{"id":5134,"date":"2016-09-05T17:27:39","date_gmt":"2016-09-05T16:27:39","guid":{"rendered":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/?p=5134"},"modified":"2016-09-05T19:44:14","modified_gmt":"2016-09-05T18:44:14","slug":"un-aspect-de-mon-metier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/2016\/09\/05\/un-aspect-de-mon-metier\/","title":{"rendered":"Un aspect de mon m\u00e9tier"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/docteurdu16.blogspot.fr\/\">Un lecteur<\/a> a laiss\u00e9 un int\u00e9ressant <a href=\"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/?p=5130#comments\">commentaire<\/a> sous <a href=\"https:\/\/perruchenautomne.eu\/wordpress\/?p=5130\">ma derni\u00e8re note<\/a>. Il a relanc\u00e9 une vieille id\u00e9e de post. Je le remercie, les id\u00e9es naissent du dialogue.<\/p>\n<p>Dans ce commentaire, il diff\u00e9rencie m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale et m\u00e9decine hospitali\u00e8re. La diff\u00e9rence serait essentiellement sur la dur\u00e9e du suivi ou sur le fait de connaitre le soign\u00e9 non malade. Le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste connait son patient au long cours alors que le sp\u00e9cialiste hospitalier ne fait que dans l&rsquo;aigu.<\/p>\n<p>Je ne vais parl\u00e9 que pour moi et ma vision de la n\u00e9phrologie.<\/p>\n<p>La n\u00e9phrologie est n\u00e9e du traitement de l&rsquo;insuffisance r\u00e9nale chronique. Il y a une vraie concomitance des temps entre l&rsquo;apparition de la sp\u00e9cialit\u00e9 et l&rsquo;apparition de la dialyse chronique et de la transplantation. Notre sp\u00e9cificit\u00e9 est la prise en charge de la maladie r\u00e9nale chronique. Je suis convaincu que nous prenons bien en charge l&rsquo;hypertension art\u00e9rielle mais les cardiologues ont r\u00e9ussi depuis longtemps le hold-up, les maladies lithiasiques mais les urologues en verront toujours plus que nous, les maladies auto-immunes&nbsp; mais combien d&rsquo;internistes pensent que nous sommes totalement inutiles voir nocifs pour les patients. Il reste les patients avec une insuffisance r\u00e9nale chronique qu&rsquo;\u00e9trangement aucun sp\u00e9cialiste ne viennent nous disputer. Dans insuffisance r\u00e9nale chronique, il y a chronique. Nous suivons des patients de fa\u00e7on chronique. Ce qui m&rsquo;a attir\u00e9 dans la sp\u00e9cialit\u00e9 est le fait que m\u00eame si l&rsquo;organe d&rsquo;int\u00e9r\u00eat est mort, l&rsquo;histoire peut continuer et longtemps. Forcement, on s&rsquo;int\u00e9resse aussi un peu aux autres organes du coup. L&rsquo;approche holistique m&rsquo;a bien plus. Je dois beaucoup \u00e0 mon chef de service qui m&rsquo;a fait aimer cette fa\u00e7on de voir le patient, pas par le petit bout de l&rsquo;uret\u00e8re mais de fa\u00e7on globale.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai eu la chance de faire mon deuxi\u00e8me choix d&rsquo;interne en dialyse. J&rsquo;ai beaucoup aim\u00e9 \u00e7a, le suivi au quotidien de patients, les voir trois fois par semaine, les connaitre bien, discuter avec eux des petits riens de la vie ou des grandes \u00e9motions. Ensuite, j&rsquo;ai suivi d&rsquo;autres voies de la sp\u00e9cialit\u00e9. Je connais certains patients depuis que je suis pass\u00e9 externe ou interne dans le service . Ce qui commence \u00e0 faire quelques ann\u00e9es. Je vois toujours en consultation une patiente que j&rsquo;ai connu alors qu&rsquo;elle \u00e9tait dans un retour de transplantation compliqu\u00e9e en 1994, nous sommes en 2016. Je crois que je connais pas mal de choses de sa vie, jamais comme son m\u00e9decin traitant, mais quelques petites choses, comme les mariages, les naissances de petits enfants, etc. Elle va bien, je la vois tous les trois \u00e0 quatre mois. On discute pas vraiment de sa fonction r\u00e9nale, avec sa cr\u00e9atinine \u00e0 70 \u00b5mol\/l. Elle n&rsquo;est pas malade au sens aigu du terme, je fais du suivi. Je rappelle deux trois petites choses. Je renouvelle des ordonnances. Suivi long, patiente en pleine forme, elle pourrait tout \u00e0 fait \u00eatre suivi par un non sp\u00e9cialiste, sauf qu&rsquo;elle ne veut pas. Depuis 2004 je vois un patient qui fut d&rsquo;abord longuement hospitalis\u00e9 pour une maladie rare et qui a eu la chance de pouvoir ne pas rester en dialyse. Juste avant mes vacances, sa femme m&rsquo;envoie un mail pour me dire qu&rsquo;il a fait une crise d\u2019\u00e9pilepsie dans un autre CHU et qu&rsquo;on leur a dit de faire des examens compl\u00e9mentaires. Je me suis occup\u00e9 d&rsquo;organiser l&rsquo;IRM, l&rsquo;EEG, de trouver un avis neuro rapide et malheureusement neurochir puis de faire le scanner TAP car le gentil m\u00e9ningiome s&rsquo;est transform\u00e9 en m\u00e9chante m\u00e9tastase.Il n&rsquo;y a strictement rien de n\u00e9phrologique dans tout \u00e7a&#8230;<\/p>\n<p>J&rsquo;ai toujours refus\u00e9 d&rsquo;\u00eatre le m\u00e9decin traitant et je refuse syst\u00e9matiquement d&rsquo;\u00eatre le m\u00e9decin traitant des patients que je suis m\u00eame au long cours. Je veux qu&rsquo;ils aient un g\u00e9n\u00e9raliste, mais quand ce dernier se d\u00e9fausse syst\u00e9matiquement en disant il faut l&rsquo;avis du n\u00e9phrologue, forc\u00e9ment, ils ne vont plus trop le voir. Je trouve \u00e7a dommage. Je suis convaincu que la profondeur de la relation est plus importante avec le MG qu&rsquo;avec le sp\u00e9cialiste, mais parfois nous faisons du soin primaire. Quand le transplant\u00e9 vient \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de jour pour une rhinopharyngite, je ne fais pas de la grande n\u00e9phrologie. Je pense que ceci fait partie du job, savoir encore soigner les petits bobos. Je reconnais que je suis tr\u00e8s mauvais en orthop\u00e9die.<\/p>\n<p>J&rsquo;aime mon m\u00e9tier car il permet de suivre des patients pendant longtemps. Pour moi la r\u00e9ussite, c&rsquo;est quand je vois arriver une jeune femme suivie depuis plusieurs ann\u00e9es avec des choses compliqu\u00e9es, des moments tr\u00e8s difficiles, maladie grave, passage en dialyse, transplantation, avec dans ses bras, un b\u00e9b\u00e9, que tout le personnel a envie de voir. Je ne suis jamais seul une grossesse comme un g\u00e9n\u00e9raliste peut le faire. Je n&rsquo;ai pas les comp\u00e9tences par contre j&rsquo;apporte chez ses femmes \u00e0 risque une certaine connaissance \u00e0 mes coll\u00e8gues obst\u00e9triciens.<\/p>\n<p>Il me semble qu&rsquo;on peut faire de la m\u00e9decine hospitali\u00e8re et suivre des patients au long cours en les connaissant bien voir tr\u00e8s bien. Je n&rsquo;aurai jamais la proximit\u00e9 qu&rsquo;a pu avoir mon p\u00e8re quand il \u00e9tait g\u00e9n\u00e9raliste avec ses patients, mais je peux avoir une vraie relation avec certains. Il n&rsquo;y a pas une diff\u00e9rence intrins\u00e8que entre m\u00e9decine de ville et hospitali\u00e8re. Le but est de faire le soin le mieux adapt\u00e9 \u00e0 une personne malade donn\u00e9e. Ceux sont les soignants qui font la diff\u00e9rence ou l&rsquo;identit\u00e9 entre ville et h\u00f4pital. J&rsquo;ai le sentiment que la m\u00e9decine reste et restera une histoire de personnes qui se rencontrent.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un lecteur a laiss\u00e9 un int\u00e9ressant commentaire sous ma derni\u00e8re note. Il a relanc\u00e9 une vieille id\u00e9e de post. Je le remercie, les id\u00e9es naissent du dialogue. Dans ce commentaire, il diff\u00e9rencie m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale et m\u00e9decine hospitali\u00e8re. 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