Quand le mal au cou me fait penser à mark Twain

Dans annals of internal medicine, un article sur le traitement des cervicalgies a retenu mon attention.

  1. Gert Bronfort et al., « Spinal Manipulation, Medication, or Home Exercise With Advice for Acute and Subacute Neck Pain », Annals of Internal Medicine 156, no. 1 Part 1 (janvier 3, 2012): 1 -10.

Je sais, ce n’est pas très néphrologique, mais le rugby m’a laissé quelques séquelles (jouer en première ligne c’est pas bon pour le rachis cervical). Je ne fais pas grand chose en dehors d’un peu de paracetamol et prêter attention à mes positions.

Cet article compare les manipulations rachidiennes (chiropracteurs, ostéopathes etc), des médicaments et des exercices à faire à la maison. Trois groupes traités pendant douze semaines, critère principal, l’amélioration de la douleur (2, 4, 8, 12, 26 et 52 semaines après le début du traitement).

Les résultats que je retiens, entre manipulations et exercices maison pas de différence, les deux techniques physiques sont meilleures que la chimie.

J’ai été impressionné par le nombre de personnes prenant une association AINS, antalgiques opiacés et myorelaxant (90% dans le groupe médicament). Je me demande, si il n’y a pas une erreur tant je trouve hallucinant que 90% des gens avec une cervicalgie prenne un opiacé. Je ne devrais pas être étonné après la lecture de cet article de Propublica et la chasse antidouleur aux USA.

Cet article à quelques limites, une durée d’inclusion longue, 6 ans pour recruter moins de 300 patients avec un problème assez fréquent, un nombre de perdu de vus important dans les trois groupes (de 25% à plus de 50%). Je ne suis pas à même de juger les critères d’évaluation et d’inclusion utilisés. Pour le reste, c’est assez propre. J’ai bien aimé le coté essai pragmatique.

Je m’en tiendrai pour mes torticolis aux exercices et au moins de médicaments possibles. Je ne suis pas très attiré par l’idée de me faire manipuler.

En lisant cet article, je ne sais pas pourquoi, j’ai pensé à une lecture récente, une petite nouvelle savoureuse de Mark Twain: « Pour guérir un rhume ». Je conseille cette saine lecture ou écoute à tous les angoissés des petits bobos quotidiens et en quête de traitements miracles. Pour vous mettre en appétit, le dernier paragraphe.

Dans la meilleure intention du monde, je soumets aux infortunés qui souffrent du même mal la série des traitements variés que j’ai suivis. Qu’ils en fassent l’expérience. Si cela ne les guérit pas, le pire qui puisse leur arriver est d’en mourir.

Voici mes deux conseils de lecture en ce début d’année.

 

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5 réponses à Quand le mal au cou me fait penser à mark Twain

  1. dominique dit :

    ayant mal au cou, je clique sur le lien « exercices faits à la maison » mais ça ne marche pas!
    merci

  2. PUautomne dit :

    Lien corrigé

  3. chantal dit :

    Je ne prends que du paracétamol quand l’arthrose me titille trop et je me moque de moi-même. Hier, mes genoux m’ont fait vraiment une vie d’enfer au point de boiter comme un canard boiteux! Je me suis dis: comme Donald Duck, sauf avec des pieds un peu plus petits malgré tout.

    Mais il faut dire, les médecins sont vite là à prescrire de médicaments de plus en plus fort contre les douleurs – peut-être aussi parce que le patient veut un truc qui soulage rapidement. C’est plus facile que de rechercher ce qui soulage à long terme avec le moins d’effets indesirables.

    Avez-vous déjà tenté l’acupuncture contre la douleur?

    Bonne soirée

  4. Mlle Lune dit :

    Lu quelque part, je ne sais plus où, et la citation n’est pas exacte: La médecine distrait le patient pendant que la nature le guérit. Vive les exercices!

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