L’encéphalopathie chronique traumatique (chronic traumatic encephalopathy, CTE) est une maladie responsable de troubles neurologiques graves allant jusqu’à la démence. Elle est le fruit de traumatismes crâniens répétés. Elle a été essentiellement documentée chez les joueurs de football américain. Sa prévalence est un enjeu important dans ce sport, uniquement pour des problèmes financiers et les marges des dirigeants. Une étude récente, bien faite, vient d’être publiée dans le BMJ, connu pour sa rigueur méthodologique. Je ne vais pas détailler les résultats qui confortent le fait que c’est une maladie fréquente dans cette profession. Au minimum 25% des joueurs en sont atteints, au maximum, c’est 97%. Il parait clair que c’est un facteur de risque majeur de démence. C’est la plus large des études du genre et sa force est d’avoir analyser des donneurs de cerveau et des non donneurs. Pour l’instant nous n’aurons jamais mieux. Ces données sont largement confirmés par une étude sur les causes de mortalité chez les anciens footballeurs. Elle montre que par rapport à la population générale, ces sportifs meurent moins, par contre ils ont un surrisque d’un facteur 3 de mourir de maladies neurodégénératives. Aucun doute, le football américain n’est pas bon pour le système nerveux central.

J’ai découvert ce papier en lisant une nouvelle de science. Elle est franchement bien écrite et explique simplement ce qu’est la maladie, comment ça marche et les difficultés au diagnostic et à la prise en charge. La prévention est mollement abordée par le biais de la science des casques, l’article est excellent. Cette maladie est facile à éviter, pas de traumatismes crâniens répétés. Qui aura le courage de mettre en place de véritables mesures de prévention dans les sports de contacts et pas uniquement chez les professionnels mais aussi les amateurs. Si, ici, j’ai parlé du football US, c’est le même problème dans la boxe, le rugby sous toutes ses variantes, le hockey sur glace et on peut s’interroger sur le jeu de tête dans le soccer. Il faudrait, au minimum, une information claire faite aux parents, quand les enfants ou adolescents commencent ces sports, sur le risque de maladies neurodégénératives.
J’espère qu’un jour un ministre des sports en collaboration avec son collègue de la santé s’empareront de ce sujet. Tout le monde à peur de mourir dément, faisons de la prévention simple. Évitez les coups répétés sur la tête.
