La poule, le vaccin et le séquenceur

Il était une fois dans une terre lointaine appelée l’Australie des élevages de volaille. Ces animaux peuvent présenter une maladie, la trachéolaryngite aviaire. Les problèmes essentiels pour les éleveurs sont le décès des animaux et surtout la réduction de la production d’œufs. Il existe des vaccins vivants atténués permettant de prévenir cette infection à herpes virus.

En 2008, les élevages australiens ont été décimés par une épidémie d’ILTV. La particularité de l’épidémie fut qu’elle se déclara par foyers distincts sans lien apparent entre eux et qu’elle fut associée à une forte mortalité presque 20%. Elle correspondait à l’introduction dans ce pays d’un nouveau vaccin.

Il existait deux vaccins vivants atténués d’une souche australienne, en 2006 fut introduit une souche européenne. L’épidémie est due à deux ITLV de deux nouvelles classes (8 et 9). Des chercheurs se sont posés la question:

Est ce que ces nouveaux virus ne pourraient pas être le fruit d’une recombinaison entre les différents vaccins vivants atténués?

Ils ont entièrement séquencé l’ensemble des souches, vaccins et les deux nouveaux virus responsables de l’épidémie. Ils ont montré que les deux nouveaux virus étaient le fruit d’une recombinaison entre les vaccins vivants de souche australienne et celui de souche européenne. L’essentiel de l’information est codé par le vaccin d’importation avec des régions apportées par les vaccins autochtones. Deux virus atténués dans une poule donne un nouveau virus agressif. Il est probable que la recombinaison a eut lieu dans les animaux qui ont reçu les deux vaccins successivement.

Cet article montre pour la première fois que deux souches d’herpès présent dans des virus vivants atténués peuvent se combiner pour donner naissance à un virus virulent. Il ne doit pas condamner la vaccination, loin de là, mais rendre prudent sur l’utilisation des vaccins vivants atténués en santé animale. Il faut  éviter dans un même élevage et à fortiori dans un même animal des vaccinations successives avec des souches différentes. La traçabilité de la vaccination me semble indispensable que cette histoire ne se reproduise.

La vaccination est un outil formidable pour la prévention de maladies graves, c’est un immense succès de la science moderne. Ce papier nous alerte sur une utilisation irraisonnée et aléatoire de ce merveilleux moyen de prévention. Vacciner n’importe comment avec n’importe quoi peu conduire à des catastrophes. Ce ne doit pas être un argument pour les anti vaccinations, mais juste un piqure de rappel concernant notre obligation de rigueur dans tous les pans de la santé humaine ou animale. Il pose aussi des questions sur l’utilisation des herpes comme vecteur de thérapie génique, mais c’est un autre sujet.

Il est peu probable qu’une telle histoire survienne chez l’homme. Les vaccins vivants atténués sont le ROR, la fièvre jaune et le BCG, le calendrier vaccinal est plus rigoureux et une souche unique est utilisée dans tous les vaccins. Par contre si un jour, l’industrie décide d’utiliser de nouvelles souches, il faudra faire très attention.

Je vous conseille l’interview sur le site de Science des auteurs de l’article.

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2 réponses à La poule, le vaccin et le séquenceur

  1. B. dit :

    Diable !
    1+1 est dont bien égal à 3.
    Je ne peux que vous recommander la lecture de « Nous sommes ce que nous mangeons » de Jane Goodall.

  2. virginie dit :

    Rien à voir avec le sujet,
    Mais bon anniversaire, bel été et bonnes vacances
    Prends soin de toi
    Bises

    Virginie

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