  5. La peur de la différence (racisme)
  6. L’appel aux classes moyennes frustrées
  7. Le nationalisme
  8. Les ennemis sont à la fois trop forts et trop faibles.
  9. La vie est une guerre permanente
  10. Le mépris pour les faibles
  11. Culte de l’héroïsme et de la mort
  12. Le machisme
  13. Populisme qualitatif
  14. La novlangue

Umberto Eco explique remarquablement bien en les démontant ces signes du fascisme avec son humour de gros chat repu et content de sa trouvaille.

52 pages de bonheur intellectuel loin de toute pensée facile et pourtant totalement accessible. Réjouissant.

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4 réponses à « Reconnaitre le Fascisme » d’Umberto Eco traduit par Myriem Bouzaher

  1. Nicolas dit :

    Disponible en version anglaise (je ne sais pas si on doit dire version originale, mais disons que c’est la source du texte dont vous parlez): http://www.nybooks.com/articles/1995/06/22/ur-fascism/

  2. John Doe néphrologue de campagne dit :

    Bonjour. Robert Paxton l’historien américain qui s’est fait connaître par son étude approfondie du fonctionnement du régime de Vichy, a écrit sur le sujet un ouvrage de synthèse avec un regard historique analysant les différences et points communs de différents mouvements des années 1920-1930. Le point de vue est de considérer les aspects qualitatifs de la pratique politique avant la théorie pour qualifier le fascisme, ou plutôt de retrouver le mythe de l’action ouvertement violente et souvent révolutionnaire au cœur de ces mouvements politiques qui ont pris le pouvoir ou rêvé de le faire à cette époque. Le mépris des intellectuels, des universitaires allant de pair avec le mythe du fasciste en homme d’action viril non embarrassé des conventions inutiles. Cela m’a semblé particulièrement éclairant et on retrouve peu ou prou les items d’Eco, toujours bons à l’usage.
    Robert Paxton, « le Fascisme en action ».

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