Je ne voulais pas écrire cette note

Je ne voulais pas écrire cette note, mais à force qu’on me titille sur le sujet, je craque. Je me demande si ce n’est pas la déclaration mythique de notre ancien ministre, french doctor, porteur de sac de riz, et accessoirement ancien grand tenant de la démocratie sanitaire et des droits des patients.

Ma génération a été nourrie d’un modèle opposé à celui du médecin paternaliste. On nous a appris à vouloir tuer ce père fouettard médecin. On nous a appris la décision collégiale, la discussion avec le patient, l’entourage. On nous a appris à expliquer, expliquer et encore expliquer. La loi sur le droit des malades est venu couronner et légitimer ce mouvement. Je pensais que la profession avait intégré l’importance du partage pour sortir de la position du médecin tout puissant, figure divine, imposant ses oukases. Je croyais bêtement que la société avait aussi intégré cette évolution majeure de la pensée médicale.

Et patatras, voici l’affaire dites « Bonnemaison ». L’euthanasie n’est pas son combat ni le mien, ça tombe bien. Par contre, ses mots sont terribles, il veut protéger contre eux-même les personnes, famille, équipe soignante, en prenant les décisions seul et en agissant seul. Ce point est celui qui me dérange le plus. Il va à l’encontre de tout ce en quoi je crois dans la pratique médicale. L’importance de la parole, de l’explication, de la pédagogie faites aux patients, à sa famille et aux soignants. L’importance du dialogue, car parfois on se trompe et la confrontation permet de rétablir une situation. J’ai du lutter contre ma tendance naturelle à croire que j’ai raison et à la prise de décision individuelle, sur de ma science. C’est le fruit d’une éducation par mes maitres à qui je dois rendre hommage. Que lui reproche la seule famille partie civile? L’absence d’échange.

Rien n’est plus beau et important que le partage. Important car il protège aussi le praticien du burn out. Beau car l’autre est une richesse. Partager les expériences difficiles, partager la décision, se forcer à expliquer ses choix permet de prendre du recul, de mieux y réfléchir. L’absence d’échange est mortifère.

Ce praticien a trahi une approche basée sur le dialogue. Alors quand je lis que M Kouchener le défend, je ne comprends plus. Quand je lis qu’on applaudit au verdict, je me dis que nous avons fait fausse route en promouvant cette approche. Est ce ceci que les patients et leurs familles attendent de nous? Des prises de décisions sur une impulsion, des passages à l’acte sans discussion, sans dialogue, sans décision partagée, dans le silence. Est ce ceci vers quoi nous devons retourner? Vers cette médecine paternaliste qui décide ce qui est bon pour le patient sans tenir compte de ses souhaits, sans écoute et sans explications?

« C’est bon pour vous, surtout ne réfléchissez pas, je suis le maitre de votre destin! »

Ce jugement me laisse un étrange gout dans la bouche, un peu amer. Que devons nous dire à nos étudiants? Faites comme le Dr Bonnemaison, cowboy solitaire. Ou faut il continuer à porter ce message de la cogestion de la décision entre soignants et patient.

Franchement, je ne sais plus.

 

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25 réponses à Je ne voulais pas écrire cette note

  1. Doudou13314682 dit :

    Texte parfait ne changeons rien!comme dans beaucoup de procès d’assises l’émotion a aboli la raison ce qui est totalement contraire aussi à notre apprentissage et pratiques,le message n’est délétère que pour les docs et équipes qui dans les memes situations difficiles (un agonisant ne devrait jamais arriver aux urgences)se laissent aller à pratiquer des sédations terminales sans curares mais limites aux regards des bonnes pratiques de soins palliatifs

  2. coco dit :

    Je suis tout à fait d’accord sur cette nécessité de communication et sur la faute du Dr Bonnemaison de ce point de vue mais je crois que le tribunal ne s’est pas prononcé sur ce sujet, l’acquittement concernant l’accusation d’empoisonnement. Il faudrait vérifier mais je pense que c’est pour cet autre aspect des faits qu’il a été radié par l’ordre des médecins.

  3. JD Flaysakier dit :

    j’ai eu l’impression, à quelques détails près, de revivre l’affaire Christine Malèvre, l’infirmière devenue, gràce à Jean-marie Cavada, une icône. Lors de son emission ‘La Marche du Siècle’ il en avait fait une sainte et avait traité Bernard Glorion, alors président de l’Ordre, comme un moins que rien.
    Mais l’icône devint l’ange de la mort et les assises lui infligèrent finalement une lourde peine.

    L’euthanasie donnée à coups de seringue par le héros solitaire c’est ‘tendance’. Une partie de l’intelligentsia parisienne qui prend les médecins pour des prestataires de service à sa disposition, pense que ce geste est anodin et se résume à une affaire technique.

    Et puisque j’en suis à jouer les anciens combattants, les applaudissements au verdict de Pau me mettent aussi mal à l’aise que lors du procès de Poitiers dans lequel on jugeait une sombre histoire d’anesthésistes et d’inversion de tuyaux.

    Ce jour là, les jurés ont acquitté tout le monde. Le fan club a applaudi et dans un coin de la salle, la fille de la victime, une adolescente, a alors hurlé ‘maman, maman’. dans une indifférence quasi générale.

  4. luna_luciole dit :

    Un grand merci pour cette note.

  5. Continuez, je vous en supplie ! Une fausse compassion l’a certes emporté, mais, par pitié, qu’elle ne balaie pas en même temps les belles convictions !

  6. Nicolas SALVAN (MG à Caraman 31460) dit :

    Vous avez en partie raison, bien sur il faut parler, échanger, écouter, prendre des décisions collégiales (RCP ou autres). Mais que faire quand un patient agonisant arrive aux urgences ? Dans des services qui débordent. Face à des familles qui n’ont rien anticipé (sinon pourquoi l’accompagnement ne s’est il pas fait à la maison ?) c’est la faillite de toute une chaîne de soins qui aboutit au Dr Bonnemaison. Je ne comprends pas le Dr Bonnemaison, mais je suis heureux de n’avoir pas eu à le juger.

    • PUautomne dit :

      De ce que j’ai lu, j’ai l’impression qu’il aurait tout à fait pu parler aux familles et prendre des décision partagées. Dans tout les témoignages, je n’ai pas l’impression que les patients étaient en grande détresse justifiant une urgence de mort. Que la gestion de la fin de vie soit mal foutue en france pas de problème je partage le constat. Mais rien ne justifie l’empressement et l’absence de discussion. Ensuite si on a envie que ça se passe comme ça, avec un médecin tout puissant au dessus de tout et intouchable, parfait.

    • Ce n est surement pas a un urgentiste de gerer cette situation….moi je ne comprend pas l acquittement il y a bel et bien empoisonnement de 7 patients fragilisés qui ne sont pas venus aux urgences pour en finir et dont les familles n ont pas demandé l execution. On marche sur la tete. Lorsque l on voit ces situations ds nos services hospitalier
      c est sur des oeufs qu il faux marcher……..

  7. Docteur_V dit :

    Bonsoir,
    Merci P.U. pour cette note qui traduit très bien mon malaise aussi.
    Comme l’a dit @ten0fiv je plains les médecins de soins palliatifs qui vont être sollicités pour des demandes d’euthanasie « légalisée ».

    • PUautomne dit :

      Il faudra aussi faire face à la suspicion des familles dans des situations limites quand nous pensons que la limitation est un bon choix mais qu’eux ne le veulent pas…

  8. Cossino dit :

    Oui, cette note décrit bien aussi mon malaise .

    Mais ne faut-il pas voir dans cette décision un décalage entre la loi et la volonté exprimée par un jury populaire que notre législation avec la loi Léonetti n’est pas ce qui est attendu .

    En d’autres termes , la possibilité d’euthanasie ( et sans doute aussi le suicide assisté) devrait être autorisé .
    C’est peut être ce qui est dit dans ce verdict.

  9. Lnk dit :

    Merci pour cette note vraiment parfaite. Rien à ajouter.
    @Cossino Si l’euthanasie venait à être légalisée, personne probablement ne soutiendrait qu’elle doit être décidée par un médecin solitaire, sans volonté exprimée du patient ni échanges avec son entourage. C’est le grand paradoxe de cet arrêt et de ces bruyantes approbations.

  10. Pascal CHARBONNEL dit :

    Merci d’aussi bien écrire ce que de nombreux soignants ressentent. jugement incompréhensible, et l’impression de passer pour un vieux con quand on exprime son malaise.

  11. Félicie dit :

    Merci d’avoir quand même écrit cette note et de nourrir la réflexion.

  12. Je n’ai pas applaudi le verdict, mais il me satisfait. Bonnemaison a été puni. Il reconnaît ses torts. Il ne peut plus exercer. Il est devenu tristement célèbre.

    La question est « la loi qui réprime l’empoisonnement volontaire, qui sous-entend une volonté de nuire à la victime, peut-elle s’appliquer à Bonnemaison » La réponse a été « non ». Cela ne me choque pas, mais je comprends que cela puisse déranger. Il ne s’agit pas de circonstances atténuantes, mais de circonstances différentes.

    • PUautomne dit :

      Qu’il ne soit pas condamné d’empoissonnement ne me choque pas fondamentalement, on dira qu’il était de bonne foi. Ce qui me dérange comme je le dis dans ma note, c’est qu’il devienne un héraut/héros, alors qu’il prend une décision seul.
      Si tu penses que le médecin est tout puissant et peut choisir pour son patient, la famille sans discussion, très bien. J’essaye de ne pas faire comme ça, après chacun gère sa pratique.

      • societe2 dit :

        Je n’ai pas dit cela. Il a eu tort, il le reconnaît. Il a été sévèrement puni ailleurs. C’est suffisant pour moi. J’ai fait ce qu’il a fait il y a 20 ans, je ne le ferais plus. En effet, la collégialité de la décision est fondamentale.
        Ce n’est ni un héros, ni une victime. C’est un homme qui s’est noyé dans la compassion.

  13. Rhazelovitch dit :

    Je partage totalement l’avis de Nicolas Salvan plus haut. Et c’est d’autant plus vrai, flagrant et difficile, qu’on s’éloigne d’un CHU, et qu’on est à 130 passages par jour aux urgences pour moitié moins de personnel que le CHU voisin qui a le même nombre de passages ( oui, moitié moins ). Le Dr. Bonnemaison est fautif sur la non collégialité ( avec au moins un confrère, et avec la famille ), et sur l’administration du curare notamment. Mais la situation de la plupart des services d’urgence avec la fin de vie est intenable.

    Au moins deux fois par garde en moyenne par chez moi, le SMUR est obligé faute de directives anticipées et devant l’insistance de la famille déboussolée et désemparée, de ramener au déchocage des patients grabataires, déments, en fin de vie, agonisant a 85% de sat en air ambiant, et ramenés sous O2 au masque haute concentration à fond.
    Une fois arrivés au déchocage, a 3h30 du matin, celui qui trinque de la procrastination de tout le monde dans le dossier, c’est l’urgentiste, et contrairement à ce qu’on pense, il est seul. Ces patients combinant souvent des éléments tels une démence avancée, une grabatisation complète et de longue date, et la plupart du temps un néo en phase terminale, n’ont jamais eu de la part de l’équipe de cancéro ou de gériatrie qui les suit quotidiennement la moindre directive anticipée discutée avec la famille ( ces 6 derniers mois je n’en ai vu qu’une seule ), famille a qui du coup  » on a rien dit  » et  » il faut absolument la sauver  » ( et l’accès au dossier informatique nous permet de voir qu’effectivement à aucun endroit il est noté soin palliatif ou fin de vie, ou procédure LATA ).

    Commence alors les longues discussions, la préparation de la famille en entretien dans une salle au calme, pour leur expliquer qu’elle est trop malade, trop âgée, que ça ne servira à rien, que c’est de l’acharnement, et que le plus simple c’est de mettre un médicament pour la soulager de la douleur, un autre pour la reposer et la détendre, et la laisser partir sans souffrance ni angoisse que les médicaments ne la tueront pas mais qu’il est certain que ça ne l’aidera pas à respirer vu son état. Ce discours, dans quasi tous les cas la famille peut l’entendre et approuve. Et même si souvent il y a un membre de la famille qui s’insurge, les autres le raisonnent et nous confirment qu’on peut y aller ( je me souviens il y a 4 mois d’une dame qui m’avais dis  » vous n’etes pas médecin, les médecins ça sauve les gens  » et  » si son coeur bat encore c’est qu’elle est vivante monsieur « , avant que 20 minutes de discussion et l’aide que m’ont apporté ses sœurs ne la raisonne. Il était 6h du matin et j’aurais vraiment voulu m’occuper d’autres patients particulièrement sérieux à cet instant ).
    Pendant ce temps des patients graves, jeunes, et qui avaient besoin de toute mon attention affluaient et mon interne se faisait assassiner. J’ai passé des heures entières bloqués sur deux de ces patients en fin de vie sur cette garde-exemple. Vous pensez que c’est le boulot d’un urgentiste ? Vous pensez qu’on aimerait pas à la place mieux faire notre boulot avec les autres patients, vu la quantité de travail qu’on a, la gravité de beaucoup, le tout en pleine nuit noire, seuls ?

    Et bien croyez bien que lorsqu’on appelle le cancérologue, il ne se sent pas concerné, c’est  » pas son malade, il est suivi au CHU, mais met mon nom si tu veux « , le réanimateur franchement le réveiller pour ça n’a aucun intérêt ( et il est d’ailleurs souvent debout sur des patients graves lui aussi et ne peut simplement pas descendre ), reste donc les spécialistes d’organe ayant des nuits plus calmes ( neurologues pour la démence, pneumo quand c’est un néo pulmonaire etc ), qui peuvent par chez nous soit s’insurger d’être réveillés pour ça, soit ne pas répondre, soit dire  » ok met mon nom « . Voilà, c’est ça la collégialité.

    Reste le service de soins palliatifs, la nuit à 3h30 il n’accepte aucune entrée puisque le médecin n’est pas là, et il n’y a pas de garde de médecin palliatif joignable. Donc le médecin palliatif c’est le médecin urgentiste, comme d’habitude multi-rôle et multi-rendage-de-service quand ça arrange tout le monde, quitte à ce que ça se termine en procès ( je ne parle pas du procès Bonnemaison où curare comme manque de collegialité même entre autre urgentiste voir IDE, a fait défaut ).

    Donc la patiente en question, moribonde, 95 ans, marbrée de la tête au pied, dont aucun médecin ne veut entendre parler et dont aucun service ne veut, polypnéique, la famille assistant à sa détresse en vous demandant ce qui se passe, vous allez faire la seule chose décente, vous allez comme vu plus haut expliquer ce qui va se passer, monter un avis collégial comme vous le pouvez ( l’autre urgentiste de la nuit si comme nous vous avez la chance d’être deux de garde ce qui dans certains hôpitaux n’est pas le cas, voir un ou deux collègues d’autre spécialité ayant voulu répondre au téléphone ), et vous allez mettre les médicaments nécessaires pour qu’elle parte tranquillement à l’UHCD en quelques heures ( et si ça se prolonge, une mutation en soins palliatifs le lendemain matin ) comme le veut la loi Leonetti, tout en tenant la main à la famille parce qu’ils sont bouleversés et que « c’est trop dur docteur « , ce qu’on est les premiers à comprendre.

    On se retrouve au pied du mur en pleine nuit profonde chez des patients que l’on a jamais vu, alors on fait ce que fait un urgentiste, on s’adapte, on réagit. Alors que ces patients sont suivis depuis des mois par des confrère, et qu’une directive anticipée discutée au préalable avec la famille règlerait quasiment le problème.

    Moi c’est ça que je trouve inadmissible.

    Outre les particularité du procès Bonnemaison ( qui est effectivement fautif sur les points débattus ), on s’insurge que des patients en fin de vie meurent aux urgences ou à l’UHCD. Dans ce cas, que la communauté médicale fasse en sorte que ça ne soit pas le cas, et que personne n’essaie de nous le reprocher car nous sommes les victimes d’un systèmes qui dysfonctionne. Nous ne sommes pas des magiciens, juste des toubibs, et dans cette histoire, un fusible qu’on utilise systématiquement. Si personne ne nous aide et surtout si personne ne fait son boulot en amont… bref, on aimerait nous aussi ne pas avoir à gérer ce genre de chose, qu’on nous impose, et qui entraîne invariablement des problèmes, et en entraînera d’autres.

    Les paroles grandiloquentes sur ce médecin, qu’on entend parfois ces derniers temps, ont une toute autre saveur pour quiconque a eu à vivre ce genre de gardes infernales dans un service d’urgence. La partie des critiques parlant des fautes véritables du Dr. Bonnemaison sont incontestables. Celle qui traite de l’urgentiste et de la fin de vie comme s’il outrepassait son rôle en gérant du palliatif dans son service au milieu du capharnaüm habituel des urgences absolument pas propice à ce genre de prise en charge, que personne n’oublie qu’on le lui impose, et qu’il en est victime.

    • anne dit :

      merci de ce témoignage éclairant. Je ne me rendais pas compte.

    • doume dit :

      Médecin d’un EHPAD avec 2/3 de déments, âge moyen 87 ans, ça n’est pas plus facile avec les familles en amont. Je reçois les familles, je parle (et surtout j’écoute) autour de la fin de la vie. Après 30 mn d’échanges, on me dit souhaiter « une mort naturelle, mais pas question d’arrêter la perfusion », « pas d’acharnement thérapeutique mais hospitalisation si il (elle) risque de mourir ».
      On essaie de « classer » les résidents en niveau d’intervention médicale, mais c’est franchement très difficile d’avoir un consensus avec les familles.
      Il y a des familles que je revois régulièrement, parfois avec la psychologue, avec le sentiment de ne pas avancer. Je me demande d’ailleurs si ça sert à quelque chose et si en réalité ça n’est pas du sadisme de ma part ?

  14. Sybille dit :

    En tant que patiente qui a « frisé » la mort plus souvent qu’à son tour, je vous rassure (si besoin): c’est vous qui avez raison.

  15. COUJARD dit :

    « Je ne voulais pas… » Mais il le fallait !

  16. MG dit :

    Moi aussi j’ai ressenti comme un malaise à l’énoncé du verdict
    Une sanction symbolique m’aurait convenu.
    Je ne suis pas psy mais il faut faire attention à l’identification projective dans ces situations.
    « je me projette en lui et je souffre de le voir dans cet état et cela justifie mon geste pour abreger sa souffrance au nom d’une fausse compassion. En fait je soulage ma propre souffrance.
    C’est carrement se prendre pour Dieu, je sais ce qui est bon pour mon patient que lui ou ses proches soient ou ne soient pas d’accord

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