Petit jeu très facile: la douleur abdominale chez un transplanté rénal à une heure du matin

Coup de téléphone à une heure du matin:

-« Allo, c’est les urgences, on a M. PKD, un transplanté rénal qui vient pour des douleurs abdominales et une confusion. »
-« Oui et il a quoi? »
-« Je sais pas il vient d’arriver, il a quoi comme antécédents? »
-« Une polykystose rénale autosomique dominante et il est gros. Comment est sa tension artérielle? Vous lui avez fait un bilan? »
-« La TA est normale et j’ai pas le bilan. »
-« Et bien rappelez moi avec. »

Deux heures du matin:

-« Allo, il a 800 µmol/l de créatininémie, est ce qu’on peut lui faire un scanner injecté, il a très mal au ventre? »
-« Il a aussi une poussée d’insuffisance rénale aigue, remplissez le. Pas de problème pour le scanner, rappelez moi avec les résultats »

Je me réveille à 6 heures du matin sans nouvelles. Je suis étonné, 800 de créat et on ne me rappelle pas, étrange.

Je regarde le scanner. Je vous soumets quelques images.

La dernière image est juste là pour vous montrer qu’il est bien polykystique 😉

Pourquoi a-t-il mal au ventre ?

Et un morceau de circonstance par l’excellent Portico quartet.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

11 réponses à Petit jeu très facile: la douleur abdominale chez un transplanté rénal à une heure du matin

  1. Babydoc dit :

    Ce monsieur n’aurait-il pas gentiment (doute sur l’orthographe!!) disséqué son aorte thoracique, abdominale et peut-être même les iliaques (sur pour la gauche au moins au début, plus douteux sur la droite)!

  2. John Snow dit :

    Dissection aortique.
    Le flap intimal est bien visible sur tout le trajet de l’aorte. Le faux chenal englobe une artère digestive (je dirais la mésentérique sup), expliquant les douleurs digestives par l’ischémie mésentérique. L’insuffisance rénale doit pouvoir s’expliquer par le même mécanisme.

    • PUautomne dit :

      Exactement, il a magnifiquement disséqué son aorte sur toute sa longueur. L’insuffisance rénale aigue est secondaire à la thrombose de l’iliaque primitive gauche (son transplant est de ce coté). C’est bien la mésentérique supérieure qui est thrombosée. Bien joué M Snow, je lui ai pas fait faire de BU 😉

      • John Snow dit :

        Pour un fois, je gagne au quizz!
        Si on distingue mal le faux du vrai chenal, c’est peut-être car les 2 circulent (la diffusion du PdC est alors homogène des 2 côtés).
        La dissection part de la crosse ascendante, ce qui est fâcheux: les
        coronaires peuvent également être disséquées, ainsi qu’un hémopéricarde si la dissection englobe la racine aortique.
        C’est une vraie merde à opérer.
        Juste pour info, quelle stratégie à été choisie? Endoprothèse? Chirurgie conventionnelle?

        Ouf pour la BU 😉 J’ai quand même cru que tu me faisais la gueule. Non pas que ça me gêne, mais je préfèrerais quand même que ce soit pour de bonnes raisons :p

  3. Laurent dit :

    Pas grand chose à rajouter, la dissection est très nette! On a du mal à distinguer le vrai chenal du faux, mais j’ai quelque inquiétude pour son tronc coeliaque (ou AMS, faudrait faire défiler toutes les images…), et je n’ose imaginer l’état des artères rénales. Hélas pour le monsieur, et heureusement (!?) pour vous, l’insuffisance rénale aigue n’est pas son problème majeur… Bon courage à l’anesthésiste, le chirurgien, le perfusionniste et le réanimateur qui vont devoir s’occuper de lui!

    A mon tour de poser une question par curiosité à l’universitaire: coïncidence ou association statistique entre PKAD et dissection aortique?

    • PUautomne dit :

      Ca se passera mal pour le monsieur à la fin, malgré une réussite chirurgicale.
      La dissection peut compliquer la PKD. Statistiquement, ça ne sort pas vraiment, mais il y a probablement une association entre risque de disséquer et PKD. Ceci est conforté par un vieux papier qui retrouvait une fréquence élevée de dissection des artères à destinée cérébrales lors des artério. Il y a une vraie fragilité vasculaire chez certains de ces patients.

      • Laurent dit :

        Intéressant! Moi qui m’intéresse pas mal à l’hémorragie méningée, je connaissais le lien entre anévrysme et polykystose, cette possible fragilité vasculaire, intellectuellement, ça aiguise ma curiosité…

        Autre question naïve: pourquoi ne pas avoir fait de néphrectomie chez ce patient transplanté, devant la taille des reins?

  4. Dolanlan dit :

    Reponse d’un D3 content d’avoir vu le « flapping intimal » et l’aspect en « double chenal » (attention mots clefs).

    Interressant le rapport entre la fragilité vasculaire « marfan-like » et la PKA. Je ne ferait pas l’affront de parler de pathologie du tissus conjonctif mais ca y ressemble un peu quand meme présenté comme ca…

Laisser un commentaire