L’éternité en forme

Le mythe de sisyphe revisité par PBF.

https://pbfcomics.com/comics/sisyphus-myth/

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Less is more transplantation

J’aurais vraiment aimé que cet essai soit positif, tant cette situation clinique est embêtante. La nicotinamide ne réduit pas le risque de récidive de cancers cutanés chez les transplantés d’organes. Pour mesurer l’ampleur du problème regardez le nombre moyen annuel de récidives. L’essai manque de puissance mais vu les résultats, même avec le bon recrutement peu de chance qu’il y eu un résultat positif.

https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2203086?query=TOC&cid=NEJM%20eToc,%20March%202,%202023%20DM2076332_NEJM_Non_Subscriber&bid=1439112985

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Moins c’est mieux lithiase

Essai randomisé contrôlé majeur dans le NEJM, malheureusement négatif, l’hydrochlorothiazide bien que diminuant la calciurie ne diminue pas le risque de récurrence de colique néphrétique avec un suivi de prêt de 3 ans. On pourra discuter la définition de l’hypercalciurie et le fait que seulement 60% des patients le sont. Il n’empêche que vu l’augmentation du nombre de cas de diabète ça ne donne pas très envie de prescrire de l’hydrochlorothiazide en prévention de la lithiase rénale. Dans certains cas, on discutera son utilisation surtout les hypercalciuries importantes. Bravo aux auteurs suisses d’avoir randomisés plus de 400 patients dans ce très bel essai.

https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2209275?query=TOC&cid=NEJM%20eToc,%20March%202,%202023%20DM2076332_NEJM_Non_Subscriber&bid=1439112985

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Pourquoi vous ne verrez jamais un fin croissant de lune haut dans le ciel ou en pleine nuit.

La réponse est ici.

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Vous reprendrez bien un peu de faux sucre

Je vais parler de deux articles pour lesquels mon niveau de compétence n’est pas optimal. Je suis néphrologue et pas diabétologue. Je pense avoir lu le premier assez attentivement pour en parler. Pour le deuxième je maitrise un peu plus.

Ce premier article est en accès libre sur le site de Cell. Chacun pourra ainsi se faire son opinion. Il s’agit du travail d’une équipe israélienne qui s’intitule « Personalized microbiome-driven effects of non-nutritive sweeteners on human glucose tolerance ».

La question posée est simple, est ce que les édulcorants modifient la tolérance glycémique?

Les édulcorants sont largement utilisés dans la population avec de nombreux aliments dit light. La discussion sur les effets bénéfiques ou maléfiques de ces compléments alimentaires est un vaste sujet. Je déclare un conflit d’intérêt intellectuel, j’ai tendance à penser qu’il faut éviter toute alimentation ultratransformée et qu’il faut au maximum faire sa cuisine soit même en privilégiant des apports riches en végétaux et plutôt un régime type méditerranéen. L’introduction de l’article fait bien le point sur la conflictualité du sujet édulcorant. Les auteurs en terme de volume de bibliographie ont trouvé plus d’article en défaveur de l’utilité de ces molécules qu’en leur faveur. Connaissant mal la littérature sur le sujet, je laisserai d’autres commenter si ils le souhaitent.

Le cœur de l’article est un essai randomisé sans aveugle qui va comparer la réponse glycémique de 6 groupes sur une période de 28 jours. L’inclusion a été difficile car il fallait que les participant ne consomment pas d’édulcorant du tout. Finalement ils ont inclus 131 personnes sans pathologie plutôt jeune (29,9 ans ans de moyenne), plus de femmes (65%) et avec des bilans parfaits. Il faut noter qu’on ne voit pas vraiment des valeurs comme on en a l’habitude. J’aurai bien aimé voir la créatininémie ou un DFG car c’est surtout ça qui va m’intéresser. Je fais confiance aux auteurs, il n’y a pas d’insuffisants rénaux, comme il n’y a pas de diabétique. Les participants vont consommer pendant 14 jours soit de la saccharine, soit du sucralose, soit de l’aspartame soit du stevia soit du glucose soit rien. On donne au participant 6 sachets qui leur feront consommer par jour, pour l’aspartame 0,24g soit 8% de l’apport acceptable quotidien & 5,76g de glucose, pour la saccharine 0,18g soit 20% de l’apport acceptable quotidien & 5,82g de glucose, pour le sucralose 0,102g soit 34% de l’apport acceptable quotidien & 5,898g de glucose, stevia (steviol glycosides) 0,18g soit 75% de l’apport acceptable quotidien & 5,82g de glucose, pour le glucose 5 grammes.

La glycémie sera surveillée par une mesure du glucose dans l’eau interstitielle. L’épreuve de tolérance glucidique sera faite à domicile avec cette technique de mesure toutes les 15 minutes après avoir ingéré 50 g de glucose en moins de deux minutes. Ils vont faire au total 9 tests de tolérance glucidique. Le nombre de données accumulés est très important, avec une grand variabilité de résultats entre les individus pour les tests à la baseline mais une assez bonne corrélation entre les tests. Le résultat majeur qui sera le plus commenté et critiqué est le fait que la tolérance glycémique est moins bonne durant la période de prise de deux édulcorants, la saccharine et le sucralose. Les auteurs ont analysé dans tous les sens les data et ils retombent toujours sur ce résultat. En pratique, quelques jours de consommation de saccharine ou de sucralose modifie votre tolérance à une charge en sucre. Un résultat très amusant est que l’insulinémie est seulement augmentée dans le groupe glucose sans édulcorant. Il n’y a pas d’autres modifications durant la période qui pourrait expliquer la différence de réponse au glucose observée. Il y a peu de doute que la saccharine et le sucralose ont un impact, du moins sur une courte période et chez des gens qui vont bien. Je ne sais pas pourquoi mais je pense que plus longtemps et chez des gens moins bien portants le résultat ne sera pas vraiment différent, mais en toute rigueur il faut faire le job pour y répondre. Dans le doute, j’éviterai ces deux édulcorants à ce stade du papier.

Comment ça marche? l’hypothèse des auteurs est que les édulcorants modifient le microbiome fécal. Alors qu’il n’y avait pas de différence entre les groupes au départ ceux qui consomment de la saccharine et du sucralose voit la composition de leur microbiote se modifier. La fonctionnalité du microbiome est modifiée pour les quatre édulcorants alors que les groupes glucose et rien n’ont aucune modification de composition ou de fonctionnalité.

C’est bien d’avoir trouvé des modifications du microbiome mais comment ça marche? Il faut trouver des métabolites dans le sang des patients dont la concentration bouge avec la supplémentation en édulcorant et qui sont corrélé à la tolérance glycémique. Le sucralose est celui qui modifie le plus le métabolome avec 9 qui augmentent et 3 qui diminuent sur l’ensemble de la population sucralose alors que les concentrations de ces métabolites ne bougent pas chez ceux ne prenant que du glucose ou rien. Un certain nombre de ces métabolites collent avec les modifications de fonctionnalité du microbiome observées. Le sucralose modifie la concentration de certains métabolites via son impact sur la flore intestinale. Pour finir avec le sucralose, ils ont comparé les métabolites qui bougent le plus et ceux qui modifient le plus leur réponse glucidique. 3 métabolites dont la sérine voit leurs concentrations augmentées avec la supplémentation chez ceux qui seront le plus intolérant au glucose par rapport à ceux qui n’ont pas de modification de la réponse glucidique.

Pour être honnête, ce qui m’a le plus intéressé est l’effet de la saccharine qui entraîne une augmentation de l’indoxyl sulfate une toxine urémique bien connue que nous étudions largement au sein du labo est qui est toxique pour l’endothélium. Ainsi la saccharine pourrait en plus d’être responsable d’une insulinorésistance être aussi responsable d’une toxicité endothéliale directe. J’aimerai bien avoir les taux d’IS observés.

L’aspartame n’entraîne pas de modification de la tolérance glucidique, quand on regarde les métabolites qui bougent on retrouve encore deux agonistes d’AhR, la kynurénine et l’indole-3-Acetate (mieux connu sous le nom d’indol acétique acide, IAA). Manifestement, les édulcorants modifient le métabolisme du tryptophane. La littérature récente nous donne peut être une explication sur la bonne tolérance glycémique de l’aspartame, c’est l’IAA qui pourrait augmenter la production de GLP1. L’analyse métabolomique, c’est vraiment intéressant.

Pour finir avec ce papier les auteurs, font de la transplantation fécale chez des souris qui conforte leur idée que les édulcorants, c’est pas génial pour le bilan glucidique surtout le sucralose.

Après avoir lu ça, vous allez dire c’est pas grave moi je ne consomme pas ces trucs mais des polyols uniquement et surtout de l’erythritol. Un article récent vient vous dire mauvaise pioche. Cet article montre que ce polyol est associé au risque de faire un événement cardiovasculaire majeur dans trois cohortes indépendantes et ça résiste à l’ajustement avec en plus un effet dose. Plus vous avez d’erythritol circulant plus vous augmentez votre risque de faire un infarctus ou un accident vasculaire cérébral.

Ensuite les auteurs montrent que les concentrations d’erythritol retrouvées chez les patients, in vitro activent les plaquettes et favorisent l’agrégation plaquettaire. Ils utilisent un modèle in vitro de formation du thrombus plaquettaire qui conforte ces résultats et chez la souris la prise de cet édulcorant entraîne une occlusion plus rapide de la carotide après exposition au chlorure de fer.

Enfin, chez des volontaires sains, la prise de 30 g de ce prothrombotique entraîne une augmentation des concentrations circulantes (au delà des concentrations utilisées dans les manip plaquettes) et ce pendant 24 à 48 heures. 30 g c’est une portion de glace ou un portion de boisson contenant cette magnifique molécule. Quand on sait que l’erythritol est éliminé à 80% par le rein, je n’ose pas imaginer les concentrations obtenus chez les patients avec une maladie rénale chronique.

Les données de cet article montrent de façon robuste un effet délétère de cet édulcorant sur la fonction plaquettaire. La principale cause de décès chez les patients diabétiques est cardiovasculaire, on peut se demander si il est bien raisonnable de conseiller l’utilisation d’aliments contenants de l’erythritol surtout si il y a une pathologie coronarienne ou des lésions vasculaires.

Ces deux articles méritent de voir leurs résultats répliquaient mais le signal d’alerte est là sur les édulcorants et il est difficile de l’ignorer en terme de santé publique. J’aimerai bien doser l’erythritol chez des patients avec une maladie rénale chronique pour voir si nous pourrions le rajouter à la liste des toxines urémiques. Enfin concernant les dérivés du tryptophane, je suis convaincu que c’est un sujet très important pour comprendre certaines complications et certains aspects bénéfiques de notre alimentation.

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Pour faire votre malin en société, quel est le film le plus long de l’histoire?

La réponse est LOGISTICS, 37 jours et nuits (51420 minutes) du parcours à rebours d’un podomètre de la Suède à la Chine. Je vous mets le trailer qui dure 72 minutes. Ca vous donnera peut être une idée de voyage contemplatif.

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Réinventons la roue

Un article très mignon qui découvre que c’est plus facile de trouver un effet bénéfique chez les patients les plus symptomatiques. La clinique, c’est important. C’est une sous analyse de DELIVER, dapagliflozine dans l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée. Vous pouvez voir que plus les patients sont symptomatiques plus la gliflozine va avoir un effet bénéfique, en particulier sur les événements d’insuffisance cardiaque.

Sur l’amélioration des symptômes c’est pareil, ceux qui bénéficient le plus du traitement sont ceux qui sont le plus symptomatique et ceci quelque soit le débit de filtration au départ.

Ceci rappellera, les résultats d’EMPA-Kidney. Même si la molécule marche de la même façon entre les différents sous groupes de DFG, ce qui est rassurant. Quand on prend comme marqueur de risque de dégradation de la fonction rénale ou d’événements CV, l’albuminurie, c’est bien ceux plus à risque de faire un événement (les patient avec un RAC>300) qui bénéficient le plus du traitement.

Plus votre risque d’avoir un mauvais pronostic est important, plus une molécule efficace vous fera gagner du temps sans la survenue de l’événement que vous craignez et inversement quand votre risque est faible, le bénéfice sera plus lent à apparaitre et il sera souvent largement mitigé par les effets secondaires potentiels du traitement. Voici une des activités importantes du médecin dans les maladies chroniques, identifier celui qui aura le plus de bénéfice du traitement avec le moins d’effet secondaire.

Et pour finir dans ma réinvention de la roue, nous résumerons ceci dans une expression, mesurons la balance bénéfice/risque de nos soins, la base de l’EBM.

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Japet, la noix du système solaire

Au centre de Cassini Regio court une crête équatoriale… Source. C’est drôle qu’une noix géante porte le nom de celui qui serait notre ancêtre.

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Vieillir c’est pas bon

Les chroniques génomiques de B. Jordan sont toujours très intéressantes, celle ci montre que la longévité des espèces est fortement associés aux taux de mutations somatiques. La souris mute beaucoup et meurt vite, l’humain mute peu et vit longtemps. Notre capacité à réparer notre ADN est ainsi capital pour vivre longtemps et probablement en bonne santé. Vous découvrirez aussi le paradoxe de Peto si vous ne le connaissiez pas.

Une autre chronique importante car elle remet en cause une idée préconçue. L’exposition humaine a des doses de radiations importantes n’entraîne pas d’accumulation de mutations dans la descendance. Ceci résulte de l’étude des enfants nés après l’accident de Tchernobyl. Si on doit avoir peur des radiations ionisantes ce n’est pas le risque d’apparition d’humain à 5 pattes.

Une revue en français si vous vous intéressez au grêle court.

Si vous vous intéressez au GLP-1, une revue en anglais sur les effets postprandiaux de ce dernier, un sujet franchement intéressant et un petit papier en français sur le GLP-1 de l’estomac.

Dans la série, le thé c’est bon pour la santé, ce papier d’annals of internal medicine. Réduction de la mortalité toute cause dominant sur le cardiovasculaire avec un effet moins robuste sur le cancer. C’est plein d’ajustement dans tous les sens et en dehors d’un essai randomisé qui n’aura jamais lieu on ne fera pas mieux. Si vous mettez du lait dedans c’est pas bien grave par contre je déconseille le sucre. Enfin le fait de métaboliser vite ou lentement la caféine n’a pas beaucoup d’impact.

le thé c’est bon pour la santé

Très intéressant commentaire sur la barrière hémato-encéphalique et le rôle de la cellule endothéliale comme producteur de lactate pour nourrir le péricyte. C’est passionnant.

Si le thé est un saint breuvage, prendre des coups sur la tête est une activité qui est associée au risque de développer une hypertension artérielle. Un très intéressant travail loin d’être parfait sur une cohorte de footballers américains qui montrent que plus on a eu des épisodes de traumatismes crâniens pendant sa carrière plus on est à risque de présenter une HTA. Ce serait vachement intéressant de faire le même travail dans le rugby ou le soccer.

Un papier majeur pour la prise en charge du cancer du pancréas, à l’heure où les spécialistes français tire la sonnette d’alarme. Pour faire court un très long papier particulier riche, sauf pour la partie clinique, les auteurs montrent qu’une toxine urémique l’indolacetique acide (IAA) est un facteur de réponse à une chimiothérapie dans le cancer du pancréas. Plus il y a d’IAA plus la réponse est importante, cet effet est dépendant de la présence des polynucléaires neutrophiles et indépendante d’AhR. L’effet est ROS dépendant montrant encore une fois que ce qui est mauvais pour certaines choses peut être bon pour d’autres. Franchement un très bon papier. J’ai presque envie de proposer aux oncologues de doser l’IAA chez leurs patients pour voir si on réplique les résultats cliniques.

Enfin un petit conseil d’écoute, où vous apprendrez pourquoi la théorie de la relativité aurait plutôt du s’appeler théorie des invariants.

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Mercure devant le soleil

Cette image donne une bonne idée des dimensions de notre système solaire. Le diamètre de Mercure c’est 4779 km, celui de la Terre, 12 742 km. Si vous voulez vous représenter la Terre à la place de Mercure vous multipliez par 3 la taille de la boule que vous voyez avancer devant le soleil. On est petit. La source de la vidéo est là.

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