{"id":3648,"date":"2015-06-15T21:51:18","date_gmt":"2015-06-15T20:51:18","guid":{"rendered":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/?p=3648"},"modified":"2015-06-15T21:51:18","modified_gmt":"2015-06-15T20:51:18","slug":"en-datroces-souffrances-dantoine-de-baecque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/2015\/06\/15\/en-datroces-souffrances-dantoine-de-baecque\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0En d&rsquo;atroces souffrances\u00a0\u00bb d&rsquo;Antoine de Baecque"},"content":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai achet\u00e9 ce livre pour deux raisons. La premi\u00e8re est mon int\u00e9r\u00eat pour la douleur et son histoire. Ce court ouvrage pouvait \u00eatre une bonne introduction au sujet. La deuxi\u00e8me est d&rsquo;avoir \u00e9cout\u00e9 plusieurs fois antoine de Baecque sur France Culture en particulier sa<a href=\"http:\/\/www.franceculture.fr\/emission-marcher-une-histoire-des-chemins\"> s\u00e9rie sur la marche l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier<\/a> que j&rsquo;avais bien aim\u00e9. Il existe une troisi\u00e8me raison, Alma est une maison d&rsquo;\u00e9ditions <a href=\"http:\/\/www.alma-editeur.fr\/notre_ligne_editoriale.html\">avec de bonnes id\u00e9es \u00e9ditoriales<\/a>, acheter un livre est un soutien \u00e0 leur travail.<\/p>\n<p>Ce livre est issu de la collection Pablo\u00efd.<img decoding=\"async\" class=\"wa-img wa-comp \" src=\"http:\/\/www.alma-editeur.fr\/Couverture_20-_20En_20d_27atroces_20souffrances0.jpg?v=1fm83wjtitszzn\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Je vais commencer par ce qui m&rsquo;a profond\u00e9ment irrit\u00e9, d\u00e8s le 4\u00e9 de couverture, retrouv\u00e9 page 12, nous apprenons que l&rsquo;auteur est atteint d&rsquo;une maladie articulaire, une spondylarthrite ankylosante probablement, qu&rsquo;il pr\u00e9nomme HLAB29. Ce groupe d&rsquo;all\u00e8les HLA n&rsquo;existe pas. Vous pouvez <a href=\"http:\/\/www.ebi.ac.uk\/ipd\/imgt\/hla\/allele.html\">v\u00e9rifier l\u00e0<\/a>, en tapant \u00ab\u00a0B*29\u00a0\u00bb. Vous pouvez taper \u00ab\u00a0HLAB29\u00a0\u00bb dans Google, il sort en 2, le livre. Je pense qu&rsquo;il voulait \u00e9crire HLA-B27. J&rsquo;ai failli arr\u00eater \u00e0 la page 12 ma lecture. Comment croire un auteur qui n&rsquo;est pas capable de nommer correctement sa maladie. Certains patients de maladies g\u00e9n\u00e9tiques sont incapables de se souvenir du nom du g\u00e8ne qui est mut\u00e9. L&rsquo;inconscient est responsable d&rsquo;oubli toujours \u00e9tonnant. Je suis pass\u00e9 outre. J\u2019esp\u00e9rais que ce que j&rsquo;allais lire ne serait pas du niveau de HLAB29 et qu&rsquo;il \u00e9tait plus pointilleux avec ses sources qu&rsquo;avec sa maladie.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 pris par un vertige. Et si ce livre not\u00e9 \u00ab\u00a0essai\/histoire\u00a0\u00bb \u00e9tait en fait un roman. J&rsquo;ai pens\u00e9 imm\u00e9diatement \u00e0 Borges et ses mondes si bien d\u00e9crits, si document\u00e9s, avec tant de notes de bas de pages, qu&rsquo;ils auraient pu \u00eatre vrais. Et si l&rsquo;auteur avait voulu s&rsquo;amuser et nous faire passer sa vision de la souffrance en cr\u00e9ant neuf histoires. Si tout \u00e9tait uniquement cr\u00e9ation, est ce que ceci changerait quoique ce soit \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l\u2019\u0153uvre ? Oui et non. Il irait jusqu&rsquo;au bout de la logique utilisant la douleur cr\u00e9atrice comme Angelica Liddell. Quelle exp\u00e9rience fascinante alors, \u00e9blouissant, ce ne serait pas bien grave. G\u00eanant malgr\u00e9 la fascination, moi qui voulait des portes d&rsquo;entr\u00e9es pour \u00e9tayer certains de mes cours sur la douleur, je serai oblig\u00e9 de trouver une autre source.<\/p>\n<p>Amusant comment une erreur, peut-\u00eatre involontaire de l&rsquo;imprimeur qui confond un 7 avec un 9, fait naitre des id\u00e9es bizarres. Plut\u00f4t que de me laisser porter par le propos, je me retrouve \u00e0 penser aux <a href=\"http:\/\/kystes.blog.lemonde.fr\/2009\/05\/31\/onze-au-louvre-merci-m-michon\/\">Onze de Michon<\/a>, aux textes de Borges, etc. Si j&rsquo;\u00e9tais un chroniqueur s\u00e9rieux, je v\u00e9rifierai chaque histoire, chaque r\u00e9f\u00e9rence pour discerner le vrai, du faux. Malheureusement, pauvres lecteurs de ce mis\u00e9rable blog, je suis d&rsquo;une grande fain\u00e9antise.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai lu ce livre en une journ\u00e9e, en ne pouvant pas le l\u00e2cher, essai ou roman peu importe, il est passionnant. Je vous conseille sa lecture si vous vous int\u00e9ressez \u00e0 la douleur et quel soignant peut ne pas s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 la souffrance.<\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage avec ces neuf stations, plus une introduction et une fin v\u00e9locip\u00e9dique nous fait d\u00e9couvrir l&rsquo;immensit\u00e9 du champs de la souffrance. L&rsquo;histoire des \u00e9motions est un domaine tr\u00e8s excitant. Je vous conseille, en passant, la lecture de l&rsquo;excellent texte d&rsquo;Arlette Farges sur <a href=\"http:\/\/blogs.mediapart.fr\/edition\/aux-lecteurs-emancipes\/article\/241113\/arlette-farge-la-dechirure-souffrance-et-deliaison-sociale-au-xviiie-siecle\">la douleur au XVIII\u00e9 si\u00e8cle<\/a>. Ce travail est aussi dans la ligne d&rsquo;un roman qui m&rsquo;avait fascin\u00e9, <a href=\"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/?p=814\">le journal d&rsquo;un Corps<\/a> de Pennac.<\/p>\n<p>Nous allons avec de Baecque du XIV\u00e9 si\u00e8cle au XXI\u00e9 si\u00e8cle pour explorer les diff\u00e9rentes facettes de la souffrance et leurs utilisations au gr\u00e9 des besoins religieux, politiques, militaires, sexuels, artistiques. Cette exp\u00e9rience intime, une des plus subjectives qui soit, a donn\u00e9 lieu \u00e0 tant d&rsquo;interpr\u00e9tations divergentes qu&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ralisation semble impossible. Le discours sur la douleur, la plus primitive de nos sensations, n&rsquo;a pas beaucoup \u00e9volu\u00e9. Nous n&rsquo;arrivons pas \u00e0 sortir de la probl\u00e9matique douleur\/bienfait-chance ou douleur\/malheur-drame. Il y a une oscillation permanente entre ces deux p\u00f4les du bien et du mal.<\/p>\n<p>Les deux premiers personnages que nous rencontrons sont Catherine de Sienne et Ranc\u00e9. Deux religieux qui font de la souffrance une condition indispensable au salut. Ces deux exp\u00e9riences extr\u00eames permettent de mieux comprendre le discours religieux sur la douleur. Le christ a souffert, nous devons souffrir, je r\u00e9sume. Dans le d\u00e9bat actuel sur la \u00ab\u00a0mort dans la dignit\u00e9\u00a0\u00bb qui hante les m\u00e9dias depuis des ann\u00e9es d\u00e9couvrir le souci de la \u00ab\u00a0bonne mort\u00a0\u00bb du XVII\u00e9 si\u00e8cle est une r\u00e9v\u00e9lation. Bien mourir \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque et selon la r\u00e8gle de La Trappe, c&rsquo;est agoniser sans soulagement. Nous mesurons facilement la diff\u00e9rence de perception, je n&rsquo;ose pas parler d&rsquo;\u00e9volution car qui a raison? Ce d\u00e9bat sur la bonne mort ou la mort digne n&rsquo;est pas un probl\u00e8me m\u00e9dical mais un probl\u00e8me de soci\u00e9t\u00e9 et de croyance. Dans ce grand si\u00e8cle, souffrir permet d&rsquo;obtenir le salut, de rejoindre le christ. Le refus des soins et de toutes douceurs est un moyen d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le processus. La loi L\u00e9onetti n&rsquo;est pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de la r\u00e8gle trappiste (lisez ces dix points).\u00a0 Dans notre modernit\u00e9 bien mourir c&rsquo;est ne pas souffrir, c&rsquo;est d\u00e9cider du moment, c&rsquo;est la maitrise. \u00catre conscient du fait qu&rsquo;il ne peut y avoir de mort bonne de fa\u00e7on absolue, que ceci ne peut \u00eatre que relatif, d\u00e9pendant de la vision de la soci\u00e9t\u00e9, qu&rsquo;il ne peut y avoir de v\u00e9rit\u00e9 absolue devrait nous rendre humble, plut\u00f4t que p\u00e9remptoire dans un sens ou l&rsquo;autre. Au lieu d&rsquo;une bataille, nous devrions entendre un dialogue respectueux des convictions des uns et des autres, sans anath\u00e8mes et haines. Dialogue pench\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9coute d&rsquo;autrui et la construction de la meilleure solution possible pour le malade, juste faire de l&rsquo;\u00e9thique. L&rsquo;histoire est utile \u00e0 \u00e7a, se mettre \u00e0 la place des autres, se d\u00e9partir de nos pr\u00e9jug\u00e9s et tenter de comprendre une \u00e9poque pour mieux appr\u00e9hender la notre.<\/p>\n<p>Pour Catherine de Sienne, j&rsquo;ai trouv\u00e9 tr\u00e8s moderne la dimension insupportable d&rsquo;imaginer une souffrance sans stigmates. Nous avons toujours ce probl\u00e8me avec la douleur. Nous ne pouvons croire le discours douloureux que ci nous avons des preuves. Au XIV\u00e9, la pr\u00e9sence de stigmates, actuellement l&rsquo;imagerie m\u00e9dicale. Souffrir sans substratum anatomique est toujours aussi mal vu maintenant qu&rsquo;il y sept si\u00e8cles. Combien a-t-il fallu de temps pour reconnaitre la migraine comme une pathologie et je n&rsquo;ose pas parler de la d\u00e9pression? \u00c9tonnant non?<\/p>\n<p>Les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me chapitres portent sur l&rsquo;administration de la peine capitale, forme de purge sociale. Ils conduisent \u00e0 comparer\u00a0 le supplice de Damiens et l\u2019av\u00e8nement d&rsquo;un symbole r\u00e9publicain, la guillotine. L&rsquo;exposition de la douleur dans l&rsquo;espace publique ou le d\u00e9sir d&rsquo;administrer la mort sans douleur sont toujours d&rsquo;actualit\u00e9. Le d\u00e9bat autour de la repr\u00e9sentation de la douleur et au del\u00e0 de la mort dans l&rsquo;espace publique est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. Il rejoint celui qui sera expos\u00e9 au chapitre 9 avec les spectacles de Liddell. La douleur peut \u00eatre un spectacle, hier comme aujourd&rsquo;hui, permanence \u00e9vidente qui ne peux pas laisser indiff\u00e9rente. Je ne suis pas sur que le sens recherch\u00e9 soit tr\u00e8s diff\u00e9rent. Il suffit de voir comment sont mises en ligne les d\u00e9capitation par l&rsquo;\u00e9tat islamique. Faire souffrir pour expier ou ne pas faire souffrir en tuant mais publiquement pour montrer la force de l&rsquo;\u00e9tat. La douleur et la mort, si elles sont ultra-intimes, sont aussi des objets politiques, publiques. Je n&rsquo;ose pas \u00e9voquer le probl\u00e8me du biopouvoir, je vous renvoie <a href=\"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/?p=2431\">au corps march\u00e9<\/a>.<\/p>\n<p>Le cinqui\u00e8me chapitre m&rsquo;a fait d\u00e9couvrir \u00e0 travers la saign\u00e9e napol\u00e9onienne de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise la belle figure de Larrey. L&#8217;empereur de l&rsquo;amputation, le th\u00e9oricien et praticien de la m\u00e9decine de guerre, impressionnant de voir comme tout y est, ramasser vite les bless\u00e9s, d\u00e9cider vite qui op\u00e9rer et le faire au plus pr\u00e8s du cadre des combats. Larrey ampute sans anesth\u00e9sie. Nous imaginons avec horreur la douleur de ces hommes. Il est forc\u00e9ment mis en parall\u00e8le avec la figure de Leriche, grand combattant de la douleur. Op\u00e9rateur hors du commun, Leriche a invent\u00e9 la chirurgie de la douleur, physiopathologiste de g\u00e9nie, il a fait de la compr\u00e9hension des m\u00e9canismes de la douleur l&rsquo;essence de sa prise en charge.<\/p>\n<p>Le chapitre 8 est pour le m\u00e9decin contemporain le plus imm\u00e9diatement parlant. Le d\u00e9bat faut il anesth\u00e9sier totalement toute douleur ou respecter certaines douleurs est toujours d&rsquo;une actualit\u00e9 sans cesse renouvel\u00e9e. Le d\u00e9bat sur l&rsquo;usage des morphinique et la d\u00e9couverte aux USA des risques li\u00e9s \u00e0 une utilisation non raisonn\u00e9e de ces mol\u00e9cules montrent que sur ces points aussi nous n&rsquo;avons pas beaucoup \u00e9volu\u00e9. La figure repr\u00e9sente l&rsquo;\u00e9volution des d\u00e9c\u00e8s par surdosage non intentionnel aux morphiniques aux USA.<\/p>\n<div class=\"image\"><a href=\"http:\/\/www.cdc.gov\/mmwr\/preview\/mmwrhtml\/mm6101a3.htm\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cdc.gov\/mmwr\/preview\/mmwrhtml\/figures%5Cm6101a3f1.gif\" alt=\"The figure shows the rate of unintentional drug overdose deaths in the United States during 1970\u20132007. In 2007, approximately 27,000 unintentional drug overdose deaths occurred in the United States, one death every 19 minutes. Prescription drug abuse is the fastest growing drug problem in the United States. The increase in unintentional drug overdose death rates in recent years has been driven by increased use of a class of prescription drugs called opioid analgesics.\" \/><\/a><\/div>\n<p>Il est rappel\u00e9 que l&rsquo;inventeur de l&rsquo;anesth\u00e9sie fut une dentiste Horace Welles et sa tentative d&rsquo;utilisation du protoxyde d&rsquo;azote. Le m\u00e9lange entre charlatanisme et science est tr\u00e8s savoureux. Pendant que Leriche pr\u00f4ne le traitement de toute douleur en expliquant qu&rsquo;elle est toujours mauvaise, le mouvement doloriste nait et d\u00e9fend la souffrance. Il est probable que la v\u00e9rit\u00e9 soit dans une position \u00e9quilibr\u00e9e. L&rsquo;exp\u00e9rience douloureuse peut \u00eatre importante car elle montre la limite. La souffrance chronique d\u00e9truit le moi, rend fou et doit \u00eatre combattue. J&rsquo;explique aux \u00e9tudiants l&rsquo;importance de traiter la douleur pour am\u00e9liorer la prise en charge. Si vous ne traitez pas une colique n\u00e9phr\u00e9tique vous ne pourrez pas soigner correctement votre patient. Par contre il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de prescrire de la morphine pour des douleurs dentaires qui ont plut\u00f4t besoin de soins adapt\u00e9s comme une avulsion. Ce chapitre 8 est vraiment utile au m\u00e9decin.<\/p>\n<p>Je finirai avec les douleurs de l&rsquo;amour, de la passion, du masochisme. Deux chapitres y sont consacr\u00e9s. Il s&rsquo;agit de douleurs voluptueuses. L&rsquo;auteur montre la diff\u00e9rence t\u00e9nue entre souffrance et plaisir. Pour Vigny et Dorval, la passion amoureuse et sexuelle s&rsquo;accompagnent d&rsquo;une jalousie destructrice. La douleur de la jalousie est responsable de grandes souffrances. Imaginer l&rsquo;autre heureuse, jouissante dans les bras d&rsquo;un autre alors que nous nous morfondons dans l&rsquo;attente est une d\u00e9chirure psychique (Il faut lire Proust, si vous avez eu la chance de ne pas connaitre ces affres et souhaitez les d\u00e9couvrir). Elle laisse des cicatrices redoutables qui ne se referment jamais totalement. L&rsquo;\u00e9pitaphe de Marie Dorval est un bel exemple. A l&rsquo;oppos\u00e9 de la jalousie, un sentiment totalement sauvage et hors de contr\u00f4le, nous d\u00e9couvrons l&rsquo;amour contractuel et hautement r\u00e9gl\u00e9 de Sacher-Masoch. Fourrure, domination et quelques coups de fouet apportent le plaisir \u00e9rotique le plus intense \u00e0 cet \u00e9crivain autrichien. Ses jeux et son nom sont devenus \u00e0 son corps d\u00e9fendant le symbole de la perversion appel\u00e9 masochisme. A cet \u00e9poque s&rsquo;\u00e9tablit une forme de norme sexuelle, rejetant la douleur hors de la sexualit\u00e9 normale.<\/p>\n<p>Ce court r\u00e9sum\u00e9 illustre, j&rsquo;esp\u00e8re, la richesse et les nombreuses portes qu&rsquo;ouvrent ce livre. On regrette qu&rsquo;il soit trop court. La douleur, la souffrance et leur repr\u00e9sentations sont un bel objet historique. Il nous apporte \u00e9norm\u00e9ment pour comprendre nos rapports ambivalents \u00e0 cette sensation.<\/p>\n<p>Douleur recherch\u00e9e, douleur refus\u00e9e, il finit son livre sur la douleur du sportif. Cette douleur du d\u00e9passement de soi est magnifi\u00e9e dans l&rsquo;iconographie contemporaine. Sans douleur pas de champion, le reproche fait au dop\u00e9 n&rsquo;est pas de risquer sa vie mais surtout de gagner sans souffrir (vision totalement fantasmatique du l&rsquo;am\u00e9lioration de la performance soit dit en passant), sans payer le prix de sa gloire qui ne peut \u00eatre que la souffrance. Cette souffrance de la r\u00e9p\u00e9tition du geste peut devenir plaisir. Le plaisir de sentir ses muscles au bord de la rupture, de la brulure de l&rsquo;acide lactique, du souffle court et puis le moment o\u00f9 nous d\u00e9passons ce stade pour rentrer dans une autre dimension. Le grand champion est celui qui maitrise la douleur qui n&rsquo;en a plus peur. Le jour o\u00f9 il fuit la douleur, il perds. Pour tout ceux qui on fait du sport \u00e0 un certain niveau la douleur est une compagne, une maitresse retrouv\u00e9e avec une volupt\u00e9 digne de Sacher -Masoch. Une souffrance r\u00e9gl\u00e9e, programm\u00e9e, anticip\u00e9e, le sc\u00e9nario est \u00e9crit depuis longtemps. L&rsquo;exemple du cyclisme est bon, celui de la natation aussi, encore meilleur, car si sur la route il peut y avoir des impr\u00e9vus, dans les 50 m\u00e8tres de la piscine rien juste ce bleu, les bras qui tirent, les jambes qui brulent, les abdominaux qui gainent le tout en <a href=\"http:\/\/www.google.fr\/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=1&amp;cad=rja&amp;uact=8&amp;ved=0CCIQFjAAahUKEwiy2M3qyJLGAhUKQBQKHWA7ADc&amp;url=http%3A%2F%2Fperruchenautomne.eu%2Fwordpress%2F%3Fp%3D1716&amp;ei=pDl_VbL2MoqAUeD2gLgD&amp;usg=AFQjCNEFsFqb1p9g5IsSJAaBigwUZz6Jbw&amp;sig2=n4vE53HUJFjXXHON4EUjrA&amp;bvm=bv.95515949,d.d24\">qu\u00eate de la glisse<\/a>.<\/p>\n<p>Il est amusant d&rsquo;observer comme cette douleur du travail sportif est port\u00e9e au pinacle alors que la douleur professionnelle est refus\u00e9e. On peut souffrir pendant ses loisirs pas avec son m\u00e9tier. Je reste \u00e9tonn\u00e9 et un peu abasourdi de cette diff\u00e9rence de traitement. Le travail serait responsable de douleurs atroces, insupportables, destructrices. Il y a une histoire de la douleur au travail \u00e0 faire qui pourrait nous \u00e9clairer sur l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de burn out et son sens. Il me semble voir une constante, nous acceptons la douleur quand nous nous l&rsquo;infligeons volontairement, mais la douleur impos\u00e9e est responsable d&rsquo;une souffrance que nous ne savons pas\/plus sublim\u00e9e.<\/p>\n<p>Il manque une douleur, celle de la perte, celle du deuil. Douleur terrible, elle m\u00e9rite probablement un ouvrage entier.<\/p>\n<p>Je ne peux que conseiller la lecture de ce texte \u00e0 tous les m\u00e9decins, en formation, form\u00e9s ou d\u00e9form\u00e9s. Une approche historique et sociale de la douleur est un compl\u00e9ment essentiel de l&rsquo;approche m\u00e9dicale et physiologique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai achet\u00e9 ce livre pour deux raisons. La premi\u00e8re est mon int\u00e9r\u00eat pour la douleur et son histoire. Ce court ouvrage pouvait \u00eatre une bonne introduction au sujet. 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