Premier livre d’une, j’espère, bonne année deux mille douce

Je souhaite à tous mes lecteurs et aux autres, une bonne année 2012 sous le soleil et surtout en bonne santé.

Mon année 2011 ne ce finit pas bien. Le dernier mail que j’ai reçu est un papier refusé. Je suis toujours abattu après un rejet. J’espère que 2012 sera meilleure pour les publications. J’ai aussi perdu 15 jours de travail sur un projet de PHRC, un problème de sauvegarde. J’ai les boules. Je vais faire plus de back-up…

J’ai lu un formidable petit livre pour débuter l’année. Il ne m’a pas forcément remonté le moral. Je le conseille à tous les amoureux de Franz Kafka. Il s’agit de ses Aphorismes (éditions Joseph K. dans la collection métamorphoses).

Ces sentences courtes sont un concentré de sa pensée. Vous retrouverez son écriture et ses thèmes favoris. Ces phrases annoncent et contiennent les romans. Il est difficile pour moi de parler de cet auteur tant il m’est proche.

Je vous propose pour commencer l’année quelques uns de ces aphorismes.

Aphorisme 5: A partir d’un certain point il n’est plus de retour. C’est ce point qu’il faut atteindre.

Aphorisme 24: Le bonheur c’est de comprendre que la place que tu occupes ne peut être plus grande que ce que peuvent recouvrir tes deux pieds.

Aphorisme 48: Croire au progrès ne veut pas dire croire qu’un progrès s’est déjà produit: ce ne serait qu’une croyance.

Aphorisme 55: Que l’on cherche à trichez au minimum, que l’on reste dans la mesure commune ou que l’on cherche à tricher au maximum, tout est tromperie. Dans le premier cas on trompe le bien en voulant s’en faciliter par trop l’accès mais on trompe tout autant le mal en lui imposant un combat à des conditions par trop inégales. Dans le second cas le bien est floué: on ne cherche même pas à l’atteindre ici-bas. Dans le troisième cas on trompe le bien en s’éloignant de lui autant qu’il est possible et le mal en espérant le réduire à l’impuissance en fixant la mise très haut. A tout prendre la seconde solution serait préférable car l’on trompe toujours le bien mais apparemment, dans ce cas, pas le mal.

Aphorisme 90: Il y a deux possibilités: se faire infiniment petit ou l’être. La seconde est un achèvement, elle est inaction, la première est un commencement, elle est action.

Aphorismes « Er »

p.51: Il a le sentiment qu’en vivant il obstrue son propre chemin. C’est dans cet obstacle même qu’il puise la preuve qu’il vit.

p.55-57: Il ne vit pas de sa propre vie, il ne pense pas de sa propre pensée. On dirait qu’il vit et pense sous les instances d’une famille qui regorge de forces vitales et de capacités intellectuelles mais pour qui il représente une nécessité formelle suivant une loi de lui inconnue. Et cette famille inconnue, et cette loi inconnue empêchent qu’on le laisse partir.

p. 57-59: Il refuse le réconfort, non parce qu’il n’en veut point -qui n’en voudrait pas?- mais parce que rechercher le réconfort signifie y consacrer sa vie, vivre à la marge de son existence, pour ainsi dire en dehors; c’est ne presque plus savoir pour qui l’on est en quête de réconfort et donc ne même plus être capable d’en trouver un efficace, efficace et pas authentique, car de tel point n’existe.

p. 61: L’étroitesse de la conscience est due à une exigence sociale.

p. 61: Nous avons toujours la capacité de dire non. C’est, chez l’homme, l’expression la plus naturelle d’un tempérament de lutteur qui se transforme, se renouvelle, s’éteint et renait sans cesse. La capacité de dire non mais pas le courage. Pourtant vivre c’est dire non, dire non est une affirmation.

Je souhaite que ces quelques lignes vous donneront l’envie de lire la suite. La pensée de Kafka est toujours d’actualité. Confrontation de l’individu à lui même (et ses autres qui pourraient ou voudraient être) et confrontation de l’individu à la société (famille, institutions …) sont deux bonnes raisons de lire et relire le maitre praguois.

Bonne année de lecture.

 

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3 réponses à Premier livre d’une, j’espère, bonne année deux mille douce

  1. John Snow dit :

    Psychanalyse à deux balles:
    le mot « sentence » est fortement signifiant: en anglais (langue de la publication scientifique) il se traduit par « phrase », le sens que tu lui donnes dans le contexte. Mais en français, il est également synonyme d’aphorisme, alors que son sens le plus connu est quand même celui du verdict.
    En pensant à tous ces foutus verdicts du début du billet et l’association d’idée qui en découle, pas étonnant que le bouquin te parle, non?

    Te souhaitant des sentences plus favorables pour l’année à venir, accepte donc mes meilleurs voeux!

    • PUautomne dit :

      Merci pour les voeux et le commentaire.
      J’avais utilisé sentence dans son sens d’aphorisme. je n’avais pas pensé aux autres explications, mais pourquoi pas. L’inconscient et le langage sont un vieux couple.

  2. chantal dit :

    J’apprécie bien ceux des pages 55-57 et 57-59, ainsi « la capacité de dire non mais pas le courage ». Dire non est facile à dire et les conséquences peuvent être gigantesques, dans certains cas, sous certaines conditions.

    Je vous souhaite une année heureuse avec votre petite famille.

    Bonne soirée

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