Dans mon lecteur de podcast trainaient des podcasts que je n’avais écoutés. J’ai pris du temps pour les écouter et je ne le regrette pas.
La grande traversée sur Victor Hugo est formidable. Je connais mal Hugo. J’ai lu les misérables, quelques poèmes et les pamphlets sur Napoléon le petit. Ma culture hugolienne s’arrêtait là. En cinq heures, j’ai beaucoup appris sur l’homme, le père, l’amant et surtout l’écrivain. Entendre des passionnés parler de leur auteur fétiche donne envie de tout lire. Je vais prendre du temps pour lire les travailleurs de la mer. Hugo avait une vision politique d’avant garde, abolition de la peine de mort, vote des femmes, destruction de la misère. Son combat contre la dictature napoléonienne est d’actualité. Quand j’ai écouté comment le prince président est devenu dictateur largement soutenu par les forces de l’argent de l’époque après avoir fait rêvé la France à une grandeur retrouvée et fantasmée. Ceci ne vous fait pas penser à quelque chose? Oui Hugo est toujours d’actualité car ses grands combats n’ont pas tous abouti.
J’ai écouté une autre grande traversée sur Marcel Proust intitulé marcel Proust cousu main. Je connais un peu mieux proust que Hugo. Cette série de 5 émissions est remarquable par son contenu mais surtout par sa forme car il y a quelque chose de proustien dans la manière de coudre les interventions. Comme pour rentrer dans la recherche, il vous faudra un peu de temps pour saisir le rythme et l’apprécié mais une fois passé les 20 premières minutes vous aurez envie d’écouter encore ses proustiens vous parler de ce texte incroyable. J’ai compris pourquoi je me suis arrêter à la prisonnière en écoutant l’émission. Là aussi j’ai très envie de reprendre la lecture. J’ai retrouvé l’humour de proust car on oubli souvent de le dire c’est un texte terriblement drole. Il faut à mon avis le voir comme ça pour rentrer dedans et retrouver les sentiments éternels qu’il a su mettre en mots. C’est franchement passionnant. Durant toute l’émission j’ai pensé à Perec et arrivé à la fin je me suis dit que je n’avais pas fait fausse route.
J’ai écouté une autre grande traversée de l’été 2024, Kafka, métamorphosé. Je connais un peu mieux que les deux précédents. Les cinq heures d’émission vous donneront encore une fois envie d’explorer ce monde d’encre et de papier. La construction est remarquable et s’interroge sur les différents points de la vie, la relation à la famille, à l’écriture, comment le travail a nourri l’œuvre, le rapport aux femmes et donc à la sexualité et l’incroyable anticipation du totalitarisme et de son coté délirant. Le procès reste à mon avis le texte long le plus incroyable et une lecture indispensable pour les médecins, pour toute personne voulant toucher du doigt la complexité du monde et le fonctionnement totalitaire. Il y a bien évidement ses nouvelles mais aussi ses aphorismes et son journal qui restent un sommet de la littérature mondial. On ne remerciera jamais son ami, Max Brod, de ne pas avoir écouté ses dernières volontés de tout détruire. Je vous conseille aussi en passant l’écoute de « J’irai chercher Kafka » de Léa Venstein sur les aventures rocambolesques des originaux de Kafka.
Le point commun entre ces grandes traversées en dehors de porter sur des monstres de la littérature est d’avoir étaient faites par Christine Lecerf. Je la remercie de tout mon coeur de la qualité de ses émissions et de la transmission de son amour de la littérature et des hommes et femmes qui la font. Je ne peux que vous conseille d’écouter ses autres productions pour France Culture.
