{"id":3823,"date":"2015-08-17T17:07:27","date_gmt":"2015-08-17T16:07:27","guid":{"rendered":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/?p=3823"},"modified":"2015-08-17T17:07:27","modified_gmt":"2015-08-17T16:07:27","slug":"lectures-de-vacances-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/2015\/08\/17\/lectures-de-vacances-2\/","title":{"rendered":"Lectures de vacances"},"content":{"rendered":"<p>J&rsquo;aime lire, les vacances sont un bon moment, plus de calme, moins de pr\u00e9occupations. Cette ann\u00e9e, je n&rsquo;ai pas \u00e9norm\u00e9ment lu, trop occup\u00e9 au plaisir du voyage en famille. J&rsquo;\u00e9tais parti avec 5 livres.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai commenc\u00e9 par Kafka. L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode, j&rsquo;avais lu le Proc\u00e8s et j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9. Je voulais faire un note qui n&rsquo;est rest\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;\u00e9bauche, comme beaucoup de choses, dans ma t\u00eate. Je suis parti avec un recueil de nouvelles dont le titre est \u00ab\u00a0Dans la colonie p\u00e9nitentiaire et autres nouvelles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div class=\"_aOd rg_ilm\" data-ved=\"0CCIQ9wswAGoVChMIwvW7xbWwxwIVDB8aCh1xngxf\"><\/div>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" id=\"il_fi\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/img.livraddict.com\/covers\/14\/14292\/couv62811918.jpg\" alt=\"\" width=\"213\" height=\"350\" \/>Il contient la majorit\u00e9 des textes publi\u00e9s du vivant de l&rsquo;auteur. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 lu ces courts textes, il y a une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9e. Je les relis avec plus de plaisir, la patine du temps m&rsquo;a am\u00e9lior\u00e9 comme lecteur. Relire apr\u00e8s une longue p\u00e9riode est agr\u00e9able, je connais, mais je d\u00e9couvre des d\u00e9tails ou des \u00e9vidences car j&rsquo;ai chang\u00e9, \u00e9volu\u00e9. La garce de vie nous a jou\u00e9 tant de tours que je suis un peu moins pr\u00e9tentieux, plus ouvert. Ces nouvelles sont g\u00e9niales. Elles sont terribles et si justes sur la folie humaine. Kafka est un \u00e9crivain de grand talent. En quelques lignes, vous voyez la machine et le lieu d\u00e9sertique qui l&rsquo;accueille, vous \u00eates le m\u00e9decin couch\u00e9 aupr\u00e8s de la plaie b\u00e9ante de son patient, vous \u00eates dans le d\u00e9sert avec les chacals. Chacun lit dans Kafka ce qu&rsquo;il veut,ceci est du au g\u00e9nie de ce terrible praguois. Je suis convaincu que tout m\u00e9decin devrait avoir lu Kafka, tant il en dit sur notre pratique, sur la perception des autres et sur la psychologie humaine. Je relis toujours avec plaisir et bonheur \u00ab\u00a0le verdict\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0un m\u00e9decin de campagne\u00a0\u00bb, je vous les conseille.<\/p>\n<p>Passage \u00e0 un tout autre genre, de la science fiction, du space op\u00e9ra, l&rsquo;\u00e9veil du L\u00e9viathan (the expanse 1) par James SA Corey, premier volume de la s\u00e9rie the expanse.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" id=\"il_fi\" class=\" aligncenter\" src=\"https:\/\/ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.ssl.cf1.rackcdn.com\/attachments\/large\/6\/9\/3\/003438693.jpg\" alt=\"\" width=\"310\" height=\"497\" \/><\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit de SF moderne avec une position tr\u00e8s critique du mod\u00e8le lib\u00e9ral et du lobby techno-scientifique, le tout dans un m\u00e9lange de space op\u00e9ra assez conventionnel avec combat de vaisseau, de vie extraterrestre type Alien touill\u00e9 avec une bonne dose de personnage de polar assez classique. Le gloubiboulga pourrait paraitre indigeste, la pi\u00e8ce mont\u00e9e fonctionne tr\u00e8s bien. Les h\u00e9ros sont attachants, l&rsquo;intrigue se tient et l&rsquo;\u00e9criture est agr\u00e9able. La fin permet de boucler le tome sans suspens inutile mais donne tr\u00e8s envie de lire la suite. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une r\u00e9ussite.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me livre est un classique de la litt\u00e9rature cubaine, \u00ab\u00a0Contrebande\u00a0\u00bb d&rsquo;Enrique Serpa.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" id=\"il_fi\" class=\" aligncenter\" style=\"padding-right: 8px; padding-top: 8px; padding-bottom: 8px;\" src=\"http:\/\/www.renaud-bray.com\/ImagesEditeurs\/PG\/1457\/1457766-gf.jpg\" alt=\"\" width=\"314\" height=\"497\" \/><\/p>\n<p>Un roman \u00e9trange et fascinant, aussi fascinant que le h\u00e9ros auquel le narrateur aimerait tant ressembler, le requin, \u00e0 moins que le vrai h\u00e9ros soit la mer, peut \u00eatre l&rsquo;humanit\u00e9, en tout cas c&rsquo;est un roman peu banal. Il montre la mis\u00e8re cubaine, d\u00e9j\u00e0, l&rsquo;\u00e9crasement par l&rsquo;ogre am\u00e9ricain, qui feront le lit de la r\u00e9volution. Et puis il y a le narrateur, anti h\u00e9ros, d\u00e9sagr\u00e9able dans ces atermoiements permanents, jamais sympathique mais que l&rsquo;on suit, car nous lui ressemblons tous. Il est tr\u00e8s humain, il est l&rsquo;illustration de nos petites l\u00e2chet\u00e9s, nos faiblesses, nos hontes, nos d\u00e9sirs, notre incapacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre \u00e0 la hauteur de nos r\u00eaves ou de nos espoirs. Toujours pr\u00e8s \u00e0 faillir, soutenu par l&rsquo;image h\u00e9ro\u00efque est romanesque du requin, comme si nous avions toujours besoin de litt\u00e9rature pour avancer un pas de plus. Roman violent, roman naturaliste, l&rsquo;auteur a un rare talent de la description. La nature, la mer, les hommes sont en majest\u00e9 m\u00eame les plus sales, les plus humbles, les plus r\u00e9pugnants, la litt\u00e9rature les parent d&rsquo;une beaut\u00e9 \u00e9tonnante, dans un \u00e9crin de ciel et de mer qui donne envie de partir sur la Buena Ventura charg\u00e9e de mauvais rhum pour une Am\u00e9rique encore au r\u00e9gime sec. Beau roman.<\/p>\n<p>Retour \u00e0 la science fiction, ici plut\u00f4t tendance Dark, un huis clos dans un espace qui est le monde, \u00ab\u00a0Silo\u00a0\u00bb de Hugh Howey.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" id=\"il_fi\" class=\" aligncenter\" style=\"padding-right: 8px; padding-top: 8px; padding-bottom: 8px;\" src=\"http:\/\/ecx.images-amazon.com\/images\/I\/51wjD-Fp96L._SL160_.jpg\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"160\" \/><\/p>\n<p>J&rsquo;aime ces auteurs qui font mourir le h\u00e9ros auquel on commence \u00e0 s&rsquo;attacher \u00e0 la page 53 sur 640. Il a en plus le bon gout, contrairement \u00e0 l&rsquo;auteur du tr\u00f4ne de fer, de ne pas trop r\u00e9p\u00e9ter l&rsquo;exercice. Les gens meurent, d&rsquo;autres survivent. Il dessine en un monde tr\u00e8s coh\u00e9rent, fort, tr\u00e8s angoissant, encore de la critique sociale de notre monde. La place du DIT est assez proche de celle qu&rsquo;on imagine dans les th\u00e9ories complotistes pour les gafa ou les puissances occultes de la finance. Les m\u00e9chants sont tr\u00e8s m\u00e9chants, les gentils, tr\u00e8s gentils, et puis \u00e7a se brouille, \u00e7a devient moins net, l\u2019image se trouble, plus de subtilit\u00e9 \u00e9merge. Les raisons se d\u00e9voilent, on se surprend \u00e0 comprendre le tr\u00e8s m\u00e9chant, \u00e0 douter de la gentille h\u00e9ro\u00efne. Le paysage se grise, rien n&rsquo;est simple. L&rsquo;auteur a du talent, beaucoup de talent. La narration est de qualit\u00e9, bien qu&rsquo;il ne maitrise pas toujours bien la temporalit\u00e9. Ce n&rsquo;est que le premier tome de la trilogie comme pour the expanse. Les livres pas encore achet\u00e9s s&rsquo;accumulent, je suis inquiet pour mes nuits.<\/p>\n<p>Enfin, j&rsquo;ai fini dans une \u00e9trange boucle avec encore un auteur praguois, Jana Cern\u00e1 et \u00ab\u00a0Son pas dans le cul, aujourd&rsquo;hui\u00a0\u00bb.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" id=\"il_fi\" class=\" aligncenter\" style=\"padding-right: 8px; padding-top: 8px; padding-bottom: 8px;\" src=\"http:\/\/www.lacontreallee.com\/sites\/default\/files\/PasDansLeCul_CouvertureHD_0.jpg\" alt=\"\" width=\"353\" height=\"497\" \/><\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une longue lettre d&rsquo;amour. Amour intellectuel, charnel, physique, certains parleront de pornographie, je ne crois pas, elle est crue car elle aime cet homme. L&rsquo;amour, c&rsquo;est aussi \u00e7a, osez dire ce que l&rsquo;on d\u00e9sire car j&rsquo;ai confiance, une confiance aveuglement lucide en l&rsquo;autre. Le texte est superbe port\u00e9e par un d\u00e9sir intense. Il est tr\u00e8s \u00e9mouvant et excitant. Le courage qu&rsquo;il faut pour \u00e9crire \u00e7a \u00e0 un homme dans le contexte historique de l&rsquo;\u00e9poque. Jana Cerna a une libert\u00e9, un refus de la convention, une puissance \u00e9rotique, qui aujourd&rsquo;hui en nos temps de dictature molle de la masse font du bien. Il faut la lire d&rsquo;un trait. Vous soutiendrez, en plus, un chouette \u00e9diteur. J&rsquo;avais commenc\u00e9 avec un tch\u00e8que \u00e9crivant allemand, je finis avec une tch\u00e8que \u00e9crivant en tch\u00e8que. Elle est la fille d&rsquo;une certaine Milena qui a re\u00e7u, elle aussi, des lettres troublantes d&rsquo;un pr\u00e9nomm\u00e9 Franz.<\/p>\n<p>Elles \u00e9taient vraiment bien ces vacances.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/pEK_33Wpu1kpuH0zPKKnTXzbUfrG6Z3_H0ApQdyzWdg=w800-h498-no\" alt=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/pEK_33Wpu1kpuH0zPKKnTXzbUfrG6Z3_H0ApQdyzWdg=w800-h498-no\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;aime lire, les vacances sont un bon moment, plus de calme, moins de pr\u00e9occupations. Cette ann\u00e9e, je n&rsquo;ai pas \u00e9norm\u00e9ment lu, trop occup\u00e9 au plaisir du voyage en famille. J&rsquo;\u00e9tais parti avec 5 livres. J&rsquo;ai commenc\u00e9 par Kafka. 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