L’homme à tête de chou

Un disque de serge Gainsbourg, une histoire de shampouineuse qui finit mal dans une ambiance comic strip à forte charge érotique. L’album-concept est une merveille. Il faut l’écouter d’une traite comme on lit une nouvelle, comme on regarde un film. Vous fermez les yeux et la voix de serge vous guide. Vous voyez la Lou et ses aventures à haute teneur sexuelle et sensuelle. Je le connais par cœur et pourtant chaque écoute me procure toujours autant de plaisir, peut être encore plus. J’ai muri, je comprends mieux. J’aime toujours entendre l’immense serge Gainsbourg nous raconter les aventures de marilou et de l’homme à tête de chou. Musicalement, c’est d’une modernité hallucinante et toujours aussi transgressif. Un must de la chanson française. J’ai découvert serge Gainsbourg vers 20 ans depuis je suis un fan intégral. Il accompagne toutes mes humeurs, mes coups de cafard, mes joies.

Il a su explorer tous les genres, tous les styles pour notre bonheur. Il reste un des plus grand, peut être le plus grand par sa capacité à explorer l’ensemble du monde musical du jazz au reggae en passant par le rock, le ye-ye, sans oublié ses visites au classique et à la poésie française. Il serait encore vivant, il tâterait de l’électro avec le même bonheur que son exploration du rock le plus pointu. Écoutez Melody Nelson, l’album à plus de 40 ans on dirait qu’il a été écrit et instrumenté hier. Je suis un fan intégral, j’assume mon manque total d’objectivité.

Ce préambule pour expliquer la suite, je ne comprend rien à la danse. Je suis ou plutôt je croyais être totalement insensible à cet art. Chaque fois que je suis allé voir un ballet je me suis endormi. Il est probable que ce blocage tient à mon élégance sur une piste de danse, plus proche de l’ours de base que du danseur étoile. Je refuse systématiquement tout déplacement pour voir de la danse. Alors quand ma femme m’a proposé ce spectacle, il n’y avait qu’elle et le titre du spectacle pour me tirer hors de chez moi: l’homme à tête de chou, un spectacle chorégraphié par Jean-claude Gallotta (vous cliquez sur le lien, vous regardez et vous vous épargnez la peine de lire la suite).

Je n’étais pas convaincu du tout, mais alors pas du tout. Je m’étais dit, je fermerai les yeux pour écouter la musique. Ce fut un choc.

La version de Bashung de l’homme à tête de chou est splendide. Pas de grande révolution, est ce qu’on est obligé de réorchestrer de fond en comble un chef d’œuvre?  Il apporte ses petites touches (il manque juste marc Ribot et c’était l’extase) et surtout, surtout, il y a sa voix incroyable, si sensuelle, si masculine, si caressante, envoutante, sexy. J’aime cette musique, je le savais déjà.

J’ai surtout découvert la danse contemporaine, je n’ai pas perdu une miette du spectacle. Je n’ai rien cherché à comprendre, une épreuve pour moi, j’ai plongé dans la chorégraphie, dans la musique, dans les corps, dans la dramaturgie, marilou est là devant moi, démultiplié, et c’est magique. Les corps sont beaux. Ils expriment dans le mouvent plus que les mots. La danse est au service de l’histoire, la musique au service de la danse, la danse au service de la musique, un spectacle complet sans faille.

La technique au service de l’art, au point qu’on ne voit plus le travail chorégraphique, tant la danse devient naturelle, tant les mouvements d’ensemble, travaillés, exécutés à la perfection par ces corps si sensuels sont des évidences. C’est une ode à l’amour physique, à la beauté des corps, à la beauté de l’amour, à ses risques. Le corps de l’homme en mouvement est beau. Ce fut magnifique. Ce spectacle est un immense poème. Nous avons un soma, une psyché et quand ils sont à l’unisson le résultat touche au sublime.

J’ai changé ma façon de voir la danse. Les corps dénudés, ne sont pas là pour une excitation facile. Ils collent au texte à la musique, à la sensualité, à la violence, à l’amour, à la jalousie, à l’érotisme incroyable de ce disque qu’est l’homme à tête de chou. Ils nous rappellent le sens de notre vie. Je ne voulais plus rien comprendre, je me suis laissé porté par la beauté. Seul l’art peut apporter une telle d’émotion, aussi profonde, aussi dense, basique. La danse par son aspect primitif, simple, quoi de plus évident qu’un corps qui bouge, quand elle est servie par des grands artistes peut m’émouvoir. Il y avait longtemps que je n’avais pas ressenti des émotions aussi fortes. Le spectacle vivant en direct, sans filet, reste la plus forte et la plus belle expression de l’art. La tension fait vibrer toutes les fibres de notre corps et de notre âme. Allez aux spectacles, quittez vos écrans, regardez la vie, vivez la vie. Je retiens ce message de ce moment d’art total.

Il faudrait que je vois si je suis capable de ressentir une telle émotion avec d’autres ballets. J’ai peur d’être déçu, mais bon l’envie de ressentir une telle émotion me poussera probablement à retourner voir de la danse.

Je ne pouvais pas finir sans vous faire écouter, la chanson qui m’émeut le plus:

version originale: [audio:http://perruchenautomne.eu/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/09-Variations-Sur-Marilou.mp3]

version Bashung : [audio:http://perruchenautomne.eu/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/09-Variationa-Sur-Marilou.mp3]

 

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2 réponses à L’homme à tête de chou

  1. Catherine dit :

    Il y a inversion entre l’original et la version Bashung.

    Je préfère l’original, il a une voix et des intonations irremplaçables.

  2. juliette dit :

    quel bonheur de lire ce billet qui reflete exactement ce que j’ai ressenti a la vue de ce ballet ! j’ai vu le ballet trois fois (alors que je n’avais vraiment pas gout a la danse contemporaine) sans m’en laisser un seul instant ! quelle joie de decouvrir que l’album etait enfin sorti en cette fin d’annee, un regal…!
    c’est pour ma part aussi gallota qui m’a fait decouvrir la danse ! au mois de mars je continue la grande decouverte avec un ballet de pina baush (si vous avez envie de creuser un peu le sujet il y a un merveilleux reportage sur la maniere dont elle travaille qui s’appelle ‘les reves dansants’, sans oublier le superbe film de wim wenders « pina ») ! tant qu’a faire autant se frotter aux plus grands des le début !!!
    il y a quelque fois des portes qui nous ouvrent a des mondes insoupconnés !!!

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