Attachement

Nous attendons le résultat de la troponine (un marqueur de nécrose du muscle cardiaque ou du moins de souffrance). Je suis attaché depuis ma montée dans l’ambulance du Samu à un scope et une perfusion de sérum physiologique. Des fils partent des électrodes collées à mon thorax et l’appareil surveille mon rythme cardiaque. Je suis aussi lié à la machine par un bras pour la surveillance de la tension et par l’autre à l’eau salée qui coule tranquillement dans mes veines. Nous discutons et nous attendons en regardant négligemment l’activité électrique de mon cœur. Je compte les gouttes parfois.

Le médecin revient, la mine un peu contrite, la troponine est à 60, c’est très augmenté chez nous. On attend la deuxième pour savoir ce qu’on fait. Trente minutes plus tard, bon, elle augmente encore. J’ai eu le cardiologue, ils vont vous prendre en soins intensifs cardiologique. Nous attendons, plus que jamais attaché à mon nouveau meilleur ami, le scope. Une infirmière vient gentiment m’injecter le premier bolus d’aspirine et l’HBPM protocolaire. Nous somnolons. La lumière s’allume, bonjour vous êtes bien M Truc muche, oui, votre date de naissance? C’est ça. On vient vous chercher pour aller en cardiologie. J’ai rarement vu une structure aussi pointilleuse sur l’identitovigilance. Je ne sais pas pourquoi mais ça me rassure. On me branche à un nouveau scope, ma perfusion me suis, fidèle, le brassard a tension m’abandonne, bon débarras. Je traverse les couloirs dépeuplés d’un hôpital la nuit. Juste l’alcoolique de service qui raconte sa vie dans la nuit du samedi au dimanche aux urgences. Où que tu ailles, les années passent et iel est toujours là, le même débit trainant, appelant les infirmières par leurs prénoms et racontant pour la Xé fois que ce n’est pas sa faute si il s’est encore ouvert le front, le bras, la jambe ou tout autres parties de son corps. L’ascenseur, toujours juste pour le brancard, monte. Vous venez d’où? Marseille. En vacances? le premier jour. C’est ballot. Oui c’est ballot.

Arrivée en cardiologie, bonjour, pas si bon, encore de la paperasse, des questions, heureusement, je ne suis pas seul. Je suis fatigué. On m’installe, je passe sur le lit médicalisé, un nouvel ECG. On me rattache à un nouveau scope, on me relie à la prise de tension, et la perfusion m’accompagne. Le médecin va venir. Vous êtes d’où, en vacances, le premier jour, c’est ballot.

Je suis seul dans ma chambre, je somnole, le cardiologue arrive, bonjour, les mêmes questions les mêmes réponses peut être plus détaillées car je n’ai plus très mal et j’ai réfléchi. ECG toujours normal, une échographie cardiaque, elle est normale. Ça me rassure. On verra la troponine demain mais il y aura probablement une coronarographie. Merci, essayez de dormir. Oui. Tension toutes les heures, question sur ma douleur toutes les deux heures, je somnole. J’ai une reprise douloureuse vers 4h30 je crois, j’ai mal 6 sur 10. ECG rien de plus, on commence des nitrés en IV à petite dose, la surveillance tensionnelle se rapproche. J’ai moins mal dans la poitrine, ça revient à ce sale 1-3 de fond. Cet inconfort que je connais bien maintenant. J’essaye de graver la douleur dans ma tête pour plus tard, savoir la reconnaitre.

Je me rendors plus profondément, 6h30, bonjour je viens vous faire la prise de sang. Bonjour, merci. J’ai mal à la tête, le risordan fait bien mal à la tête. Je demande un doliprane, ça soulage un peu. Je suis fatigué. Je resomnole. J’entends le bruit d’un hôpital qui s’ébroue avant de se réveiller complétement. J’ai faim, je suis à jeun. On m’amène gentiment de quoi faire une toilette de chat, je n’avais rien, un savon liquide, une brosse à dent, du dentifrice, un peigne. Plus tard, arrive l’eau chaude dans sa bassine et les gants de toilettes. Je suis attaché et je me débarbouille. J’apprécie ça, même si rien n’est simple avec tous les fils. Je me recouche et me rendors. Je découvre aussi les joies du pistolet pour le pipi. Un peu honte de laisser à d’autres le soin d’éliminer mes déchets. Même si je ne bois rien le sérum physiologique coule et ça donne envie de faire pipi. Mes reins marchent.

Nouveau médecin de garde, nouvel ECG, non modifié, la troponine continue son ascension. On vous fera la coro aujourd’hui probablement en fin de matinée. OK, je n’ai pas trop le choix. Je suis épuisé. Je me rendors entre les prises tensionnelles et les questions sur la douleur. Tout le monde est très gentil, souriant et professionnel. J’ai confiance. J’attends, on me téléphone, ça fait du bien d’entendre sa voix. On m’explique qu’il y a des gens plus urgents que moi. Pas de problème, je comprends. 11h30, c’est l’heure. On me descend avec mes deux amis, le scope et la perfusion. On s’aime de plus en plus nous trois, même si je les trouve un peu trop collants. Arrivée en salle de coronarographie, tout le monde se présente. On m’installe sur la table. On m’explique la procédure, on me fait bouffer un ticagrélor, je m’endors, l’anesthésiste a du pousser un truc. Je sens juste le froid dans mon bras. Je me réveille juste pour voir mon réseau coronarien sur l’immense écran et découvrir la sténose qui me fait souffrir. Même moi je la vois, cette sténose préocclusive de la coronaire droite. C’est un choc, heureusement je suis un peu dans le coltard et ça amortit la découverte.

Il passe un cheveu de sang. J’ai le sentiment que ma vie n’a tenu littéralement qu’à un fil. C’est angoissant.

La procédure continue, je la suis de loin. Dilatation et stenting des deux sténoses de la coronaire droite. J’ai deux stents, je suis officiellement coronaropathe. Je suis un malade. Le résultat est franchement beau. Je n’ai pas mal. Je suis épaté par la cardiologie interventionnelle.

On me sort de la table de coro, on m’explique que j’ai eu de la chance, qu’il fallait vraiment y aller. Je n’avais aucun doute vu la douleur que j’ai eu. Je remercie tout le monde. Je me sens plus léger. La baleine, l’éléphant et la vache, qui avaient élu domicile sur mon thorax pour prendre le thé depuis 12h ont enfin décidé de rentrer chez eux. On discute un peu avec le cardiologue, l’anesthésiste.

Je remonte toujours attaché mais rassuré. Le bracelet qui me comprime le poignet au point de ponction n’est pas très agréable. Je retrouve mon chez moi cardiologique. L’infirmière m’explique la suite, le dégonflement du bracelet, la surveillance et si je veux manger un truc c’est possible dans deux heures. J’ai faim et je n’ai plus mal, plus mal du tout. Je vais mieux. J’appelle pour raconter. J’envoie un message à celles qui sont loin. Je me rendors, je suis fatigué. Première visite, je suis content, on discute de la peur de tout le monde, surtout de ma dernière fille. Je mange un petit pain d’hôpital comme le meilleur repas de ma vie. On s’endort tous les deux. Il est très agréable d’avoir des nouvelles du monde extérieur.

On dégonfle le ballonnet qui comprime mon artère radiale. J’ai un bel hématome sur l’avant bras. Je ne suis pas étonné. La routine de malade commence, on m’amène mon traitement du soir. Le repas suit rapidement, on mange tôt, le soir, dans un hopital. J’ai faim. Je ne laisse rien sur le plateau qui est plutôt pas mal. Je m’amuse à regarder les fluctuation de pouls en fonction de ce que je fais. Comme je ne fais pas grand chose ça bat entre 48 et 65. La tension est d’une stabilité affligeante et rassurante entre 110 et 130 de systolique. Je peux confirmer que plier les jambes ça fait monter la tension artérielle comme avoir envie de faire pipi. On s’amuse comme on peut.

Je me sens mieux alors je lis. Le premier est un bouquin trouvé dans une boite à livres, lors de la ballade où j’ai commencé à avoir mal. Ce sera mon texte de SCA; le Chien de Guerre de Michael Moorcok. Lecture idéale sur un lit d’hôpital, je conseille si on aime la dark fantasy. Le diable n’est pas forcément celui qu’on croit et il faut toujours se méfier de ses disciples trop zélés seraient les conclusions de ce texte.

L’équipe de nuit arrive, on vérifie bien que je suis bien attaché. Je dors mieux. Réveille tôt malgré tout et nuit un peu hachée par la prise de tension et le monsieur de la chambre d’en face qui va manifestement moins bien que moi. J’en ai marre d’être couché. Je me lève en faisant attention que ça ne sonne pas. Je regarde le lever du soleil. Je fais le tour du lit. Je mets un tee shirt. La longueur des fils étant ce qu’elle est, je me recouche rapidement. J’attends la suite, une nouvelle prise de sang, les constantes, plus de douleur, plus d’inconfort et ça s’est cool. Le traitement qui arrive, puis la bassine d’eau. Je m’améliore en toilette scopée et enfin le petit déjeuner. Je fais rien mais j’ai faim. Je m’ennuie. J’ai le secret espoir de pouvoir partir aujourd’hui. Il sera vite déçu par le résultat de ma troponine qui bien évidement monte. Je ne discute pas la décision de la cardiologue. Je fais le patient modèle. Je suis tellement content de ne plus avoir mal. Je reste attaché. Je découvre que les IEC font bien baisser la pression artérielle. Des visites dans l’après midi, ça fait du bien de voir des personnes que j’aime. On discute de tout et de rien. Le temps passe plus vite quand on n’est pas seul.

La routine se déroule, médicaments, repas, surveillance. Je finis le premier livre et j’enchaine sur Love me tender de constance Debré. C’est très, très bien. un genre totalement différent mais des points de similitude sur qu’est ce que l’identité et qu’est ce qu’on fait de sa vie. Ça m’interpelle un peu comme sujet. Probablement pas encore le moment de penser à ceci, mais je garde pour plus tard. Je m’endors.

Mardi, mon train train de malade se déroule, levé tôt, lever de soleil, petite gymnastique pour me dérouiller de mon alitement. Je me sens vraiment mieux. Un nouveau bilan, les médicaments, la bassine d’eau chaude, je peux me débrancher? Non, c’est le cardiologue qui décidera. Toilette en nette amélioration, le petit déjeuner, le petit pain est moins bon que dimanche après midi. Je m’assois au fauteuil, le lit, j’en ai marre. Mes copains me regardent sentant bien que j’ai très envie de les abandonner. Ne soyez pas triste, perfusion et scope, je vous aime bien mais cet attachement me pèse. Merci pour votre aide en ce moment très difficile de ma vie. J’attends la cardiologue comme le messie, ça m’a fait penser à un livre passionnant de Toscana, Evangelia. C’est une autre histoire. Je me suis habillé pour bien montrer ma volonté de partir. Elle arrive. La troponine a diminué, alléluia! Je peux m’en aller. J’ai les consignes d’usage que j’écoute d’une oreille distraite. Je pose des questions sur ma reprise. J’ai fait un infarctus et du repos, sans stress, serait une bonne idée. Je parle de mon astreinte d’aout, c’est une mauvaise idée. J’écoute plus attentivement. Elle me conseille de me ménager, de reprendre une activité physique mais en faisant attention. Il faut que je vois un cardiologue à la fin du mois d’aout. Elle me souhaite une bonne fin de vacances. Je remercie tout le service pour leur gentillesse et leur professionnalisme. J’ai eu de la chance d’avoir eu affaire à une équipe aussi compétente. J’ai droit à un VSL à 11h30. plus qu’une grosse heure d’attente. J’appelle pour prévenir de mon retour. Je suis content, plus léger.

L’infirmière vient me déperfuser, adieu compagne de galère, par contre je resterai attaché à mon ami le scope jusqu’à l’arrivée de mon carrosse. Il arrive en avance, j’enlève toutes les électrodes précipitamment, je prend mes affaires. On m’amène mes papiers de sortie. Tout est là, le courrier, mes bilans et le CD. Je pars, détaché, mais alourdi de deux ressorts qui pèsent.

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20 réponses à Attachement

  1. Docdu16 dit :

    Bonjour,
    Content d’avoir de vos (bonnes) nouvelles.
    Je suis fasciné par votre texte : vous vous comportez plus comme un malade que comme un médecin.
    Il est clair que vous avez adhéré aux procédures sans vous poser de questions car vous n’avez pas constaté d’anomalies.
    J’ai senti chez vous une sorte de soumission (ce qui n’est pas une critique, bien entendu) comme si vous étiez un complet profane.
    Votre ébahissement et votre admiration pour la cardiologie interventionnelle ont quelque chose de naïf (qui est rassurant).
    J’ajoute ceci pour vous taquiner : quand on connaît les relations emphatiques entre les radiologues et les néphrologues, la vraie vie semble plus satisfaisante.
    Bon rétablissement

    • Docdu16 dit :

      Pardon : « entre cardiologues et néphrologies »

    • PUautomne dit :

      Merci, pour ce commentaire très intéressant. Je suis malade et ça change mon point de vue. Je ne sais pas combien de temps ça va durer. La douleur thoracique rend soumis aux protocoles surtout quand on a peur. Cette douleur est si intense et angoissante. Que je ne pouvais rien discuter et que je voulais qu’on me soigne et qu’on évite que ça recommence trop vite. Oui j’ai été impressionné par la cardiologie interventionnelle probablement parce que j’aurai aimé que mon père puisse en profiter aussi. Je trouve que j’ai de la chance de faire de la médecine dans ma spécialité en 2026. J’ai de la chance d’avoir pu bénéficier de la médecine en 2026 avec des attitudes qui reposent sur de gros essais.
      Je critiquerai plus jamais un cardiologue du moins pour un certain temps.
      Encore merci

  2. Les images sont très « belles » !!!
    ET l’éternelle leçon c’est que la clinique doit primer. Même avec un tracé normal … bla-bla- bla = ce n’est pas rassurant
    Bon repos « compensateur  » (aurait dit un cardiologue moqueur) Bonne récupération

  3. Cher Stéphane,

    Nous ne nous sommes croisés qu’une fois, mais nous écrivons l’un et l’autre depuis assez longtemps pour que je te lise avec le sentiment de connaître un peu qui parle. Nous avons à peu près le même âge, je crois — et ton texte m’a renvoyé à mes propres artères plus directement que n’importe quel article.

    Prends le temps qu’il faut. Ce que tu écris sur l’attachement aux machines, je ne l’avais jamais lu ailleurs — moi qui passe mes journées à brancher des gens.

    Bien à toi,
    Vincent

    • PUautomne dit :

      Merci pour ce gentil commentaire, l’attachement à la machine m’a toujours fasciné, comme les différences de temporalité entre médecin et patient.

  4. Eldoctorjoe dit :

    Phew. ! … rassuré que tout se termine bien 🙂 Prompt rétablissement comme on dit 😉

  5. jolicoeur bleuroseblanc dit :

    Bonsoir, je viens de lire votre aventure !!!!!Et quelle aventure !!!! Vous voilà stenté ………Les médecins font des miracles !! Heureusement qu »ils sont là et qu’ils connaissent leur travail sinon ………. Bon rétablissement !!! Je ne suis pas médecin mais j’aime lire de temps en temps vos histoires de reins !!!!!! Je me permets une bise !

  6. Jonnhyweb dit :

    Merci pour ce récit haletant.
    Vous avez une sacrée plume.
    Je vous souhaite un excellent rétablissement!

  7. JIPS dit :

    Bon rétablissement, prenez surtout soin de vous, et merci pour ce message qui est un très bel hommage aux équipes hospitalières et à l’hôpital public.
    Bien cordialement.

  8. Wilmart dit :

    Bon rétablissement prenez soin de vous

  9. JMB dit :

    Bon rétablissement Stéphane.

  10. jpfyad dit :

    Bravo !!! Çà vaut un Ironman, une Diagonale des fous, ou un Ultra Trail du Mont-Blanc !!!

  11. rémi nfkb dit :

    Salut Stéphane,
    je sais que tu ne manques pas de livres dans ta pile, mais je te conseille une écriture pleine de punch : Kérozène d’Adeline Dieudonné. C’est mon coup de coeur du début de l’été.
    Plus calme et poétique : Nicolas Bouvier et L’usage du monde pour voyager en restant modeste en EqCO2.
    Enfin, ma bibliothèque naturaliste est enrichie de Vinciane Despret, Baptiste Morizot et François Sarano. J’aime beaucoup. Remercions au passage le règne mycologique pour les statines et le végétal pour l’aspirine. Enfin, j’étale ma confiture avec cette citation de Morizot dans le chouette podcast Bookmakers : « nous vivons dans un monde donateur qui rend notre vie possible. »

    Tchüss !

    PS Très émouvante l’interview dans la vie en zigzag.

  12. Doudou13314682 dit :

    Bonjour et bon rétablissement !
    En fin de vie professionnelle, 48 ans après un passage d’externe en cardiologie je regarde toujours avec émotion les progrès réalisés dans la spécialité.
    Passer la ligne rouge de doc à patient est une raison supplémentaire de maintenir l’esprit critique !🥳

  13. F. ZORES dit :

    Je ne souhaiterai pas un « prompt » établissement, mais un rétablissement qui prendra le temps nécessaire. Nous avons appris à prendre soin des autres, et assez peu de nous même. Mais le médecin n’est jamais qu’un patient comme les autres quand il passe de l’autre côté. La prise en charge de la maladie coronaire aiguë à ce don fascinant de faire oublier la gravité de la chose tant elle est protocolisée, étudiée, cadrée et surtout efficace.

    L’heure est aux voeux de bon rétablissement, de temps pour soi et de repos.

    Amicalement

    Florian

  14. Catherine Simon dit :

    Bon rétablissement ! J’ai survécu déjà 16 ans à mon premier infarctus, et je pense comme vous que ce type d’intervention est d’une efficacité incroyable. En revanche, j’ai bondi quand j’ai lu « je m’endors, l’anesthésiste a du pousser un truc. » et « je suis un peu dans le coltard », vous confirmez que vous avez eu une sorte d’anesthésie ? Si oui, je suis hyper jalouse, car moi je n’ai jamais eu droit à une anesthésie pour mes 3 coros (à part l’anesthésie locale au point d’incision), et je les ai trouvées très douloureuses.

  15. MARIE HELENE MAURY CHARBONNEL dit :

    Bons jours et comment allez-vous ? En espérant mieux dans votre corps et vos cogitations, bon rétablissement. j’espère, nous espérons, pouvoir vous lire encore et encore avec plaisir et intérêt ( on se serait bien passé des 2 derniers ) Merci la médecine et ses médecins. Cette expérience est parlante: c’est plus ou moins l’état d’esprit de nos patients, tâchons de rester à la hauteur avec professionnalisme et empathie… Merci de partager quelques bouts de votre vie.

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