Le complexe d’Eden Bellwether par Benjamin Wood et Renaud Morin

Un jour, j’expliquais que j’achetais certains livres non pas en raison d’une critique, d’un conseil ou du quatrième de couverture mais juste car j’aime la ligne éditoriale de l’éditeur. Ceci avait surpris mon interlocuteur. Parmi ces découvreurs de pépite, il y a Zulma. Je suis fan. Quand je rentre dans une librairie, je vais au rayon poche et si un nouveau Zulma est là je l’achète, je ne regarde pas de quoi ça parle. Je prends et je lis. J’ai découvert pas mal d’auteurs que je n’aurais jamais lu, ainsi. Une fois de plus, je ne suis pas déçu par cette méthode de choix.

Ce roman est une histoire d’amour juvénile. Amour naît de la marche à pied, de la musique. Amour qui débouche sur des rencontres, de personnes, d’un milieu, d’une science et encore de la musique. Et comme le dit la chanson, les histoires d’amour finissent mal. Cette lecture m’a fait penser à ma note sur pourquoi l’humain n’aime pas les essais randomisés. Nous aimons la magie, nous aimons le miracle, nous aimons les certitudes, nous aimons les hommes providentiels. Ce roman permet de mieux comprendre notre fol espoir dans le remède miracle, dans la solution unique, dans le chef tout puissant et le risque de croire en ces chimères. Je ne peux que vous conseiller sa lecture, c’est bien écrit, l’intrigue est redoutablement efficace, les personnages sont remarquables et c’est bouleversant. Je préfère vous prévenir, vous pleurerez.

L’auteur arrive à nous mettre dans une situation terrible. Croire aux miracles malgré mes réticences, j’ai cru à un moment au pouvoir d’Eden, pas longtemps, mais j’y ai cru. Il était tentant de s’y abandonner comme Iris, mais tout craque. En cette période de grand charlatanisme sous masque de pseudoscience, cette lecture est de salubrité publique. C’est la puissance du roman, capter par l’histoire notre attention, nous promener, nous faire croire et brutalement la vérité explose. Il y a bien d’autres choses très intéressante dans cette œuvre, les relations de classe, la puissance de la musique, la complexité de nos relation familiale. C’est vraiment un très, très bon roman.

Un grand merci au traducteur qui a fait un remarquable travail pour nous restituer ce roman si anglais. Les images sont très fortes. Alors bonne lecture.

Si vous voulez un peu de musique, un conseil, le dernier album de Joachim Kühn, Playing probabilities. C’est … vous écouterez et vous vous ferez votre idée. J’aime vraiment beaucoup, c’est tout ce que je dirais.

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COVID-19 Filière ORKID et AIRG

Il s’agit probablement de mon dernier webinar sur le sujet. Il est adressé aux patients. Il devrait être disponible en replay sur le site de la filière ORKID d’ici la fin de la semaine. En attendant voici le support.

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COVID-19 et rein, épisode 6

Voici l’épisode que personne n’entendra et probablement le dernier de cette pandémie. J’aurai appris plein de choses sur cette maladie et sur l’utilisation des masques. J’ai le sentiment que nous n’avons pas fini avec cette maladie, malheureusement.

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Covid-19 et rein pour les patients épisode 2

Voici la présentation pour le Webinar de France Rein du jour.

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COVID-19 et Rein, épisode 5

L’épisode 5 fait la semaine dernière que je n’avais pas encore mis en ligne. N’hésitez pas si des remarques ou erreurs.

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GOVIDe-69

La Zamonie est frappée depuis quelques mois d’une étrange maladie, la GOVIDe-69.

D’où vient ce nom, GOVIDe-69, me demanderez vous? GOgonaVIrus Disease année 4069 du calendrier zamonien, le petit « e » est là pour 1) marquer le féminin, 2) parce-que c’est plus joli et 3) probablement par malice de celui qui nomma cette nouvelle affection.

Elle est due à un virus de la famille, bien connue en Zamonie, des Gogonavirus qui infectent les Chrecques et peut ensuite toucher tous les autres habitants du continent. Le virus s’appelle SFCA-GOV pour Syndrome de Fuite Cérébrale Aigue-GogonaVirus. Les gogonavirus sont habituellement responsable des rhumes de cerveau.

Le rhume de cerveau zamonien rend les gens naïfs. L’individu atteint croit tout ce qu’on lui dit, avec la particularité que le dernier qui parle a raison de façon absolue. Le patient devient un gogo. Ceci dure quelques jours, puis la personne retrouve son bon sens. Il suffit de lui retirer tout moyen de paiement, tout pouvoir de décision, de l’enfermer chez lui et ça se passe très bien. Par exemple, il voit une publicité pour un café X, il va se précipiter pour l’acheter, il croise un ami qui lui dit le café Y est meilleur, il va vouloir celui ci oubliant immédiatement son amour du X, enfin il lit « le café donne des palpitations n’en buvez jamais », il détestera le café, tout ceci en l’espace de quelques minutes. Les plublicistes et les politiquouilles zamoniens y ont vu un intérêt. Le problème, capter au bon moment l’attention, juste avant l’achat ou le vote. Ils ont inventé, les réseaux zoziaux (les RZ, en Zamonie on aime les Z), mais trop d’informations et la non maîtrise complète, après quelques succès a conduit à la cacophonie. Certains ont même penser manipuler les gogonavirus. Malheureusement pour ces petit malins, la biologie de ces virus est complexe. L’hôte intermédiaire est un dragon particulièrement féroce qui dévora tous les scientifiques. Ceci calma les candidats à la manipulation. Depuis des centaines d’années les zamoniens vivaient avec ces épidémies sans grand soucis. Les gogonavirus sont transmis par les gouttelettes comme votre grippe.

Le SFCA-GOV a la particularité de rendre encore plus crédule les atteints que les autres gogonavirus et la maladie dure une bonne quinzaine de jours. Il s’agit de l’atteinte la plus bénigne de la maladie, plus de 80% des malades auront cette forme, c’est le stade 1. Malheureusement, pour la première fois, chez certaines personnes (20% approximativement), la maladie passe au stade 2. Au lieu d’entraîner un changement d’avis permanent, elle conduit à un blocage sur le dernier message entendu. D’après les études zépidémiologiques, cette forme touche surtout les gros consommateurs de réseaux zoziaux, les obézoziophiles. Les malheureux atteints de cette forme ne pensent plus qu’à cette dernière idée captée sur les RZ, ne parlent plus que de ça, et plus grave pensent détenir la vérité absolue. La forme la plus grave est marquée par une passion des explications complotistes. Le virus a été inventé en laboratoire, il est transmis par les ondes 5G ou les chemtrails dragonesques, etc.

Enfin, chez certains (5%), la maladie devient très grave (stade 3). Elle conduit à une surchauffe du cerveau autour de l’idée figée. Le cerveau fond et s’écoule par les narines, le premier signe est la perte de l’odorat. Cette forme a conduit les autorités à imposer un confinement strict de la population de l’ensemble du continent en attendant un traitement ou un vaccin.

Les grands zapothicaires et les médicamenteurs sont très divisés sur le traitement de la GOVIDe-69. A l’heure actuelle, deux grands écoles se distinguent, les uns croient que la panacée est un vieux médicament, la zydroxyzoroquine et les autres refusent d’en entendre parler. Les réseaux zoziaux sont des foires d’empoigne où les Govidiens du stade 2 sont les défenseurs les plus qu’acharnés de l’une ou l’autre des chapelles. Ils occupent tout l’espace, forçant les indemnes à se positionner. Le patient oublie de se nourrir, de se laver, d’uriner, de déféquer, une seule chose compte défendre sa dernière idée qui s’est fixée dans son cerveau. Le seul traitement sur, les endormir le temps que le virus les quitte. Nous parlons de sédation apaisante. Ceci peut prendre plusieurs semaines. En l’absence de cette prise en charge, il y a un risque de fuite cérébrale. A coté de la zydroxyzoroquine fort controversée, chacun y va de sa molécule ou de son remède de grand mère. Le bigzapo essaie de refourguer toutes ses vieilles molécules antivirales ou antifonte cérébrale, pour l’instant sans succès. Chaque azclepioz y va de son idée, vitamine de A à Z seule ou en combinaison, miel de chreques, comme le mal vient de ses animaux leur production pourrait guérir la maladie, ces tenant sont les zomézopathes. D’autres proposent l’amidon de patate, l’utilisation de remèdes de la leucémie ou utilisés en transplantation. On suggère même de fumer du tabac pour lutter contre la maladie. Une véritable cacophonie amplifié par la présence des stade 2 et la naïveté des stade 1 terrorisés à l’idée du stade 3. La vérité est que nous connaissons mal la GOVIDe-69. Nous apprenons avec le développement de la pandémie. Personne n’ose l’avouer de peur d’augmenter l’anxiété des zamoniens.

Les autorités zamoniennes en plus de la distanciation sociale, stratégie bien connue ici, essayent d’imposer la fermeture des réseaux zoziaux, mais ceci est impossible. Les RZ s’y opposent de même que la population. Il faut reconnaître que les propriétaires de RZ profitent du confinement pour s’enrichir en vendant à tour de bras, le plus important Zamazon est en passe de devenir le maître commerçant de la Zamonie. Aucun gouvernant n’ose imposer cette décision qui parait sage. Le plus opposé est le maire de USAtown qui dirige sa ville par bluebird, un RZ populaire, utilisant uniquement des messages de 69 caractères. C’est aussi un spécialiste des thérapeutiques alternatives comme le rayonnement lunaire haute dose. NOus avons déjà à déplorer quelques coups de lune mortelle.

Nous en sommes là. L’épidémie se répand, la fermeture des écoles, des universités, de toutes les zindustries non indispensables, si elle ralentit la diffusion, malheureusement n’empêche pas la multiplication des cas de stade 2. Ils embolisent totalement les RZ et saturent les services de sédation apaisante. La situation devient dramatique. D’autant plus que la GOVIDe-69 touchent les Grands Crofesseurs azclepiens, les nozels passés et à venir. ils deviennent complètement intoxiqués par l’importance que leur donnent les RZ. Eux qu’on interrogeait une fois par an et encore, ils deviennent omniprésents, virant des plateaux les sportifs, chanteurs et autres acteurs qui devaient donner leur opinion sur tout et surtout sur ce qu’ils ne connaissaient pas. Les zavants les remplacent et donnent leur avis sur la GOVIDe-69 qu’ils ne connaissent pas plus. Chacun oublie que la science prend du temps, même en Zamonie au temps des RZ. Tous nos spécialistes, pour alimenter leur addiction zoziophile, trouvent une nouvelle idée par jour sur la GOVIDe-69 à proposer sur les RZ. Ils croient tous connaître la vérité et passent leur temps à se battre sur l’usage ou non de la zydroxyzoroquine qui reste un sujet permanent. C’est une vraie cacophonie. Parallèlement à la GOVIDe-69, une nouvelle maladie apparaît la zinfodémique qui aggrave malheureusement les symptomes de la première.

Nous en sommes là de la pandémie. J’espère que vous ne serez jamais atteint de la GOVIDe-69. A coté de son nom scientifique, elle restera dans les annales comme la maladie qui rend khon.

Pour sortir de l’obsession govidienne, une petite suggestion musicale terrienne pour un dimanche matin en douceur.
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COVID-19 et Rein, épisode 4

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Présentations pour le Webinar de la SFNDT

Je mets en ligne les 3 premières présentations que j’ai faite pour les webinars de la SFNDT. La première a eu lieu le 17 mars, la deuxième le 24 mars et la troisième le 7 avril. Il est évident que sur cette période les choses ont beaucoup évolués. C’est impressionnant. J’ai essayé rapidement d’éviter les pré-prints et de m’en tenir à ce que je pensais important. C’est bien sur partiel, partial, subjectif et fait par un non-infectiologue.

Je remercie Thomas Robert de m’avoir proposé cette activité et la SFNDT de renouveler sa confiance en ma vision de cette maladie et de la littérature produite.

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Covid-19 et rein pour les patients

Un petit test pour une extension de wordpress que je viens de découvrir et qui est très sympa. Je mets un présentation faite pour le webinar patient de la sfndt et de france rein. C’est peut être bien pour mettre des articles dans les notes. A voir. j’attends votre retour.

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Résistance

Depuis quelques semaines nous vivons dans un monde étrange, celui du COVID-19. Je ne vais pas revenir sur ce que j’ai déjà écrit et dit sur cette maladie lors des webinars de la SFNDT (présentation 1, 2 et 3). Ce qui est évident, nous avons besoin de faire de la science plutôt que du spectacle. Le monde de l’édition scientifique et en particulier des grandes revues (NEJM, Lancet, JAMA, BMJ et consorts) ne va pas sortir grandi de cette épreuve. Il y a eu un relâchement des standards, aussi bien méthodologiques qu’éditoriaux, impressionnant. En ce 13 avril 2020, 3740 articles sont indexés dans Pubmed en un peu plus de trois mois, la qualité et la pertinence ne peuvent pas toujours être au rendez vous. Je ne parle pas des preprints. Nous ne devrions pas confondre vitesse et précipitation. En plus de la vague épidémique, il y a une vague informationnelle, qui porte le joli nom d’infodemic.

Au sommet de cette folie est l’utilisation des antipaludéens de synthèse (chloroquine et hydroxychloroquine) dans le traitement du COVID-19. Je ne reviendrai pas sur les limites diverses et variées des « articles » justifiant son utilisation. Je vous renvoie pour ça à l’excellent Pipeline de Derek Lowe qui fait le meilleur boulot de veille bibliograhique sur les thérapeutiques du COVID-19. En France, nous avons pu bénéficier en direct de la pression médiatique mise par les promoteurs de ce traitement (Hydroxychloroquine-azithromycine) et son effet dévastateur. Ceci est très bien analysé dans cet article grand public de Damien Barraud qui résume remarquablement la problématique.

Un des aspects les plus effrayants de cette histoire est la défense par nombre de figures médiatiques et de médecins de l’utilisation de l’hydroxychloroquine sans essai clinique randomisé (ECR, en anglais RCT pour randomized clinical trials). L’ECR est la base de la médecine basée sur les preuves. Seule cette approche dans des maladies fréquentes (le covid-19 en est une avec ces 1 850 000 cas) et avec une survenue d’événements suffisants (80% de patients pauci ou asymptomatiques (ce sera probablement encore plus), 20% nécessitant une hospitalisation et 5% la réanimation) et une mortalité dont la fréquence est connue (il est probable que sur l’ensemble des infectés on se situe entre 0,5 et 1,5%) permet d’avoir des réponses claires. Le bon design pour l’utilisation de l’association était de randomiser les patients dès le diagnostic, avant l’atteinte grave, entre traitement et placebo et d’utiliser comme critère d’évaluation soit la mortalité soit la nécessité de passage en réanimation. Il fallait faire un calcul d’effectif et assigner au hasard les patients qui recevraient un traitement ou pas. Comme l’association n’est pas dénuée d’effets secondaires en particulier cardiaques ceci est tout à fait licite sans perte de chance majeure pour les patients. Ceci était renforcé par le fait que les APS bien que réduisant la réplication virale in vitro de nombreux virus n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité clinique dans les viroses (bonne synthèse ici). Par exemple dans le Chikungunya, la chloroquine ne diminuait pas les symptomes, voir les aggravait, mais en plus avait un effet retardant la mise en place de l’immunité antivirale. Il semblait tout à fait licite de proposer un essai randomisé. Ce ne fut pas le choix fait, je le regrette et tout le monde devrait le regretter.

Le plus étonnant reste que de nombreuses personnes trouvèrent qu’il n’était pas éthique de proposer un essai randomisé, alors que ceci est indispensable. Cette question, du pourquoi du refus du RCT, me turlupinait depuis un certain temps quand je me suis souvenu hier d’un article remarquable de l’année dernière. Je crois avoir dit sur twitter que c’était probablement un des articles les plus importants de 2019. Il s’agit d’un article de sciences sociales dont la lecture pour le médecin non anglophone, que je suis, n’est pas facile, mais il est vraiment très intéressant. Je vous en conseille vraiment la lecture.

Le but des auteurs était d’identifier les raisons de l’aversion des individus à la réalisation d’un essai randomisé (A/B test). Ils ont réalisé 16 études incluant 5873 personnes sur 9 domaines allant de la médecine à la lutte contre la pauvreté en passant par la génétique, l’enseignement ou les voitures autonomes. Le design est toujours le même pour confirmer le rejet, en général, de la réalisation des essais randomisés. On propose d’appliquer la proposition A à toute la population, la proposition B à toute la population ou de réaliser un essai randomisé comparant A contre B. Les propositions A et B sont équivalentes. Prenons l’exemple 1, un directeur d’hôpital veut réduire le risque d’infection lors de la pose de voies veineuses centrales (un tuyau dans les grosses veines du corps). Il propose deux approches: A: on met la check list de la procédure de sécurité sur le dos du badge des médecins, B: on met la check list de la procédure de sécurité sur un poster dans la salle où les voies veineuses sont posées. Il n’y pas de différence majeure en terme d’accessibilité à l’information, chacune a des avantages et des inconvénients. On demande donc à des individus de dire s’ils trouvent qu’appliquer A ou B sans preuve ou faire un essai A contre B est approprié. Comme vous le voyez il n’y a pas de placebo et les deux interventions sont comparables. Comme vous le voyez dans la figure, une grande proportion de personnes juge la réalisation d’un essai randomisé comme inappropriée (les différences sont statistiquement significatives), et ceci aussi bien dans l’étude initiale (A) que dans les réplications avec un autre groupe d’individus (B) ou d’autres vignettes plus détaillées (C et D). Il y a une véritable aversion à la réalisation de l’essai clinique randomisé.

Les auteurs confirmeront cette aversion dans d’autres champs que le médical. Je vous laisse regarder l’article. Les auteurs ont ensuite essayé d’identifier les causes de rejet de l’essai randomisé qui sont:

  • 1) Le rejet de l’expérimentation (pas de la randomisation). Les personnes ne supportent pas le fait qu’on expérimente sur eux. Ils préfèrent que leur soit imposée une pratique sans preuve plutôt que de participer à l’établissement de la preuve. C’est assez effrayant quand on y pense.
  • 2) Une conviction que le consentement n’est demandé qu’à la moitié de la population dans l’essai randomisé alors que l’autre se voit imposer la pratique. Ceci pose des questions sur comment nous expliquons le processus de l’essai et comment est compris le fait de donner son consentement
  • 3) L’illusion du savoir, il n’est pas nécessaire de faire car l’expert sait. Ça vous rappelle probablement quelque chose ou quelqu’un.

Enfin, probablement pour les soignants la partie la plus intéressante et importante de l’article, les auteurs se sont demandés si cette aversion à l’essai randomisé était partagée par des soignants (126) quasiment que des médecins cliniciens. Ils ont proposé deux études, la checklist et une intervention thérapeutique, un traitement anti HTA, une molécule A contre une molécule B. Les résultats se passent de tout commentaire.

L’aversion à l’essai clinique randomisé est largement partagée par les médecins. C’est juste terrifiant.

Le débat autour de l’hydroxychloroquine et du refus d’une majorité de réaliser un essai clinique randomisé illustre en vraie vie la pertinence de cet article. La peur d’être un cobaye, la certitude que le sachant sait et les médecins sont loin d’être immunisés contre cette aversion au RCT sont probablement les explications de ce refus massif dans l’opinion public de vraiment tester.

Cette épidémie pour l’instant m’a appris deux choses sur lequel l’enseignement médical doit se concentrer dans les années à venir:

  1. L’importance de l’hygiène, il faut que durant toutes les études de médecine nous ayons des modules de formation à l’hygiène, comment se protéger, comment protéger les autres. Nous devons aussi faire des essais randomisés sur nos pratiques dans ce domaine. C’est la grande leçon des ces premières semaines.
  2. L’importance de la médecine basée sur les preuves et le rôle central des essais cliniques randomisés dans sa mise en place. Nous devons former tôt et durant tout le cursus à la réalisation et l’interprétation des essais cliniques.

Nous devons lutter contre la résistance à la réalisation des essais randomisés. Il n’y pas vraiment d’autres façons d’apporter des preuves irréfutables. C’est lourd, compliqué, consommateur de temps et d’énergie mais capital pour proposer des traitements efficaces avec la meilleure balance bénéfice-risque à nos patients.

Résistons à la peur de la maladie par l’approche scientifique et expérimentale. Résistons à ceux qui nous assènent la vérité sans preuve, jouant sur nos peurs.

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