Eugénisme par SMBC

Source : Saturday Morning Breakfast Cereal

J’aime bien « Press This ».

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« Press This », un test.

A composite of six satellite images captures some of the planet’s southern charm.

Source : Ocean Color, Ocean Beauty : Image of the Day

Dans la mise à jour de WP4.2, il y a le bouton « press this ». Manifestement, WP cherche à concurrencer Twitter et Tumblr en rendant facile la mise en ligne. Je teste, avec une bien belle photo de notre « pale blue dot ».

Si ça marche correctement, je sens que les blog hébergés sous WP vont augmenter leur visibilité.

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Comment choisir les étudiants en médecine ?

Je n’ai pas LA réponse. Elle a pour corollaire, qu’est ce qu’un bon médecin? J’ai une idée forgée par mon expérience et mes rencontres. Elle est totalement subjective. Le sujet est un débat sans fin, chacun se posant comme référentiel. J’ai déjà expliqué mon entrée miraculeuse en médecine. Il y a toujours des discussions pour savoir comment réformer « l’immense gâchis de la première année ». Un marronnier du débat médical français et des différents gouvernements qui ne trouvera pas de solution tant que le taux de reçus fluctuera entre 15 et 27%. Il est amusant de voir qu’il n’y a pas de débat sur comment éviter « l’immense gâchis de ceux qui veulent devenir ingénieur et n’y arrivent pas ». Ou l’immense gâchis de la licence, sur le sujet de la problématique du décrochage universitaire je vous conseille ce remarquable article de François Sarfati. Il déconstruit remarquablement le concept.

Il y aura toujours de la frustration pour ceux qui ne peuvent pas rentrer et la réorientation même optimisée n’y fera rien. Une bonne façon de faire diminuer la frustration est de dévaloriser suffisamment l’image du médecin pour ne plus donner à grand monde l’envie de faire ce métier. L’autre est de ne plus limiter l’accès à la deuxième année.

La mode actuelle, qui n’est pas que française, est de dire que nous n’avons pas assez de médecins humanistes. Nous ne formerions que des techniciens ne se souciant pas de l’autre comme individu. Il y a une tentation de penser que nous pourrions identifier à 18 ans les futurs médecins brillants et empathiques qui sortirons dans une dizaine d’années. Soyons clair, c’est de la fumisterie. J’aimerai rencontrer les génies capables, chez un jeune adulte sortant de l’adolescence, d’identifier ceux qui, de façon certaine, seront de super médecins 10 ou 15 ans plus tard. Nous sommes en plein délire et fantasme. J’attends le gène de l’empathie avec impatience pour voir le Gattaca médical se construire.

Je suis convaincu que l’empathie, l’intérêt pour l’autre s’apprend, se développe, se forge au gré des rencontres, des expériences, du mode de sélection. Il n’y a pas un don naturel pour l’empathie ou la communication, ce muscle du souci d’autrui se travaille car ce n’est qu’un formidable outil pour mieux soigner. On ne le répétera jamais assez, écouter l’autre dans sa demande, sa plainte est le début, le premier soin.  Remettons la clinique au cœur de l’évaluation.

Faire confiance aux enseignants qui évaluent les étudiants au lit du malade, en n’ayant pas peur de la subjectivité de cette évaluation. Le patient ne nous juge pas que sur des données objectives. Malheureusement, il y a un refus total, l’exercice de la clinique est vu comme injuste, alors on préfère s’en remettre à la magie de la tablette et des QCMs. Tant que l’évaluation des compétences au lit du malade ne vaudront rien dans le classement à l’ECN, la situation restera bloquée. La clinique, durant la formation initiale, ne sera vue que comme un gadget alors qu’elle est au centre de ce métier. L’internat prend le même chemin. On sent, la demande par les associations d’internes d’une évaluation qui serait objective et juste, en pratique des examens. La place de la clinique s’étiole, alors que les étudiants Erasmus allemand sont fascinés et aiment l’accès facile au patient du système français, dans la logique ECN, le stage hospitalier n’est vu que comme un obstacle au bachotage. Il ne faudra pas venir pleurnicher sur les médecins pas assez humains, quand aura été mis en avant uniquement les compétences livresques.

Former un clinicien prend du temps, nécessite de voir beaucoup de patients, d’avoir une réflexion sur sa pratique, d’avoir un regard qui juge pour faire progresser. Nous devons donner du temps pour acquérir cet œil de maquignon. Peu de personnes sont prêtes actuellement à le faire et c’est la mort de la clinique. Ce n’est pas très grave, les systèmes experts, reposant sur l’analyse des big data, feront probablement mieux que nous pour le diagnostic et la prise en charge thérapeutique. Je ne suis pas sur que les individus malades seront mieux soignés. Je me disperse, revenons à la problématique de l’entrée dans les études de médecine.

Le système actuel d’entrée ne me parait pas plus mauvais qu’un autre. Il sélectionne des individus à forte mémoire et résistants au stress. Deux qualités pour la pratique médicale. J’ai la faiblesse de croire que tout le monde, avec un minimum de système nerveux central fonctionnel, peut apprendre ce métier, si l’enseignement est de qualité et si les étudiants sont motivés par le projet pédagogique. Précisons les objectifs de façon claire et forcément le mode d’évaluation qui permet d’entrer dans le troisième cycle. Vous pourrez sélectionner ceux avec présence du SNP de l’empathie dans le gène de l’ocytocine, la pression de l’ECN transformera vos parangons d’empathie et de compassion en obsédés de l’examen classant, négligeant la clinique car peu rentable. Tant que nous ne réfléchirons qu’à l’entrée sans la sortie, nous nous fourvoierons. Tant que nous penserons que la nature est plus importante que la culture, il n’y aura pas de solutions satisfaisantes.  Je viens de lire un article vraiment intelligent sur le sujet dans le NEJM. Je vous conseille sa lecture, prenez votre temps. L’auteur pose bien les enjeux. Ils ne sont pas si éloignés des deux cotés de l’Atlantique. Si vous n’avez pas envie de tout lire, ses propositions sont résumés en fin d’article. Je vous propose un essai de traduction.

Des pistes pour conserver la compassion et développer la communication chez les étudiants en école de médecine

• Modifier les objectifs pour soutenir l’idéalisme, la gentillesse, et une approche centrée sur le patient. Donner une expérience clinique précoce et nécessitant l’implication de l’étudiant.
• Choisir les enseignants qui soutiennent les valeurs promues.
• Promouvoir et améliorer l’évaluation des capacités de communication interpersonnelle et ses outils. Soutenir les enseignants qui défendent cette approche et empêcher les étudiants ne maitrisant pas ces capacités de passer dans l’année supérieure.
• Défendre des systèmes financiers et logistiques qui permettent aux médecins de passer plus de temps avec les patients.

La culture est plus forte que la nature pour former des médecins.

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« Griboïedov burning blues » par Moriarty

C’est le week end, pour moi dans 4 heures. Vous ne savez peut être pas quoi faire. Si vous avez deux heures de votre temps précieux à enrichir, écoutez ça: Griboïedov Burning blues, une création radiophonique absolument géniale de France Culture. Le podcast trainé depuis un bout de temps dans mon téléphone, exactement le 15 juillet dernier. Une romance musicale et théâtrale librement inspirée de l’immense roman de Boulgakov: « Le Maitre et Marguerite« . Cette œuvre magistrale du maitre soviétique de la littérature fantastique et médicale est un monument de la littérature mondiale. Le pari d’en faire l’ossature d’une heure de spectacle était osé. C’est réussi. J’ai découvert ainsi la belle énergie de Moriarty en live et la fabuleuse voix de la chanteuse. Il a été choisi des moments, je vous les laisse découvrir, de ce roman foisonnant, la réussite est au rendez vous. Woland est au cœur de ce très agréable moment d’écoute.

Alors prenez votre temps, écoutez, ensuite aller faire un petit tour du coté de votre bibliothèque pour relire quelques pages de Boulgakov.

Le service publique radiophoniques fait de belles choses, originales, exigeantes, grand public, passionnantes, il serait dommage de détruire cette belle maison pour faire des économies de bout de chandelles. Merci aux courageux grévistes qui se sont battus pour défendre une création française de grande qualité. La culture, l’université, la connaissance, la musique, la littérature, l’art sont du superflu totalement indispensable à l’homme pour être humain. Notre terrible époque confirme que nos malheurs viennent d’avoir trop d’esprit.

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Dites « 33 dernières consultations »

Il y a trois semaines, j’avais, comme souvent depuis 5 mois, le téléphone de l’hôpital de jour dans la poche.

« Allo, y a une dame qui voudrait en rendez vous, mais le premier est dans plus d’un mois et elle dit que c’est urgent comment je fais? Elle est dans le secrétariat et dit que c’est très urgent. »

« Je viens. »

Je vois une femme entre 35 et 40 ans, qui ne semble pas à l’article de la mort. Elle vient d’être opéré d’une thyroïdectomie totale. Elle est très inquiète car on lui a dit qu’elle avait une fuite urinaire de calcium. Elle a vu sur internet, qu’elle pouvait avoir une insuffisance rénale. Je jette distraitement un coup d’œil sur le bilan qu’elle m’agite sous le nez. Pas d’urgence sur le bilan sanguin (calcémie:2,1 mmol/l, créatininémie: 50 µmol/l), les urines on verra ça en consultation. Comme elle est très anxieuse, je la rajoute à ma consultation 5 jours plus tard. Délai qui me semble raisonnable vu l’absence totale d’urgence à prendre en charge une calciurie un petit peu augmentée.

Cinq jours plus tard, j’ai attendu toute la matinée ce rendez vous qui ne viendra pas. Elle n’a pas téléphoné, pas venu, rien. Elle a du trouver un rendez vous plus rapide ailleurs ou  l’angoisse passée, elle a eu des choses plus urgentes à faire que voir un néphrologue, un lundi matin.

J’entends souvent dire que nous avons trop de délai, que pour voir un spécialiste c’est compliqué, c’est trop long, trop ci ou trop là, que nous vivons dans la pénurie de docteurs, que bientôt on pourra plus se faire soigner, etc. Cette histoire illustre tristement le quotidien, la non venu au rendez vous, sans prévenir, car le forfait de portable faut pas l’utiliser pour être poli… Effectivement nos consultations sont pleines, elles sont aussi pleines de trous car les personnes ne viennent pas. Il faudrait à en écouter certains que nous ouvrions plus de consultations, qu’il faut plus de médecins, ces fainéants qui ne font rien. Je suis convaincu qu’elles se rempliraient mais avec toujours autant de vide. Certains patients  prennent trois ou quatre rendez vous différents et viennent à celui qui leur convient le mieux. Il ne décommande jamais les deux ou trois autres, bloquant la consultation. Il faut bien sur que nous fassions un effort pour les voir entre deux par contre quand il n’y a plus de médicaments ou qu’une angoisse les étreint et si nous refusons, nous sommes inhumains…

Vous me direz, c’est une impression car je suis énervé,  je ne dois pas avoir tant de lapins que ça. Quand j’ai suggéré à mon chef de service une nouvelle organisation, il m’a soutenu que je surestimais le problème. J’ai alors pris mes 33 dernières demies journées de consultations et j’ai compté les venus et pas venus. Le nombre de créneaux de consultations était de 421.

Lapinage de csAvec les 15% de non venus, il a été perdu 63 consultations qui auraient pu être offertes si nous avions été prévenus. J’ai probablement un taux plus élevé que certains de mes collègues. Pour avoir une idée plus globale, nous avons lancé une petite analyse sur les 3 derniers mois, j’ai découvert que ma formidable administration n’est pas capable de me donner ce chiffre, car le logiciel de prise de rendez vous est tellement nul que nous ne pouvons pas faire une addition en cliquant sur un bouton. Nous l’avons fait à la main. Nous tombons sur 13% de rendez-vous non honorés. Si ce chiffre est stable sur un an, nous perdons entre 1400 et 1800 consultations annuelles. Nous pourrions répondre à pas mal de nouvelles demandes en optimisant cette mine de rendez vous.

Je n’ose pas imaginer le volume horaire de consultations perdues à l’échelle de la France dans les hôpitaux publics… Il est instructif de se pencher sur les statistiques de sa structure. La prochaine fois qu’on me parlera de délai de consultations et de désert médical, je parlerai des longues minutes à attendre mes rendez vous non honorés.

Une prochaine fois je vous parlerai des patients dont la spécialité est de débarquer sans rendez vous pour une « urgence »…

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A combien de patients faut il donner un AINS pour observer une insuffisance rénale aiguë ?

Nous recevons beaucoup de patients ou de demandes d’avis pour des patients avec une insuffisance rénale aiguë dans le service. La principale cause retrouvée est l’effet secondaire d’un médicament, en particulier l’association inhibiteur de l’enzyme de conversion/sartans et diurétiques, parfois il y a en plus la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Nous n’avons jamais quantifié ce recrutement et en plus, honte à nous, nous ne faisons pas de déclarations de pharmacovigilance systématique.
Il est difficile de donner des chiffres.
Un article qui fera date vient d’être publié dans Kidney International. ki2015101a

Il est dommage qu’il soit dans un journal de spécialistes et pas dans une revue généraliste. Les néphrologues sont dans leur majorité convaincus des risques de la prescription des AINS avec d’autres médicaments modifiant l’hémodynamique intra-rénale.
Pour mémoire, les prostaglandines et la PGE2 en particulier ont pour rôle de vasodilater l’artériole afférente. Le blocage par les AINS de la production de prostaglandines va modifier l’hémodynamique intra-rénale en diminuant la pression de perfusion rénale, ceci peut faire diminuer le débit de filtration glomérulaire (DFG). En situation stable, sans déshydratation ou prise d’IEC, ce phénomène a peu d’impact par lui même sur la fonction rénale. Par contre il peut devenir très gênant en situation de stress (hypovolémie), quand pour maintenir le DFG, la vasodilatation de l’artériole afférente est critique. La physiologie nous apprend que le risque de chute du DFG devient important quand le jeu des pressions des artérioles autour du floculus est important pour maintenir le DFG, comme lors d’un épisode de déshydratation extra-cellulaire. L’angiotensine II entraine une vasoconstriction de l’artériole efférente qui en situation d’hypovolémie en coordination avec la vasodilatation de l’artériole afférente va maintenir la pression hydrostatique dans le glomérule pour maintenir le DFG. Si vous bloquez en même temps la production de PGE2 (AINS) et d’angiotensine II (IEC) vous augmentez fortement le risque de chute du DFG (insuffisance rénale) surtout si en plus vous avez une diminution de votre secteur extra-cellulaire par exemple lors d’un traitement par diurétiques.

DFG
Les auteurs écossais de cette pépite ont accès à une cohorte de patients prenant des bloqueurs du système rénine angiotensine aldostérone (BSRA) et ou des diurétiques depuis 2004. Ils ont réalisé une étude cas (2226) témoins (21206) pour évaluer l’impact de la prise d’AINS de façon concomitante à celle de BSRA ou de diurétiques sur la fonction rénale, en particulier la survenue d’une insuffisance rénale aigue (IRA). Une des forces de l’étude est d’analyser la fonction rénale des patients non pas sur le codage intra-hospitalier mais sur les données du laboratoire. Il ont pris une définition standard de l’IRA fourni par les KDIGO, une augmentation de 50 % de la créatinine de base (1,5 fois) ce design leur permet d’avoir des IRA hospitalisées mais aussi ambulatoires.

Un premier résultat est que le codage hospitalier sous estime la survenue d’une IRA puisque seulement  43% des patients avec une IRA auront un codage de l’IRA à la sortie de l’hôpital. Le deuxième est que l’incidence de l’IRA chez les patients prenant un BSRA et/ou un diurétique sans AINS est de 64/10000 patient années. Un troisième enseignement est l’association entre la survie à trente jours et le fait d’avoir eu une IRA, je vous le rappelle définie par une augmentation de 50% de la créatinine de base. Pour les cas (IRA), la mortalité à 30 jours pour ceux qui sont hospitalisés est de 20% contre 3% pour les contrôles. Plus impressionnant est le résultats pour les cas suivis en ambulatoire, car si la mortalité à 30 jours des contrôles est de 0,16 % elle passe à 4,2% pour les patients avec une IRA. La survenue d’une insuffisance rénale aiguë n’est jamais un événement anodin, elle est associée à une augmentation du risque de décès à 30 jours. Ce n’est pas l’IRA, quoique, qui entraine le décès mais elle est, au minimum, le signe d’une situation à risque.

Entrons dans le vif du sujet, les résultats sont présentés dans le tableau suivant.

Présentation1

Les auteurs ont eu le bon gout de nous donner le NNH (number need to harm) soit le nombre de patients devant prendre le médicament (AINS) pour avoir l’effet secondaire IRA. Les chiffres parlent d’eux même. La nouveauté de ce travail est de montrer un sur-risque juste avec une prise BRSA ou Diurétique +AINS, le NNH n’est pas très effrayant autour de 300. Quand on arrive sur une triple association ce qui est loin d’être exceptionnel, combien de prescriptions de coMachin en oubliant que le co est un diurétique, le NNH de 158 doit inciter à un peu de réflexion avant de rajouter un AINS au coBidule. Passons aux NNH <100, comme IEC et ou diurétique plus AINS après 75 ans (68), même chose avec un DFG <60 (75), et la palme avec l’association diurétique de l’anse/anti-aldistérones et AINS où le NNH est de 10. Mon sentiment est que dans les situations où le NNH est inférieur à 100, le risque pris à prescrire un AINS à des patients prenant déjà des bloqueurs du SRAA et/ou des diurétiques dépassent largement les bénéfices attendus.

Ce remarquable travail de santé publique doit inciter à la prudence quand à l’utilisation des AINS chez tous les patients prenant des bloqueurs de SRAA et/ou des diurétiques. Il faut bien peser la balance entre les bénéfices et les risques. On peut se demander si il est raisonnable que ces molécules soit en vente libre.

J’ajouterai que si il y a en plus un épisode de déshydratation extra-cellulaire surajouté (diarrhée par exemple), le risque devient majeur. Si en plus vous rajoutez la prise de metformine, vous pouvez observer des situations cliniques assez amusantes et un peu stressantes quand vous les recevez en garde. Je vous conseille la lecture de cet article, voir son affichage dans toutes les pharmacies à coté du rayonnage d’ibuprofene.

J’explique à tous mes patients qu’il ne faut pas prendre d’AINS avec ces molécules. J’essaye aussi de leur apprendre à les arrêter en situation à risque de déshydratation extracellulaire comme lors d’une gastroentérite. Il n’est pas très grave d’arrêter son traitement par BSRA ou diurétiques pendant 48 heures – 72 heures, le temps de ne plus avoir de diarrhées et de recommencer à manger.

La physiologie est essentielle pour comprendre les effets secondaires de nombreux médicaments, dommage que cette science de base ne soit pas plus mise en avant.

Une image qui montre l’effet sur le floculus (les vaisseaux du glomérule) de la vasoconstriction de l’artériole afférente, ici après un traitement par ciclosporine à fortes doses chez le rat (à gauche avant, à droite après). On comprend mieux pourquoi bloquer sa vasodilatation fait diminuer le débit de filtration glomérulaire.

VasoconstrictionAA

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Petite écoute à méditer

Si vous avez cinq minutes, je vous conseille ça. C’est ma façon de saluer le bref retour à l’antenne de mes émissions préférées. En quelques minutes, vous comprendrez pas mal de choses sur l’obsession actuelle de l’unification et du contrôle, ici c’est l’exemple des semences, mais le modèle peut être étendu à d’autres sujets.

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Sinon je remercie les grévistes de France Culture car ils me permettent d’écluser une bonne partie de la collection de podcasts qui dormait dans la mémoire de mon téléphone. Ils m’ont obligé à écouter une lecture d’œuvres de Virginia Woolf que j’aurai négligé. J’ai acheté le recueil dans la foulée. Je crois que j’en reparlerai.

Alors, vive la grève.

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Cent ans de cholestérol et de coronaropathies en 12 pages

Je vous conseille la lecture de cette magnifique revue de la littérature par Brown et Goldstein dans Cell sur la physiologie du LDL-cholesterol et son impact sur la santé humaine. 1-s2.0-S0092867415000793-main Elle m’a donnée envie de reprendre des statines.

Il y a beaucoup d’évidences pour penser que le LDL n’est pas très bon pour les vaisseaux de l’homme. Les auteurs font une très belle description de cette grande aventure scientifique qu’est la compréhension de la physiologie de la régulation du taux sanguin de LDL cholestérol. Les deux auteurs sont probablement ceux qui ont le plus contribué à la compréhension de ces phénomènes. Ils proposent une approche historique très intéressante, nous amenant des années 1910 avec Windaus et Anitschkow jusqu’en 2015 et l’utilisation des inhibiteurs de PCSK9.

Porridge aux flocons d avoine

On apprend qu’athêrê veut dire gruau, bouillie en grec, que James Herrick a été le premier à utiliser l’ECG en 1919 pour le diagnostic de l’infarctus du myocarde et que la première description de l’hypercholestérolémie familiale a été faite en 1938 par un norvégien. Vous apprendrez bien d’autres choses dans ce remarquable article. Il est amusant de constater que le premier papier décrivant les statines le fut dans une FEBS letters en 1976 qui ne laissait pas présager le succès de ces molécules. L’iconographie est de très bonne qualité et permet de comprendre comment la production de cholestérol est régulée au niveau cellulaire. L’article montre comment l’étude du cholestérol a été toujours en pointe sur l’utilisation des techniques les plus modernes en biomédecine, épidémiologie, biochimie, génétique.

Les auteurs signalent justement que si le cholestérol et en particulier le LDL est délétère pour les coronaires, il n’est pas seul en cause. Ils soulignent que nous ne savons pas identifier les patients qui avec un LDL élevé vont faire un événement coronarien nous obligeant à traiter de nombreux patients (83 pour éviter un décès) qui probablement ont des fonctions cellulaires limitant l’effet délétère du LDL cholestérol. Un des enjeux majeurs de la future médecine prédictive est d’identifier au mieux les patients pour qui une exposition à une molécule potentiellement toxique, par exemple pour les muscles, sera bénéfique. Il s’agit d’un des enjeux de la médecine de précision.

Il y a peu de doute que la saga du cholestérol montrera la voie.

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Fulgurance baudelairienne

Certaines personnes adorent/idolâtrent leur animal de compagnie. Elles en viennent à préférer la compagnie du chien ou du chat à celle de leurs congénères. Cette passion de l’animal, contrairement au lieu commun qui voudrait que l’amoureux de la bête soit un grand passionné du genre humain, s’accompagne souvent d’une bonne dose de misanthropie, voir d’une franche détestation de l’humanité. Dans l’échelle du pire de l’humain pour ces amoureux de la bestiole, l’enfant est probablement le représentant le plus honni. L’imprévisibilité comportementale, la difficulté à dresser ce petit être, sa curiosité, son égoïsme, sa générosité, ses élans, sa tendance à tout transformer en jeu, rendent nos amoureux transis du monde animal totalement enfantophobes. Je n’ai jamais compris pourquoi un tel haine/peur de l’enfant alors qu’ils adorent leurs bestioles à quatre pattes velues.

J’ai trouvé la réponse chez Baudelaire, précisément dans ces petits poèmes en prose: le spleen de Paris. Le poème s’appelle les veuves. Il finit par ces paroles brillantes de ce fabuleux anti-moderne.

« Et elle sera rentrée à pied, méditant et rêvant, seule, toujours seule; car l’enfant est turbulent, égoïste, sans douceur et sans patience; et il ne peut même pas, comme le pur animal, comme le chien et le chat, servir de confident aux douleurs solitaires. »

Tout est dit, que rajouter, rien. Si, un petit morceau de musique qui rappellera à quelques uns leur enfance.

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Le thé est dangereux pour les reins

Voici un titre qui devrait attirer le chaland. Je me lance dans le sensationnalisme.

Une lettre du NEJM attire notre attention sur les risques d’une consommation excessive de thé en particulier noir pour nos reins.

Un patient se présente avec une insuffisance rénale rapidement progressive. Une biopsie rénale est réalisée. Elle retrouve une néphrite interstitielle associée à des précipitations intratubulaires d’oxalate. Les causes de néphropathie oxalique, en dehors de maladies génétiques, sont liés à un excès d’apport responsable d’hyperoxalurie. Le contexte le plus fréquent est celui d’une pullulation microbienne lors de chirurgie digestive itérative ou de certaines chirurgies bariatriques, la prise de vitamine C à fortes doses, la prise d’orlistat, et l’intoxication à l’éthylène glycol. Il existe aussi des cas liés à une consommation excessive de certains aliments. J’avais fait une note sur le danger des feuilles de rhubarbe. La carambole et le bilimbi peuvent donner des néphropathies oxaliques comme la cacahuète. Les autres aliments pouvant faire vraiment augmenter la concentration d’oxalates dans les urines sont les épinards, la rhubarbe, la betterave, les noix au sens large, le chocolat, le thé (surtout avec des infusions longues), le son et les framboises. La seule prise excessive retrouvée chez ce patient est la consommation d’une grande quantité de thé glacé (3,5 l par jour). Les auteurs concluent au rôle de cette consommation dans la néphropathie oxalique. Nous n’avons malheureusement pas la quantité d’oxalate dans la boisson ingérée par le patient.

Cette lettre nous incite à toujours biopsier les patients avec une insuffisance rénale dont l’origine n’est pas évidente et à s’intéresser aux habitudes alimentaires de nos contemporains qui sont parfois hors normes.

Si vous aimez consommer de grandes quantités de thés avec une tarte à la rhubarbe et des salades de betteraves accompagnées de pousses d’épinard, il vous reste à espérer avoir un tube digestif colonisé avec Oxalobacter formigenes. Cette bactérie mange l’oxalate du tube digestif et pourrait limiter l’hyperoxalurie.

En attendant de pouvoir ingérer cette bactérie en capsule ou yaourt, vous devriez faire attention à ne pas consommer en excès certains aliments riches en oxalate surtout si votre fonction rénale n’est pas strictement normale.

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