Hydratis ou l’attrape couillon

Entendre parler d’hydratation dans les médias est un véritable bonheur. Grace à Europe 1, j’ai découvert Hydratis et son patron (https://twitter.com/i/status/1308372567414247424). J’ai rarement entendu autant de conneries sur le sujet en une minute. On parle déshydratation, j’imagine, bêtement, qu’on parle de déshydratation intracellulaire (pour préciser, désolé je suis néphrologue).

Je suis heureux d’apprendre que 75% des français sont déshydratés, ce qui sous entend que 75% des français ont une natrémie supérieure à 145 mmol/l (définition de la déshydratation intracellulaire, en toute rigueur il faudrait utiliser l’osmolalité plasmatique). Je vois pas mal de ionogramme sanguin de patients avec des maladies rénales et l’hypernatrémie reste un désordre hydroélectrolytique rare et pour cause nous avons un mécanisme de défense très efficace, la soif. Cette allégation est fausse et ne repose sur rien.

Le CEO de cette magnifique société dit que « si on a soif c’est trop tard, on est déshydraté ». Ceci est totalement faux. La soif apparaît avant que nous n’ayons une natrémie à 145 mmol/l donc avant d’être déshydraté. Si on parle en osmolalité plasmatique, le seuil pour la déshydratation intracellulaire est une osmolalité supérieure à 300 mosm/l, le seuil de la soif est entre 288 et 294 en fonction des individus. Il s’agit de physiologie de base niveau 3é année de médecine. Il s’agit de la deuxième allégation fausse. Je rappelle que la recommandation pour la prévention de l’hyponatrémie lors de l’effort, c’est « drink to thirst » l’exact opposé de ce qui est dit ici. Prévenir sa soif peut être dangereux, surtout lors de l’effort.

Vers la droite c’est la déshydratation intracellulaire (manque d’eau) vers la gauche l’hyperhydratation intracellulaire (trop d’eau)

Nous continuons avec « pour corriger la déshydratation nous donnons des électrolytes ». Si nous parlons bien de déshydratation intracellulaire et comme le monsieur parle de soif j’ai conclu que c’était le sujet. Donner des électrolytes ne sert à rien, il faut juste boire de l’eau car ce qui manque c’est de l’eau. Troisième allégation fausse.

Nous étions a tellement de bêtises en 1 minute que je me suis dit en fait c’est un gag, une espèce de caméra cachée pour faire réagir les néphrologues. J’ai tapoté hydratis dans mon moteur de recherche et là stupéfaction ça existe. Ce n’est pas une blague. Le site est du niveau du verbiage de son promoteur. Approximations et fautes d’orthographe se battent en duel.

J’apprends que la déshydratation est du à un défaut en électrolytes. On ne parle plus de déshydratation intracellulaire mais extracellulaire (à ma connaissance, il n’existe aucune étude en population générale qui détermine sa fréquence (vous vous souvenez les 75% de français…), pour la simple et bonne raison qu’il n’y pas de marqueur biologique simple). Ici on a un déficit en sodium, en pratique en sel de table ou en bicarbonate de sodium. Il suffit donc de manger salé ou de boire une eau riche en bicarbonate. Je m’attends ainsi à ce que la composition soit une eau de vichy like. Et là surprise.

Il y a du potassium, du magnésium, du manganèse, du zinc. Tous ces ions n’ont aucun rapport avec la déshydratation, mais vraiment strictement aucun rapport. Vous remarquerez qu’il n’y a sur le site à aucun moment le mot sodium écrit. Logique, on arrête pas de dire que nous mangeons trop de sel alors on enlève le mot alors que pour corriger la déshydratation extracellulaire c’est la seule chose qui fonctionne. Si vous regardez la composition en tout petit, vous verrez qu’il y en a en fait. J’ai trouvé la composition des comprimés sur un autre site marchand. Les approximations continuent on vous donne la composition pour 100 g sans vous dire combien pèse un comprimé, ni ce qui correspond à la dose recommandée de 2 comprimés dans 190 ml d’eau (j’aime cette précision de 190 ml). Ce qui est très mignon, c’est qu’on vous donne le sodium en g soit 2,2 et le reste en mg par exemple le potassium 5700 mg. Vous voyez le truc, personne ne regarde vraiment les unités. On se dit, ça va pas beaucoup de sel mais plein de potassium. Il aurait été moins porteur de mettre 2200 mg de sodium… De plus c’est plein de sucre 50g/100g. Ainsi, vous boirez surtout de l’eau sucrée. Si vous vous sentez mieux après avoir pris ce truc, c’est qu’on vous fait un petit boost glucidique et probablement pas autre chose.

Voilà, on peut dire que ce complément alimentaire est totalement inutile, si vous avez une alimentation normale. Il ne s’agit en aucun cas d’une solution de réhydratation. Il ne corrigera en rien une déshydratation si vous en avez une. Vous pouvez économiser votre argent en achetant de la grenadine pur le sucre et de la vichy pour le sel.

Il serait bien qu’un jour on parle sérieusement dans un média grand public d’eau et de sel, sans laisser la parole à des marchands de poudre de perlimpimpin…

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Écoutes estivales

L’été est un moment propice à l’écoute et à la découverte. Cette année j’ai eu de la chance avec les émissions qui ont capté mon attention, essentiellement sur France Culture. Je partage mes intérêts et mes coup de cœurs.

Cette saison d’Avoir raison avec a été riche et intéressante. La forme, en passant de une fois 58 minutes à 5 fois 28 minutes est plus digeste, surtout quand les concepts sont ardus. Le parti pris de nous faire découvrir des penseurs américains fut une bonne idée et l’ensemble des émissions ont participé à ce que je comprenne mieux certaines petites choses à l’élection américaine.

Je connaissais Anne Carson et son rôle dans l’emergence de l’écologie. Emmanuel Laurentin a bien choisi ses interlocuteurs pour explorer l’œuvre toujours étonnamment actuelle de cette biologiste des années 50. Elle est un précurseur de la One Health. Un concept dont vous n’avait pas fini d’entendre parler. Je conseille si vous voulez comprendre ce qu’est l’écologie.

Je ne connaissais Toni Morrison que de nom. Les invités, traducteurs et lecteurs plus la voix de cette femme puissante m’ont donnée envie de lire cette autrice et je ne le regrette pas. Une littérature qui remue. A écouter, si vous avez des doutes sur l’intérêt de lire ce formidable écrivain. Si vous n’avez qu’une émission à écouter choisissez celle-ci.

Le premier homme de la série est John Rawls, je ne savais pas qu’il existait et à quel point il est important dans la pensée moderne. Une belle découverte intellectuelle et une écoute importante pour comprendre ce à quoi s’oppose réellement Donald Trump et pourquoi il est dangereux pour les USA.

La seule intellectuelle encore vivante et le repoussoir de tant de gens qu’il est capital d’écouter ces cinq émissions pour mieux comprendre pourquoi Judith Butler est tant haïe de par le monde. Sa pensée est particulièrement forte et plus que le genre, c’est sa vision du queer et surtout de la vie bonne qui m’ont touché. Ces cinq émissions m’ont donné envie de lire cet auteur et en particulier Rassemblement. J’ai un peu mieux compris la normativité et la performativité. C’est passionnant et utile pour la réflexion du médecin dans sa pratique.

L’architecture ne me passionne pas mais comme j’aime bien Matthieu Garrigou-Lagrange j’ai écouté les émissions sur Wright. C’est pas mal, surtout la vie du monsieur qui est le modèle de la suivante pour un de ses romans.

La série là plus importante peut être pour comprendre l’amour des américains pour des figures comme celle de Donald Trump, pour comprendre les Musk et autres libertariens. Une vie incroyable un peu comme un roman, une penseuse de l’égoïsme, mère du mouvement libertarien, Ayn Rand et ses deux maîtres ouvrages, « La source vive » et  » la grève ». Il s’agit probablement de tous les auteurs de la saison de celle qui a été et est le plus lu aux USA. Après l’écoute de ces cinq émissions vous comprendrez mieux l’imaginaire américain, indispensable. Ça donne presque envie de lire les pavés. Et puis chapeau à Xavier de La Porte qui est le seul journaliste a accepter de parler pendant 2h30 d’une personne dont il ne partage pas vraiment les idées. Je trouve ça vraiment bien.

Encore un penseur américain majeur que je ne connaissais pas, John Dewey. Les émissions sont peut être les moins intéressantes, il faudrait que je réécoute surtout certains aspects de la pédagogie expérimentale.

Enfin, la saison finie avec Susan Sontag, c’est intéressant, une vie passionnante et palpitante, et une très belle voix. L’émission vaut vraiment pour les extraits d’interview et leurs analyses. J’aime bien la dernière qui est un bel exercice de penser contre. Belle mise en abyme.

Après ces exercices intellectuels, je ne dirais pas de la détente mais une série passionnante d’émissions sur les espions privés ou quand l’état délègue ses missions régaliennes à des prestataires privés, guerre, diplomatie, surveillance, etc. Les huit émissions sont toutes riches, bien documentées et importantes pour comprendre notre monde et celui d’après. Comme une impression de victoire de Ayn Rand sur les autres vous saisira. La santé deviendra forcément un service privé et disparaîtra du champ du public. Je ne vois pas, alors que nous laissons ces nouveaux corsaires exister, alors que les entreprises du numériques arrivent à des valorisations monstrueuses, comment nous ne vivrons pas dans le monde du Samouraï Virtuel de Neal Stephenson. Ce n’est pas très rassurant, mais c’est toujours bien de savoir à quelle sauce nous serons mangés. Elle sera libérale et violente, sous des atours rassurants et bienveillants. Si vous préférez les espions old school qui fleurent bons la guerre froide, il faut écouter le très bon podcast natif de france inter.

Dans une ambiance plus légère, quoi que, il faut écouter Looking for Kermit, un peintre qui ne veux pas d’interview, une journaliste qui veut le rencontrer, le Texas, la peinture, un très bon montage et une jolie tension dramatique. Du très bel ouvrage pour nous faire découvrir l’Amérique d’une autre façon. Je ne suis pas très sensible à la peinture de Kermit Oliver, qui a fait des carrées hermès, mais vous avez vraiment envie de rencontrer cet homme qui apparaît dans ce portrait en creux comme un saint. Franchement très bien.

Pour continuer avec les déambulations, ici le long de la seine, avec François Sureau. Vous pourriez trouver cette émission insupportable, en fait il faut surmonter un peu le pédantisme du monsieur, vraiment l’écouter et c’est franchement pas mal. Son parcours le long de la seine est plutôt une expérience de souvenirs de lectures qu’autres choses mais pourquoi pas. J’aime la littérature. Quelques fois c’est vraiment touchant et puis il a une belle culture. Après une période d’adaptation vous ne pourrez plus vous en passer et vous regretterez que la Seine ne soit pas l’amazone pour en rajouter un peu. Le savoir et son partage, ça ne fait pas de mal.

Dans la série musicale d’été, une belle série justement sur les fleuves, amazone, nil, mississipi, mékong… Il y a aussi de belles émissions sur la métamorphose en particulier celle avec Tony Allen et sur le sample, les play lists sont terribles (vous allez me haïr). Enfin pour ceux qui ne connaissent pas, une très chouette émission sur Drexciya, vraiment passionnant, comme toutes celles sur la musique électro.

Si vous aimez le reggae, je ne peux que vous conseiller le Very good trip Bob Marley. La bande son est une madeleine. C’est un sacré mec le bob avec une vie de roman. Pas grand chose à dire, juste écoutez la vie de celui qui a été le christ rasta. Un petit conseil de lecture pour comprendre la Jamaïque et son racisme, le très beau et émouvant « By the rivers of Babylon » de Kei Miller.

Enfin la seule grande traversée que je suis en train d’écouter est celle sur Frantz Fanon, je recommande fortement, mais j’y reviendrai.

J’aime beaucoup la radio, merci à tous les journalistes, producteurs, et techniciens qui rendent possibles la transmission.

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Le complexe d’Eden Bellwether par Benjamin Wood et Renaud Morin

Un jour, j’expliquais que j’achetais certains livres non pas en raison d’une critique, d’un conseil ou du quatrième de couverture mais juste car j’aime la ligne éditoriale de l’éditeur. Ceci avait surpris mon interlocuteur. Parmi ces découvreurs de pépite, il y a Zulma. Je suis fan. Quand je rentre dans une librairie, je vais au rayon poche et si un nouveau Zulma est là je l’achète, je ne regarde pas de quoi ça parle. Je prends et je lis. J’ai découvert pas mal d’auteurs que je n’aurais jamais lu, ainsi. Une fois de plus, je ne suis pas déçu par cette méthode de choix.

Ce roman est une histoire d’amour juvénile. Amour naît de la marche à pied, de la musique. Amour qui débouche sur des rencontres, de personnes, d’un milieu, d’une science et encore de la musique. Et comme le dit la chanson, les histoires d’amour finissent mal. Cette lecture m’a fait penser à ma note sur pourquoi l’humain n’aime pas les essais randomisés. Nous aimons la magie, nous aimons le miracle, nous aimons les certitudes, nous aimons les hommes providentiels. Ce roman permet de mieux comprendre notre fol espoir dans le remède miracle, dans la solution unique, dans le chef tout puissant et le risque de croire en ces chimères. Je ne peux que vous conseiller sa lecture, c’est bien écrit, l’intrigue est redoutablement efficace, les personnages sont remarquables et c’est bouleversant. Je préfère vous prévenir, vous pleurerez.

L’auteur arrive à nous mettre dans une situation terrible. Croire aux miracles malgré mes réticences, j’ai cru à un moment au pouvoir d’Eden, pas longtemps, mais j’y ai cru. Il était tentant de s’y abandonner comme Iris, mais tout craque. En cette période de grand charlatanisme sous masque de pseudoscience, cette lecture est de salubrité publique. C’est la puissance du roman, capter par l’histoire notre attention, nous promener, nous faire croire et brutalement la vérité explose. Il y a bien d’autres choses très intéressante dans cette œuvre, les relations de classe, la puissance de la musique, la complexité de nos relation familiale. C’est vraiment un très, très bon roman.

Un grand merci au traducteur qui a fait un remarquable travail pour nous restituer ce roman si anglais. Les images sont très fortes. Alors bonne lecture.

Si vous voulez un peu de musique, un conseil, le dernier album de Joachim Kühn, Playing probabilities. C’est … vous écouterez et vous vous ferez votre idée. J’aime vraiment beaucoup, c’est tout ce que je dirais.

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COVID-19 Filière ORKID et AIRG

Il s’agit probablement de mon dernier webinar sur le sujet. Il est adressé aux patients. Il devrait être disponible en replay sur le site de la filière ORKID d’ici la fin de la semaine. En attendant voici le support.

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COVID-19 et rein, épisode 6

Voici l’épisode que personne n’entendra et probablement le dernier de cette pandémie. J’aurai appris plein de choses sur cette maladie et sur l’utilisation des masques. J’ai le sentiment que nous n’avons pas fini avec cette maladie, malheureusement.

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Covid-19 et rein pour les patients épisode 2

Voici la présentation pour le Webinar de France Rein du jour.

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COVID-19 et Rein, épisode 5

L’épisode 5 fait la semaine dernière que je n’avais pas encore mis en ligne. N’hésitez pas si des remarques ou erreurs.

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GOVIDe-69

La Zamonie est frappée depuis quelques mois d’une étrange maladie, la GOVIDe-69.

D’où vient ce nom, GOVIDe-69, me demanderez vous? GOgonaVIrus Disease année 4069 du calendrier zamonien, le petit « e » est là pour 1) marquer le féminin, 2) parce-que c’est plus joli et 3) probablement par malice de celui qui nomma cette nouvelle affection.

Elle est due à un virus de la famille, bien connue en Zamonie, des Gogonavirus qui infectent les Chrecques et peut ensuite toucher tous les autres habitants du continent. Le virus s’appelle SFCA-GOV pour Syndrome de Fuite Cérébrale Aigue-GogonaVirus. Les gogonavirus sont habituellement responsable des rhumes de cerveau.

Le rhume de cerveau zamonien rend les gens naïfs. L’individu atteint croit tout ce qu’on lui dit, avec la particularité que le dernier qui parle a raison de façon absolue. Le patient devient un gogo. Ceci dure quelques jours, puis la personne retrouve son bon sens. Il suffit de lui retirer tout moyen de paiement, tout pouvoir de décision, de l’enfermer chez lui et ça se passe très bien. Par exemple, il voit une publicité pour un café X, il va se précipiter pour l’acheter, il croise un ami qui lui dit le café Y est meilleur, il va vouloir celui ci oubliant immédiatement son amour du X, enfin il lit « le café donne des palpitations n’en buvez jamais », il détestera le café, tout ceci en l’espace de quelques minutes. Les plublicistes et les politiquouilles zamoniens y ont vu un intérêt. Le problème, capter au bon moment l’attention, juste avant l’achat ou le vote. Ils ont inventé, les réseaux zoziaux (les RZ, en Zamonie on aime les Z), mais trop d’informations et la non maîtrise complète, après quelques succès a conduit à la cacophonie. Certains ont même penser manipuler les gogonavirus. Malheureusement pour ces petit malins, la biologie de ces virus est complexe. L’hôte intermédiaire est un dragon particulièrement féroce qui dévora tous les scientifiques. Ceci calma les candidats à la manipulation. Depuis des centaines d’années les zamoniens vivaient avec ces épidémies sans grand soucis. Les gogonavirus sont transmis par les gouttelettes comme votre grippe.

Le SFCA-GOV a la particularité de rendre encore plus crédule les atteints que les autres gogonavirus et la maladie dure une bonne quinzaine de jours. Il s’agit de l’atteinte la plus bénigne de la maladie, plus de 80% des malades auront cette forme, c’est le stade 1. Malheureusement, pour la première fois, chez certaines personnes (20% approximativement), la maladie passe au stade 2. Au lieu d’entraîner un changement d’avis permanent, elle conduit à un blocage sur le dernier message entendu. D’après les études zépidémiologiques, cette forme touche surtout les gros consommateurs de réseaux zoziaux, les obézoziophiles. Les malheureux atteints de cette forme ne pensent plus qu’à cette dernière idée captée sur les RZ, ne parlent plus que de ça, et plus grave pensent détenir la vérité absolue. La forme la plus grave est marquée par une passion des explications complotistes. Le virus a été inventé en laboratoire, il est transmis par les ondes 5G ou les chemtrails dragonesques, etc.

Enfin, chez certains (5%), la maladie devient très grave (stade 3). Elle conduit à une surchauffe du cerveau autour de l’idée figée. Le cerveau fond et s’écoule par les narines, le premier signe est la perte de l’odorat. Cette forme a conduit les autorités à imposer un confinement strict de la population de l’ensemble du continent en attendant un traitement ou un vaccin.

Les grands zapothicaires et les médicamenteurs sont très divisés sur le traitement de la GOVIDe-69. A l’heure actuelle, deux grands écoles se distinguent, les uns croient que la panacée est un vieux médicament, la zydroxyzoroquine et les autres refusent d’en entendre parler. Les réseaux zoziaux sont des foires d’empoigne où les Govidiens du stade 2 sont les défenseurs les plus qu’acharnés de l’une ou l’autre des chapelles. Ils occupent tout l’espace, forçant les indemnes à se positionner. Le patient oublie de se nourrir, de se laver, d’uriner, de déféquer, une seule chose compte défendre sa dernière idée qui s’est fixée dans son cerveau. Le seul traitement sur, les endormir le temps que le virus les quitte. Nous parlons de sédation apaisante. Ceci peut prendre plusieurs semaines. En l’absence de cette prise en charge, il y a un risque de fuite cérébrale. A coté de la zydroxyzoroquine fort controversée, chacun y va de sa molécule ou de son remède de grand mère. Le bigzapo essaie de refourguer toutes ses vieilles molécules antivirales ou antifonte cérébrale, pour l’instant sans succès. Chaque azclepioz y va de son idée, vitamine de A à Z seule ou en combinaison, miel de chreques, comme le mal vient de ses animaux leur production pourrait guérir la maladie, ces tenant sont les zomézopathes. D’autres proposent l’amidon de patate, l’utilisation de remèdes de la leucémie ou utilisés en transplantation. On suggère même de fumer du tabac pour lutter contre la maladie. Une véritable cacophonie amplifié par la présence des stade 2 et la naïveté des stade 1 terrorisés à l’idée du stade 3. La vérité est que nous connaissons mal la GOVIDe-69. Nous apprenons avec le développement de la pandémie. Personne n’ose l’avouer de peur d’augmenter l’anxiété des zamoniens.

Les autorités zamoniennes en plus de la distanciation sociale, stratégie bien connue ici, essayent d’imposer la fermeture des réseaux zoziaux, mais ceci est impossible. Les RZ s’y opposent de même que la population. Il faut reconnaître que les propriétaires de RZ profitent du confinement pour s’enrichir en vendant à tour de bras, le plus important Zamazon est en passe de devenir le maître commerçant de la Zamonie. Aucun gouvernant n’ose imposer cette décision qui parait sage. Le plus opposé est le maire de USAtown qui dirige sa ville par bluebird, un RZ populaire, utilisant uniquement des messages de 69 caractères. C’est aussi un spécialiste des thérapeutiques alternatives comme le rayonnement lunaire haute dose. NOus avons déjà à déplorer quelques coups de lune mortelle.

Nous en sommes là. L’épidémie se répand, la fermeture des écoles, des universités, de toutes les zindustries non indispensables, si elle ralentit la diffusion, malheureusement n’empêche pas la multiplication des cas de stade 2. Ils embolisent totalement les RZ et saturent les services de sédation apaisante. La situation devient dramatique. D’autant plus que la GOVIDe-69 touchent les Grands Crofesseurs azclepiens, les nozels passés et à venir. ils deviennent complètement intoxiqués par l’importance que leur donnent les RZ. Eux qu’on interrogeait une fois par an et encore, ils deviennent omniprésents, virant des plateaux les sportifs, chanteurs et autres acteurs qui devaient donner leur opinion sur tout et surtout sur ce qu’ils ne connaissaient pas. Les zavants les remplacent et donnent leur avis sur la GOVIDe-69 qu’ils ne connaissent pas plus. Chacun oublie que la science prend du temps, même en Zamonie au temps des RZ. Tous nos spécialistes, pour alimenter leur addiction zoziophile, trouvent une nouvelle idée par jour sur la GOVIDe-69 à proposer sur les RZ. Ils croient tous connaître la vérité et passent leur temps à se battre sur l’usage ou non de la zydroxyzoroquine qui reste un sujet permanent. C’est une vraie cacophonie. Parallèlement à la GOVIDe-69, une nouvelle maladie apparaît la zinfodémique qui aggrave malheureusement les symptomes de la première.

Nous en sommes là de la pandémie. J’espère que vous ne serez jamais atteint de la GOVIDe-69. A coté de son nom scientifique, elle restera dans les annales comme la maladie qui rend khon.

Pour sortir de l’obsession govidienne, une petite suggestion musicale terrienne pour un dimanche matin en douceur.
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COVID-19 et Rein, épisode 4

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Présentations pour le Webinar de la SFNDT

Je mets en ligne les 3 premières présentations que j’ai faite pour les webinars de la SFNDT. La première a eu lieu le 17 mars, la deuxième le 24 mars et la troisième le 7 avril. Il est évident que sur cette période les choses ont beaucoup évolués. C’est impressionnant. J’ai essayé rapidement d’éviter les pré-prints et de m’en tenir à ce que je pensais important. C’est bien sur partiel, partial, subjectif et fait par un non-infectiologue.

Je remercie Thomas Robert de m’avoir proposé cette activité et la SFNDT de renouveler sa confiance en ma vision de cette maladie et de la littérature produite.

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