{"id":4792,"date":"2016-03-24T19:11:36","date_gmt":"2016-03-24T18:11:36","guid":{"rendered":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/?p=4792"},"modified":"2016-10-18T12:38:43","modified_gmt":"2016-10-18T11:38:43","slug":"alain-mabanckou-nous-accueille-au-college-de-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/2016\/03\/24\/alain-mabanckou-nous-accueille-au-college-de-france\/","title":{"rendered":"Alain Mabanckou nous accueille au coll\u00e8ge de France."},"content":{"rendered":"<p>Cette ann\u00e9e, les le\u00e7ons inaugurales de cette respectable maison font du bruit. Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9mouvante et <a href=\"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/?p=4601\">\u00e9rudite le\u00e7on de Patrick Boucheron<\/a>, voici l&rsquo;arriv\u00e9e du premier romancier professeur au coll\u00e8ge de France, alain Mabanckou. J&rsquo;ai lu un seul de ses romans que j&rsquo;avais beaucoup aim\u00e9, \u00ab\u00a0Verre Cass\u00e9\u00a0\u00bb. R\u00e9cemment, j&rsquo;ai lu la tr\u00e8s belle pr\u00e9face qu&rsquo;il a offert \u00e0 <a href=\"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/?p=4712\">\u00ab\u00a0Une col\u00e8re noire\u00a0\u00bb<\/a>. Il est arriv\u00e9 le temps de la le\u00e7on inaugurale. <a href=\"http:\/\/www.college-de-france.fr\/site\/alain-mabanckou\/inaugural-lecture-2016-03-17-18h00.htm\">Elle fut tr\u00e8s belle<\/a>. Il a une tr\u00e8s belle voix, douce et profonde. Il a mis un peu d&rsquo;humour, grin\u00e7ant et noir, de la sensualit\u00e9, de l&rsquo;\u00e9rudition, de l&rsquo;\u00e9motion. Cette le\u00e7on m&rsquo;a fait toucher du doigts mon inculture. Je dois absolument \u00e9couter ses cours. J&rsquo;ai eu l&rsquo;impression de d\u00e9barquer dans un monde inconnu, il citait des auteurs dont je n&rsquo;avais jamais entendu parler. J&rsquo;ai eu tr\u00e8s honte de ne connaitre que C\u00e9saire, Sanghor parmi la constellation d&rsquo;\u00e9toiles que compte la litt\u00e9rature africaine de langue fran\u00e7aise. J&rsquo;allais oubli\u00e9 le formidable livre de\u00a0<a href=\"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/?p=2749\">Boubacar Boris Diop \u00ab\u00a0Murambi, le livre des ossements\u00a0\u00bb<\/a>.<\/p>\n<p>Cette le\u00e7on est une belle exp\u00e9rience d&rsquo;ouverture au monde. Nous avons la chance de vivre, en ce pays, en paix. Nous devons tout faire pour la prot\u00e9ger. J&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 en \u00e9coutant la basse profonde de Mabanckou, que comme pour l\u2019Am\u00e9rique, la n\u00e9gritude ne nous est pas \u00e9trang\u00e8re. Elle est constitutive de notre nation, de notre histoire, ne serait ce que par le prix du sang vers\u00e9 et pas la beaut\u00e9 de la langue \u00e9crite. En commen\u00e7ant, par la figure de Banania, il nous a envoy\u00e9 au visage tous nos st\u00e9r\u00e9otypes. Il a continu\u00e9, tranquillement, gentiment, sans haine ni violence, \u00e0 entasser les fautes du colonisateur, les clich\u00e9s. Trop fut\u00e9 pour tomber dans le pi\u00e8ge du clich\u00e9s contre clich\u00e9s, il tisse sa toile pour capturer les politiques qui disent n&rsquo;importe quoi et surtout que l&rsquo;homme africain n&rsquo;a pas su rentrer dans l&rsquo;histoire. Il montre brillamment avec sa voix de conteur \u00e0 quel point ceci est faux. L&rsquo;esclavage fait parti de notre culture, de notre histoire. Nous avons transform\u00e9 des hommes en objets. Nous avons transform\u00e9 des corps en monnaie d&rsquo;\u00e9changes. Nous avons sacrifi\u00e9 nos id\u00e9aux sur le b\u00e9n\u00e9fice. Nous n&rsquo;avons pas \u00e0 nous excuser, car c&rsquo;est trop facile. J&rsquo;ai demand\u00e9 pardon et je peux recommencer sans soucis. Ne nous excusons pas de l&rsquo;inexcusable, par contre faisons de la place \u00e0 ceux que nous avons opprim\u00e9s. Nous ne sommes ni sup\u00e9rieur, ni inf\u00e9rieur, nous sommes juste \u00e9gaux.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai beaucoup aim\u00e9 cette lecture. Elle m&rsquo;a donn\u00e9 le plaisir de d\u00e9couvrir un monde entier de litt\u00e9rature que je ne connais pas. Il est toujours agr\u00e9able, m\u00eame si c&rsquo;est un peu angoissant, de voir l&rsquo;inconnu. Plut\u00f4t que le rejeter, accueillons le. Il a probablement plus \u00e0 nous apprendre sur nous que le rab\u00e2ch\u00e9, le rebattu. J&rsquo;ai aim\u00e9 avoir honte de mon inculture. J&rsquo;ai tant de chose encore \u00e0 d\u00e9couvrir. J&rsquo;ai rajeuni. Je suis redevenu un petit gar\u00e7on \u00e0 qui on montre un tas de livres pleins de nouveaux mondes, de nouvelles aventures. Quel bonheur, quelle excitation de rencontrer l&rsquo;autre et sa litt\u00e9rature.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Merci M Mabanckou de cette tr\u00e8s belle le\u00e7on d&rsquo;humanit\u00e9, d&rsquo;ouverture au monde. Nous en avons besoin en ces moments d&rsquo;incertitudes, en ces moments de tentations d&rsquo;exclusion. Nous ne nous en sortirons pas comme \u00e7a. Lisons, produisons de la science, du savoir, de la connaissance, prenons du plaisir \u00e0 partager, \u00e0 d\u00e9couvrir le myst\u00e9rieux. Expliquons, comprenons, encore et toujours. Ouvrons les portes pour faire entrer le soleil de la langue partag\u00e9e, de la langue inconnue. Ouvrons les fen\u00eatres, pour d\u00e9poussi\u00e9rez nos vieilles lunes, pour que rentre des odeurs d&rsquo;\u00e9pices, de fleurs. Que la magie des mots nous r\u00e9unissent \u00e0 l&rsquo;ombre d&rsquo;un murier pour raconter nos histoires d&rsquo;ici, d&rsquo;ailleurs, d&rsquo;hier et de demain, pour que le pr\u00e9sent soit notre maison commune, habitants d&rsquo;un seul et <a href=\"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/?p=4353\">m\u00eame petit point bleu<\/a>.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/51960515?color=eebb22\" width=\"500\" height=\"281\" frameborder=\"0\" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/vimeo.com\/51960515\">Pale Blue Dot<\/a> from <a href=\"https:\/\/vimeo.com\/thisisorder\">ORDER Productions<\/a> on <a href=\"https:\/\/vimeo.com\">Vimeo<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette ann\u00e9e, les le\u00e7ons inaugurales de cette respectable maison font du bruit. Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9mouvante et \u00e9rudite le\u00e7on de Patrick Boucheron, voici l&rsquo;arriv\u00e9e du premier romancier professeur au coll\u00e8ge de France, alain Mabanckou. J&rsquo;ai lu un seul de ses romans que &hellip; <a href=\"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/2016\/03\/24\/alain-mabanckou-nous-accueille-au-college-de-france\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":true,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[34],"tags":[1830,1585,1829],"class_list":["post-4792","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-litterature","tag-afrique","tag-litterature","tag-mabanckou"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p1l1zM-1fi","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4792","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4792"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4792\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4798,"href":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4792\/revisions\/4798"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4792"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4792"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4792"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}